Le cyclisme a un problème avec ses « traditions »

Dimanche, un coureur de 43 ans s’est fait chopper avec un moteur électrique (mal) planqué dans son vélo. Qu’est-ce qu’il a pris comme noms d’oiseaux pour avoir voulu glâner quelques primes en 3e catégorie amateur, certains exigeant une suspension à vie. Loin de moi l’idée de vouloir défendre un tricheur, qui donne d’ailleurs une bien piètre image des quadragénaires. Mais je suis tout de même étonné du déferlement de haine contre un type qui a rajouté quelques Watts à son moteur à soupe pour briller sur ses routes régionales en fin de carrière.

Parce que quand l’Italien Gianni Moscon se fait ramener en voiture sur le peloton des championnants du monde avant de jouer la gagne, on n’entend pas grand monde s’offusquer. Ce genre de dopage mécanique plus « traditionnel » semble plus acceptable, même pour les instances dirigeantes du cyclisme.

Moscon s’est fait prendre et a été disqualifié. Puis plus rien, aucune sanction pour ce dopage mécanique de plus de cent chevaux… Avouez que c’est tentant: votre course est finie et vous pouvez tenter une grosse tricherie pour vous remettre en selle, avec pour seul risque que votre course soit finie pour de bon si vous vous faites attraper. J’ai un peu de mal à voir la sanction.

Le problème, c’est que tout le monde trouve cela presque normal, sous couvert de tradition du « bidon collé » ou des sprinters qui ne passent pas les bosses, s’accrochent aux bagnoles, finissent juste dans les délais et gagnent au plat le lendemain. « Pas vu, pas pris », c’est un peu le principe, au nom de la tradition. Le problème, c’est quand c’est «vu, mais pas pris quand-même, ou si peu», comme dans le cas de Moscon. Tricheur un jour, tricheur toujours. Mais on ne touche pas à la tradition, hein?

De plus, pour revenir à Gianni Moscon aux mondiaux, les compte-rendus sont trompeurs. Quelques jours après la course, on « oublie » qu’il s’est accroché, on écrit un peu partout qu’il s’est « abrité ».

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Et cette dernière news semble confirmer que ce Moscon, déjà sanctionné pour des propos racistes, est un drôle de personnage. Triste sire une jour, triste sire toujours?

Jonathan Fumeaux prend congé du peloton professionnel

Le cycliste professionnel valaisan Jonathan Fumeaux, champion de Suisse en juin 2016 à Martigny sous les couleurs de la défunte IAM Cycling, a décidé de mettre un terme à sa carrière. Il l’a annoncé par un communiqué sur sa page Facebook. 

« Après neuf années consacrées au cyclisme et une saison 2017 en demi teinte, notamment gâchée par des ennuis de santé, une page se tourne une nouvelle s’écrit », note le Valaisan. « Sans aucun regret, je mettrai un terme à ma carrière sportive à la fin de cette année. »

Jonathan Fumeaux entend notamment reprendre ses études et se consacrrer à divers projet en cours. On songe notamment à sa société de coaching et de guiding de cyclistes en Valais, FMX Cycling. Le cycliste promet davantage d’informations bientôt, tout en remerciant son équipe actuelle, Roth-Akros, « qui m’a permis de courir cette saison avec le maillot de champion national sur les épaules et avec qui j’ai passé de très bons moments sur et en dehors du vélo. »

Photo IAM Cycling/Merot

Simon Pellaud: “Do it different”

La Colombie plutôt que Majorque ou les Canaries, l’Amérique plutôt que l’Europe, une équipe de dix coureurs plutôt que trente, un programme de courses fixe qui lui permettra de cibler ses objectifs plutôt que de devoir être prêt à tous les changements en cours de saison… En 2017, tout sera différent pour le sympathique coureur valaisan Simon Pellaud. Au point qu’il en a fait sa devise: «Do it different», «Fais-le autrement».

L’aventure commencera le 29 décembre, avec un vol pour la Colombie. «Franchement, ce sera la grande inconnue», a relevé le coureur jeudi matin devant la presse réunie à Sion. «J’espère juste qu’il y aura quelqu’un pour m’accueillir à l’aéroport», s’amuse-t-il. En Amérique du Sud, il retrouvera son futur coéquipier dans l’équipe Illuminate, Edwin Avila, champion de Colombie. «Je vais passer un mois et demi là-bas. Un coureur américain nous rejoindra aussi, cela nous permettra déjà de travailler certains automatismes. Et cela faisait un moment que je voulais découvrir ce pays, j’en ai souvent discuté avec Pantano (son ancien coéquipier chez IAM), ndr). Je vais profiter de mes jours de repos pour mes visites.»

Un fan’s club en soutien

Le passage d’une équipe World Tour à une Continental, la 3e division mondiale n’ira toutefois pas sans sacrifices, notamment financiers, pour le jeune Valaisan. «Mon salaire chez Illuminate me permettra de survivre», assure-t-il. «Mais je devrai y aller de ma poche pour la plupart des frais, que j’estime à environ 15 000 francs.»

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Simon Pellaud en compagnie du président du fan’s club, Christian Salamin.

Un fan’s club a ainsi été constitué pour soutenir Simon Pellaud, couplé à une action de financement participatif sur la plateforme Wemakeit. L’action sera en ligne dès le 23 décembre 2016 pour une durée de 45 jours. Selon le montant engagé, les donateurs auront droit à des contreparties plus ou moins importantes. La base étant de 50 francs (20 pour les étudiants) pour devenir membre du fan’s club et pouvoir participer à une balade en compagnie du coureur, déjà programmée au 24 septembre 2017.

«Une année de transition»

À l’heure de se lancer dans cette nouvelle aventure, on sent le coureur très motivé. Et lucide à la fois. «Jeudi prochain, je saute dans l’inconnu. Cela va être une aventure humaine aussi et une année pleine de surprises et de rebondissements. Je veux faire les choses différemment, prendre du plaisir, découvrir. J’aurai moins de pression, mais je vais m’entraîner aussi dur qu’avant, avec l’avantage de pouvoir cibler des objectifs. Et, je l’espère, retrouver ce “jump” qui m’a permis d’être champion de Suisse espoir.»

Pour Simon Pellaud, ce sera clairement une année de transition: «Cela me permettra peut-être de rebondir vers de nouvelles hauteurs. Ou alors de poursuivre l’aventure au sein du team Illuminate, qui a un projet à long terme pour grandir et se développer.» Aucune info à ce jour sur le mystérieux sponsor de l’équipe, qui se dévoilera peut-être en 2018. Les équipements des coureurs seront ainsi entièrement noirs en 2017.

Un programme différent aussi

Au sein de cette équipe américaine, le programme des courses sera aussi assez différent pour le Valaisan. La saison débutera au Tour de Taiwan le 22 mars, avant le Tour de Thailande. Après quelques courses nationales aux États-Unis, l’équipe embarquera pour le Tour d’Azerbaïdjan, qui sera peut-être l’occasion d’un déplacement du fan’s club. Ce dernier sera à coup sûr présent lors des Championnats de Suisse, le 25 juin 2017 à Affoltern am Albis (Zurich). «À titre personnel, c’est toujours un objectif particulier», explique Simon Pellaud. «Il faut être là le jour J avec les bonnes jambes et la victoire tient souvent. à peu de chose.” Le programme sera ensuite centré sur les États-Unis avec les tours d’Oregon, d’Utah, du Colorado et de Virginie.

Rendez-vous le 24 septembre 2017 pour le bilan? À condition de s’inscrire au fan’s club avant…

Christopher Johnson: «Nous croyons en Simon»

Patron de l’équipe Illuminate, Christopher Johnson a adressé un message où il se dit «tellement heureux d’accueillir Simon dans l’équipe et de le faire courir avec nous en 2017. Nous l’avons remarqué l’été dernier, avec sa grande forme et son attitude de ne jamais rien lâcher lors du Tour de l’Utah. Nous avons appris plus tard son histoire de champion U23 et suivi son succès à la Vuelta. Un coureur comme Simon est important pour nous, nous croyons en ses capacités et voulons lui donner des occasions de rouler pour la victoire. Simon a participé à quelques-unes des plus grandes courses dans le monde et son expérience sera utile à toute l’équipe. C’est un honneur pour nous d’accueillir le premier coureur suisse de l’équipe et nous accueillons tous les fans de Simon dans la famille du Team Illuminate!»

Le reportage de Canal9