En gravel sur la rive gauche

C’est juste en face de chez moi… et j’y vais si rarement. Il faut dire qu’à Fully, nous sommes plutôt gâtés, avec plein de beaux chemins à rouler toute l’année, hiver compris, sur le coteau exposé plein sud et à l’abri du vent.

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Depuis l’Auberge de La Pleyeux, je peux même voir ma maison… D’habitude je roule plutôt sur le coteau d’en face.

Mais le printemps venu, il peut être sympa de varier les plaisirs, surtout s’il ne fait pas trop beau (je n’ai pas dit qu’il faisait moche, selon les critères de certaines régions voisines, il faisait grand beau aujourd’hui en Valais). Juste un peu frais avec un petit 13 degrés en plaine avec beaucoup de vent. Continuer la lecture de « En gravel sur la rive gauche »

La semaine des bonnes nouvelles…

Ces jours, avec un nouveau vélo et un magnifique petit voyage à vélo entre le Valais et les Grisons que je vous conterai bientôt, je suis sur un petit nuage cycliste. Et comme les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, les lecteurs de Bikin’Valais contribuent à la bonne humeur ambiante. Point de râlerie cette semaine, mais deux témoignages sympathiques qui démontrent que le vélo fait son petit bonhomme de chemin, aussi en Valais.

Un souvenir bien agréable, dans la descente du col de l’Oberalp. Il y a la route pour les autos et le sentier pour les vélos…

«Souvent on parle d’automobilistes qui ne respectent pas les cyclistes. Cette fois j’aimerais saluer la conduite de certains chauffeurs en Valais», m’écrit ainsi Nicolas Debons. Le 23 septembre, il est allé faire un tour à vélo au Rawyl avec un groupe d’amis. «En descendant le car postal se trouvait devant nous. Sans que nous forcions, il s’est spontanément arrêté sur le bas-côté pour nous laisser passer. Il n’y avait pas de voiture, seulement six cyclistes.»

Rebelotte le mardi 26 septembre alors que Nicolas Debons faisait du vélo tôt le matin dans la montée entre Sion à Signèse. «Sur un replat, la route était étroite, un car postal arrivait en face et s’est arrêté pour me laisser passer alors qu’on aurait pu passer à deux. Ces comportements amicaux envers les cyclistes méritent à mon avis d’être mis en avant. Si vous avez contact avec des employés des cars postaux, n’hésitez pas à faire passer mes remerciements. Et peut-être les stimulations cette fois positives pourront inspirer des conducteurs peut-être moins tolérants.»

Voilà qui est fait et merci à ces chauffeurs attentifs et attentionnés.

Une piste cyclable avec un léger détour, mais qui évite la route principale. Photo Jean-Yves Vassali.

L’autre bonne nouvelle nous vient du Chablais valaisan, où Jean-Yves Vassali nous signale la création d’une «magnifique piste cyclable» sous la voie de l’AOMC, entre Vionnaz et Illarsaz. Elle permet aux cyclistes d’éviter la route principale et le pont qui enjambe la voie ferrée, pour rejoindre Illarsaz, sa passerelle sur le Rhône et rejoindre ainsi Aigle et le Centre mondial du cyclisme en toute sécurité.

Une piste cyclable toute neuve, un effort qui mérite d’être signalé. Photo Jean-Yves Vassali.

Une piste cyclable du niveau de celle du coude du Rhône, entre Martigny et Fully, qui montre qu’il est possible de proposer des solutions sérieuses et adaptées aux cyclistes. Ces derniers n’en seront que plus nombreux lorsque ces bons exemples ne seront plus des cas isolés.

Une trouée sous la voie du Tonkin. Photo Jean-Yves Vassali.

Au bout de la route, il y a le «gravel»

Franchement, le vélo de «gravel» je n’y croyais pas vraiment. Avec mon vélo de route, je me suis déjà aventuré sur les «grusvägar» en Suède, mon cyclocross passe à peu près partout et, sinon, j’ai un VTT tout de même.

Et puis, en prévision d’un petit « road trip » en direction des Grisons, un Specialized Diverge s’est pointé à la maison. J’ai une épouse prévenante, voyez-vous, et comme elle tient un magasin de cycles, ça aide aussi…

Un très beau vélo, tout carbone, de 8,7 kg, pédales comprises en taille 56, équipé de «gros» pneu de 38 mm (largeur du pneu, à titre de comparaison, sur route le standard actuel se situe autour de 25 mm et le maximum autorisé en compétition de cyclocross est de 33 mm) et doté d’une géométrie plus «relax» qu’un pur vélo de route ou de cyclocross.

Flextem, le retour? Que nenni!

Et très franchement encore, j’étais des plus sceptiques sur la suspension cachée dans le tube de direction. Je peux comprendre pour le confort, mais pour la tenue «de route», je ne voyais pas. Cela isole certes le pilote et c’est bien là problème: tout à son confort, il ne sent plus que sa roue rebondit dans tous les sens et qu’elle va bientôt le lâcher… La crainte d’un guidon «tout mou» était aussi bien présente. Ceux qui ont connu la brillante époque des Flextem à VTT comprendront.

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Le bisse de Clavau, idéal pour une balade et sympathiser avec quelques marcheurs, sans ironie.

Mais un très beau vélo, assurément, qui ne demandait qu’à être essayé. Il m’a bien fallu 500 mètres sur le goudron pour me sentir parfaitement à l’aise et me dire que ça roulait vraiment bien, dans le confort total. Et puis, la magie du gravel agit. On se dit: «Tiens, je vais essayer ce chemin le long du Rhône, non praticable en vélo de route, et si peu intéressant en VTT ou en cyclocross, mais parfait pour une liaison entre Sion et Uvrier». Excellente idée.

Confortable et efficace

Un peu plus tard, plutôt que d’emprunter la route goudronnée du vallon de Beulet pour aller chercher le bisse de Clavau, je tente le sentier après un «monstre» raidard. Le développement de 42 X 46 (Sram Force monoplateau) est là pour cela et ça passe. Un peu plus haut, le sentier est tout de même trop escarpé et la mauvaise idée du jour, c’était les chaussures de route… Mais c’était bien la seule et cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une telle banane après mon « lunch ride ». Et pourtant je l’ai toujours, ou presque. Mais plus petite 😉

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Le Diverge dans sa version « sport », sans les sacoches.

Ce qui est sympa avec le « gravel », c’est qu’au bout de la route, il y a encore un chemin… Avec un vélo qui roule bien sur l’asphalte, confortable sur les chemins 4×4, précis sur les singles pas trop cassants tout de même et doté d’une « suspension » qui a fait mentir mes préjugés en participant au confort générale de ce « turbo pullman » des chemins.

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Sur le bisse de Lentine, moins couru que Calvau, c’était bien aussi.

De bon augure pour la petite escapade aux Grisons. Affaire à suivre.