A 100’000 km par année tu peux faire n’importe quoi?

La journée a mal commencé, déjà au réveil avec cette annonce promotionnelle de la RTS pour son émission 15 Minutes de samedi prochain. Avec, pour attirer le chaland, des titres comme « Faut-il davantage sévir contre les « cycloterroristes »? » ou « Les cyclistes sont-ils les nouveaux chauffards ».

Le sujet m’énerve un peu, parce que les solutions on les connait. Si on veut éradiquer les vélos, alors oui fixons des amendes dissuasives, rendons le casque obligatoire, et la plaque minéralogique aussi et, surtout, dégageons (le dégagisme est à la mode, vous voyez, j’écoute la radio) les pistes et autres bandes cyclables qui ne font que de compliquer l’avancée des bagnoles, ces grandes reines autoproclamées de la rue et des routes.

Si, par contre, on admet enfin que le vélo est une solution crédible aux problèmes de congestion, de pollution de l’air, de bruit et de santé publique, alors prenons de vraies mesures et appliquons celles qui ont déjà été décidées. Les dizaines de milliers de cyclistes d’Amsterdam ou de Copenhague, qui circulent sans griller de feux, ne sont pas plus « civilisés » que dans les autres villes et pays. On leur a juste construit des infrastructures adaptées. Des routes, des pistes, des ponts, des tunnels, des carrefours avec des feux à la durée et à la synchronisation adaptées…

Amsterdam: la même rue avant les voitures, pendant, après. Le résultat de choix assumés.

Les cyclistes ne sont ni meilleurs ni pires que les autres usagers de la route, bien au contraire, comme l’aurait dit mon prof de philo du collège. Mais à rouler dans un milieu aussi agressif que la circulation automobile, l’instinct de survie développe aussi des comportements qui peuvent sembler agressifs, alors qu’il s’agit juste de prendre sa place, vu qu’on ne nous la donne pas.

Voilà pour le mauvais début de journée. Qui s’est mal poursuivie, enfin presque comme d’habitude lorsque l’on circule sur une bande cyclable en ville.

 « Tu étais derrière… » Donc quoi?

Je roulais donc de la gare de Sion en direction de l’Hôpital, où je travaille. Après le pont sur le Rhône, la bande cyclable a été nettement améliorée avec des marquages en rouge (même si tout n’est pas parfait…) pour signaler aux automobilistes qu’ils traversent un axe prioritaire en présence de cyclistes. Malheureusement, ce n’est pas clair pour tout le monde.

En tous cas pas pour cet automobiliste qui me double pour obliquer à droite à peine quelques secondes plus tard. Je mentirais si je disais que je ne m’y attendais pas. Avec l’expérience, on sait que la « variante » est souvent possible, voire probable. Selon mon GPS, j’ai tout de même dû ralentir de 27 à 11 km/h. Merci les freins à disque (on polémiquera plus tard).

Réaction du monsieur quand je lui signale qu’il m’avait brûlé la priorité? «Oui, je t’ai dépassé, tu étais derrière et j’avais largement le temps de tourner. De toute manière j’ai une « dashcam » devant et une autre derrière, tout a été filmé. Et puis, tu fais combien de km par année? 10’000 à vélo? Moi j’en fais 100’000 en voiture, donc je sais ce que je fais.»

Je lui ai répondu que l’histoire de la caméra était une bonne nouvelle (même si le TCS en déconseille l’usage) et qu’il pouvait volontiers appeler la police pour leur montrer les images et leur poser la question. Comme une patrouille de la police municipale passait par là, nous avons pu leur soumettre le cas (mais sans la vidéo, pas fou le monsieur, hein). Verdict des agents: «Le cycliste a la priorité sur la bande cyclable que vous avez traversée et votre clignotant n’est qu’une indication». Voilà. Une réponse à ce que l’on savait déjà puisque c’est écrit noir sur blanc dans la loi sur la circulation routière qui est détaillée ici.

Mais à part ça, un automobiliste qui parcourt 100’000 km par année (274 km par jour tout de même, ça doit faire beaucoup de vidéos de sa dashcam à regarder), il sait ce qu’il fait.

Et ce sont évidemment les cyclistes les sauvages.

Sédunois, demandez votre « Bike-Check »

Les étudiants et apprentis du canton connaissent le « Rail-Check » qui leur permet de bénéficier d’une importante réduction des frais de transport entre leur domicile et leur lieu de formation. Aujourd’hui, le Canton du Valais, avec le soutien de la Ville de Sion, lance à la rentrée scolaire 2016-2017 le projet pilote intitulé « Bike-Check, une incitation à une mobilité durable des adultes de demain » dans cinq écoles cantonales: Le Lycée-Collège de la Planta (LCP), le Lycée-Collège des Creusets (LCC), l’Ecole de commerce et de culture générale de Sion (ECCG), l’Ecole professionnelle technique et des métiers (EPTM) et l’Ecole professionnelle commerciale artisanale (EPCA).

Bus ou vélo, les étudiants sédunois ont le choix du "Rail" ou du "Bike Check".
Bus ou vélo, les étudiants sédunois ont le choix du « Rail » ou du « Bike Check ».

 « Le vélo est très efficace sur des courtes distances »

« Le projet pilote “Bike-Check” est lancé parce que le vélo est très efficace sur des courtes distances et qu’il représente une série d’atouts, comme la rapidité, la flexibilité, un faible coût, sans oublier les bienfaits pour la santé et pour l’environnement », explique le Canton dans un communiqué. Ce Bike-Check donne droit à un bon d’achat et/ou de réparation, nominatif et non transmissible, d’une valeur de CHF 100.- qui est mis à disposition des jeunes domiciliés à moins de 2,5 kilomètres de leur lieu d’étude. Les étudiant(e)s et apprenti(e)s des 5 sites qui habitent à plus de 2,5 kilomètres de leur lieu de formation, et qui reçoivent actuellement un « Rail-Check », ont également la possibilité, s’ils le souhaitent, d’échanger leur « Rail-Check » contre un « Bike-Check ». Le montant de ce dernier est dans ce cas plafonné à 100.-

Premier essai à Sion

Limitée pour l’heure à la ville de Sion, l’offre devrait essaimer dans les années à venir, ce projet pilote faisant partie «de la mise en place par étape d’une approche multimodale de la mobilité, adaptée aux réalités topographiques, climatiques et sociodémographiques de notre canton.»

Depuis six ans, les étudiant(e)s et apprenti(e)s du canton domicilié(e)s à plus de 2,5 kilomètres de leur lieu d’étude bénéficient d’un « Rail-Check », soit une participation financière du canton et de la commune de domicile aux frais de transports publics (à hauteur de 50 % de la valeur de l’abonnement de parcours domicile – lieu de formation). «Le projet pilote « Bike-Check » lancé pour la rentrée scolaire 2016-2017 complète dès lors cette volonté de promouvoir une mobilité plus durable.»

Une initiative à saluer

On ne peut que saluer l’effort du Canton et de la Ville de Sion pour promouvoir une mobilité efficace, souple et économe en misant sur le vélo. Il s’agit là d’un premier petit pas qui doit être suivi d’autres pour que le vélo puisse s’imposer comme une alternative crédible et agréable aux yeux du plus grand nombre, tout en encourageant ceux qui sont déjà convaincus. Cela passe avant tout par la prise en compte du vélo dans tous les aménagements routiers afin que chacun puisse circuler en sécrité, de l’enfant qui va à l’école à la grand-maman qui va faire ses courses, en passant par le travailleur ou l’étudiant qui va prendre son train dans le village d’à côté. Les études réalisées le démontrent: investir dans le vélo, ça paie. Alors merci pour ce premier pas, on attend les suivants avec impatience.

Ma commune subventionne-t-elle l’achat d’un e-bike?

Certaines communes valaisannes subventionnent l’achat d’un vélo électrique (ou normal), mais il est difficile d’avoir une vue d’ensemble des endroits où c’est le cas. Comme un lecteur m’a récemment posé la question, je me suis dit que l’on pourrait la poser à tout le monde et établir cette liste pour les communes valaisannes.

Le tableau des réponses est accessible ici.

Que vous soyez un simple citoyen ou représentant d’une administration communale, vous pouvez nous aider en complétant le formulaire ci-dessous. Merci d’avance!