Tubeless un jour, tubeless toujours

Depuis que j’ai monté mon premier pneu « tubeless » sur mon VTT, au début des années 2000, c’est en général la première chose que je change sur un nouveau vélo, qui est toujours livré avec des pneus à chambres à air. Mais comme j’aime bien essayer le vélo tel que le fabricant l’a décidé, disons que je lui donne toujours une chance… Et en général je crève toujours à la première sortie. Pas question de gonfler mes pneumatiques à 4 bars pour éviter les pincements, je fais du VTT et j’ai surtout besoin d’accroche et de rendement (pour mémoire, un pneu moins gonflé roule mieux dans le terrain, tant pis pour les sceptiques).

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En cyclocross les conditions sont souvent… difficiles.

Convaincu depuis longtemps pour les pneus VTT, je le suis aussi depuis l’an dernier pour le vélo de route: enveloppe plus souple (il n’y a pas de chambre à air à déformer en plus du pneu lui-même, même si ce dernier doit être un poil plus « épais » pour assurer l’étanchéité, résistance aux crevaisons, rendement… Comme je ne souhaite pas passer aux boyaux, trop contraignants et chronophages (avec une famille de 4 enfants, chaque minute compte, ou presque), le tubeless reste un bon choix.

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Cyclo-cross de Bex – Décembre 2014 – Photo Sylvie Jacquet, toujours présente sur les courses. Merci!

Voilà, jusque là, tout allait bien… Mais je me suis lancé dans quelques cyclo-cross l’automne dernier, après une tentative avortée en 2013 (deux départs, une arrivée…). Terrains difficiles, gras, gelés, vélo rigide et pneumatiques étroits, l’équation est encore plus difficile en cyclo-cross qu’en mountain-bike. Il faut tirer un maximum de confort et d’accroche de ces tout petits boudins. Donc, les dégonfler autant que possible. Avec les pneus d’origine de mon Specialized Crux Sport E5 (modèle alu), la punition est immédiate sur les chemins caillouteux de la plaine du Rhône: deux sorties, deux crevaisons.

Il fallait trouver quelque chose… mais pas des roues à boyaux, question budget en plus des raisons évoquées ci-dessus. Des pneus tubeless de cyclo-cross peut-être? Bonne pioche, le choix est maigre, mais cela existe, chez Maxxis et Hutchinson notamment. Cyclocross magazine en a dressé toute une liste.

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Une fois monté, le pneu est solidement en place et bien ancré dans la jante AXIS 2.0.

Mon choix, un peu par défaut en raison de l’offre encore plus maigre en Suisse, s’est porté sur les Hutchinson Toro. Le montage s’est avéré très simple, après avoir équipé les jantes d’origine, des Axis 2.0 d’un fond de jante adapté (autocollant) et d’une valve. Sans oublier une dose de liquide anticrevaison. La solidité du montage m’a été confirmée lors du démontage des pneus, vraiment bien « clippés » dans la jante. Un déjantage me semble peu probable avec cette combinaison.

De 3 à 1,8 bars de pression

Lors des premières sorties, je suis resté « prudent » avec quelque 3 bars de pression (le minimum conseillé par Hutchinson), juste suffisants pour ne pas talonner trop souvent avec mes plus de 77 kilos lancés sur un single parsemé de pierres et de racines. En course, je n’avais ainsi jamais osé descendre plus bas, jusqu’aux Championnats suisses, le 11 janvier dernier à Aigle. En reconnaissance la veille de la course, je me faisais secouer comme un prunier lors du premier tour et les dévers semblaient juste impossibles à gravir sur le vélo. Il fallait davantage de traction: dégonflage progressif à 2,4 puis 2,2 et 2 bars. Un essai à 1,8, mais l’arrière chassait un peu trop à mon goût dans les virages rapides sur le gravier et le bitume. Retour à 2 bars à l’arrière et 1,8 à l’avant: le jour et la nuit par rapport aux premières tentatives.

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Le Hutchinson Toro cx: facile à monter, souple et dotée d’une gomme semble-t-il assez tendre.

Le vélo en était transformé: confortable, rapide et surtout, la traction était soudain phénoménale et il m’aurait fallu davantage qu’un week-end pour apprivoiser totalement cette monture et lui faire entièrement confiance. Mais les dévers passaient enfin sur le vélo lors de la reconnaissance. Lors de la course du dimanche, la météo est venue ruiner mes progrès de la veille… De quoi apprécier la classe des quelques pros (dont le vainqueur Julien Taramarcaz) qui grimpaient ces fameux dévers sur le vélo. Et pas seulement grâce aux pneus…

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Julien Taramarcaz en route vers le titre de champion suisse, le 11 janvier 2015 à Aigle. Pas de tubelesss ici, mais bien des boyaux.

 

Depuis, j’ai hâte de ressortir mon Crux et de le pousser encore un peu plus loin (mes limites seront atteintes avant les siennes…) pour progresser encore dans cette discipline à laquelle je prends goût. Mais en tubeless.

Pneus, roues, accessoires: tops et flops de 2014

Certains jours, tout va bien, tout fonctionne et notre équipement se fait oublier… Le top. D’autres fois, les problèmes s’accumulent avant mêm le départ. Ou alors un élément nous lâche en rase campagne. Le flop. Retour sur ces « tops » et « flops » de mon équipement en 2014.
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Les tops

Poignées ESI


Je les ai depuis août 2013 et ces poignées en silicone sont parmi les meilleures que j’ai pu avoir en main sur mes vélos. Le seul bémol reste le montage très fastidieux sur un cintre carbone, malgré les astuces les plus variées. Sur l’alu, pas de souci, ça glisse bien.
Les poignées ESI existent en plusieurs couleurs et en deux épaisseurs. Toutes bénéficient d’une forme qui permettent d’avoir une épaisseur supérieure de matière dans la paume de la main, pour un amorti optimal des chocs.

Shimano XTR

Pas de photo, pas de dessin non plus, mais ce groupe, en service depuis 3 saisons sur mon Thömus Lightrider, le « vélo de la TransV 2014 » ne souffre d’aucune critique dans sa version double plateau. Les freins sont aussi parmi ce qui se fait de mieux, pour ne pas dire simplement qu’il n’y a pas grand-chose qui fonctionne aussi bien et de manière aussi fiable. En anglais je dirais « reliable » et c’est bien ce que je demande à mes freins.

Poignées Sram Grip Shift

Sortie en VTT avec le BMC TE29 sur le coteau de Fully.

Autant SRAM peut me décevoir avec certains produits, autant j’en adore d’autres, comme les poignées tournantes Grip Shift, dont j’ai été un utilisateur des premières versions dans les années 1990. Certains détails me fâchent un peu, mais comme ESI apporte la solution, tout va bien dans le meilleur des mondes…

Pneu Schwalbe Hans Dampf

Mon meilleur ami, comme je le dis souvent. C’était surtout mon pneu avant et arrière lors de la Transvésubienne 2014.

Pneu Schwalbe Rocket Ron

Un bon profil, accrocheur et roulant à la fois, un beau volume, très solide (dans la version snakeskin aux flancs renforcés). Un de mes premiers choix pour le terrain mixte, sans jamais être extrême, comme sur le Grand Raid, par exemple, où je l’ai utilisé en 2013 et 2014.

Pneu Continental Mud King

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On reste chez les Allemands, avec une enveloppe dont le nom explique bien le programme. Dans la boue et le terrain très gras, difficile de faire mieux, comme j’ai pu l’expérimenter l’été dernier à Torgon.

Pneu Onza Canis

Mountain bike à Randonne avec le Bergamont  Bergamont MGN

Une marque désormais suisse pour un pneumatique qui offre un beau volume, un profil roulant et accrocheur, une gomme ni trop dure, ni trop tendre, solide malgré les apparences, le Canis est une valeur sûre « toutes saisons » sur mon semi-rigide.

Sac à dos Osprey

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Volume idéal pour une grosse virée d’un jour, voire deux, confortable, bourrée de petits détails bien pensés, ce Raptor est ma référence parmi les quelques sacs à dos de la maisonnée.

Marsh Guard

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Le mini garde-boue qui se fait oublier. Poids ridicule et efficacité maximale pour éviter les projections au visage (ailleurs on s’en fiche, non). Trps fréquent sur les vélos typés « all-mountain », je l’ai également monté sur le vélo de XC avant une course bien boueuse. Et il est resté…

La selle Pro Aerofuel

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Forme et look bizarres, mais confort et efficacité sont au rendez-vous. Montée pour un test, elle est aussi restée à demeure sur mon BMC de route.

Le groupe Sram XX1

Le Sram XX1 a été une vraie découverte, agréable qui plus est, lors de la Swiss Epic.  Aucun déraillement ni autre souci. Cette transmission m’a réconcilié avec Sram.

Les flops

Les roues Reynolds carbone

Mon vélo de cross-country, un Bergamont MGN, est arrivé avec de très belles roues Reynolds dotées de jantes en carbone. Malheureusement inutilisables en raison d’une taille apparemment un poil trop grande… Impossible de démonter les pneus d’origine sans les découper, et la tringle avec, ce qui est loin d’être facile et assez peu pratique en cas de crevaison dans le terrain.

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Les jantes ont été remplacées (sous garantie, mais sans explication), avec un bon mois de délai entre les premiers emails sans réponse et le retour des roues. Ce qui m’a empêché de les utiliser sur quelques courses, dont le Grand Raid, où j’ai dû ressortir mes vieilles Crossmax, dont la roue libre récalcitrante m’a valu bien des déraillements intempestifs, un dérailleur Sram XX explosé (à Montana) et passablement de temps perdu entre Verbier et Grimentz.

Découpage du flanc pour insérer le démonte-pneu...
Découpage du flanc pour insérer le démonte-pneu…

Les freins Sram XO

Le seul point fâcheux du BMC Speedfox de la Swiss Epic, avec un toucher inégal et parfois spongieux, sans oublier les hurlements du disque.

Les valves de chambre à air en deux parties

Les valves indépendantes fournies pour un montage « tubeless » de vos pneumatiques sont souvent en deux parties. Cela peut être pratique, en ôtant l’obus, pour injecter du liquide anticrevaison dans le pneu sans déclipper un flanc. Il faut par contre m’expliquer à quoi une telle valve peut servir sur une chambre à air normale. À rien. Par contre, avec certaines pompes et autres gonfleurs à gaz qui se vissent sur la valve, cette dernière risque fort de se dévisser lors du démontage de la pompe… Résultat: un obus qui se fait la malle et l’air en même temps. Retour à la case départ en une demi-seconde…

Le moyeu Shimano Alfine 8 vitesses

J’aime beaucoup mon BMC Alpenchallenge, qu’il faudrait songer à rebaptiser Urbanchallenge, tant il est à l’aise en ville. Je ne me ferai par contre jamais aux vitesses inversées du moyeu Shimano Alfine. Ce dernier donne par ailleurs des signes de faiblesse après moins d’un an d’utilisation. Certains rapports sautent de manière totalement imprévisible, ce qui n’est ni confortable, ni très sûr lorsque l’on rate un démarrage juste devant une voiture en approche…

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Le kit d’éclairage de mon BMC Alpenchallenge

BMC Alpenchallenge avec gardes-boue

Beau, bien intégré, efficace (pour être vu, pas forcément pour voir loin), accu rechargeable via un câble USB… L’éclairage idéal, fabriqué par Sparse  Seul problème, la forme de l’éclairage avant empêche tout branchement facile dudit câble USB. Un bon design doit aussi être efficace. D’abord être efficace, même. Là c’est raté.

Les chaussures DZR

Chaussures DZR, cool mais pas très solides

Belles chaussures de ville, compatibles SPD, mais vraiment trop fragiles. Et un service après-vente aux abonnés absents. Poubelle.

Onza Canis, entre accroche et souplesse

Ceux qui ont connu les premières « grosses » années du mountain bike, dans les années 90, se souviennent forcément d’Onza, fabricant d’accessoires et, surtout, de pneumatiques. Le plus célèbre étant le fameux porc-épic « Porcupine » avec ses crampons dressés tels des piquants. Le pneu existait en blanc et en noir, parfois doté d’un flanc « skinwall » couleur chair. Vous le retrouverez sur cette page, en compagnie d’autres gommes mythiques comme le Tioga Farmer John, le Panaracer Smoke ou le Ritchey Z-Max. On n’avait pas trop de choix à l’époque, et ce n’était peut-être pas si mal…

Pour revenir à Onza et son Porcupine, la marque étasunienne a disparu de la circulation, comme tant d’autres, mais a refait son apparition voilà trois ou quatre ans. Le nom a été racheté par une entreprise suisse, bien décidée à lui redonner son lustre d’antan. Aujourd’hui, Onza dispose d’une belle gamme de pneumatiques, du mountain bike (toutes catégories et dimensions) au vélo urbain, en passant par la route et le BMX.

Une partie de la gamme actuelle, présentée en octobre à Gryon.

Pas de Porcupine à l’horizon, mais l’un des premiers modèles disponibles en 29 pouces et adapté à ma pratique entre cross-country engagé et all-moutain léger fut le Canis. Un pneu qui m’a d’emblée séduit et que j’avais trouvé très adapté pour bénéficier d’un bon volume et d’une excellente acroche sur mon semi-rigide surtout utilisé en hiver. Mais aussi pour avoir une monte roulante sans trop de compromis sur l’accroche sur mon all-moutain 120-120 (un excellent vélo à tout faire qui m’a même permis de gagner des XC en 2014…)

Beau volume, profil roulant et accrocheur, gomme ni trop dure, ni trop tendre, solide malgré les apparences, le Canis est une valeur sûre « toutes saisons » sur mon semi-rigide.

Pour ce dernier, en vue de la Transvésubienne, ces Canis me semblaient toutefois un peu fragiles, les flancs étant plutôt souples, j’avais préféré monter des Schwalbe Hans Dampf. Vu le résultat, je ne peux pas dire que c’était une erreur. Les Canis sont ensuite restés bien au chaud dans mon garage, jusqu’à je décide à le remettre en service, sur mon Bergamont semi-rigide, qui avait eu un peu de peine à vraiment me séduire jusque-là. Et là, avec ces Canis 29 pouces (29×2,25), montés en tubeless, ce « petit » vélo en a été tout transformé. La pression plutôt basse, entre 1,8 et 2 bars, associée au beau volume de ces pneus, lui a conféré une accroche et un confort inédits jusque-là. Toute en souplesse, le Canis « enroule » bien les parties cassantes et caillouteuses, tout en rassurant sur les portions plus « souples » et humides. La gomme semble bien née, elle aussi.

En balade sur les hauts de Fully, octobre 2014.

La fragilité apparente de ces Onza Canis ne semble par ailleurs qu’apparente. Je n’ai encore enregistré aucune crevaison avec ces gommes. A Gryon, lors du bike test, une source « proche du dossier » comme on dit dans les journaux, m’a confié que ces pneumatiques sortaient des usines Maxxis. Des gens qui savent composer des gommes et des flancs, et plutôt favorablement connus pour la solidité de leurs produits. Je n’irai pas jusqu’à me lancer sur la Transvésubienne 2015 avec des Canis, mais avec des Ibex, pourquoi pas? J’ai toujours bien aimé Onza, et il n’y a pas de raison que ça change.