Une victoire au niveau pro en pneus tubeless

«Post race, the team realized that Jakobsen actually got a puncture that was automatically sealed.»

Bien installé hors du bitume, le pneu tubeless peine encore à convaincre sur la route, un milieu bien « traditionnaliste » du vélo. Mais aujourd’hui on découvre que l’on peut gagner avec et que Jacobsen le préfère à ses boyaux, pourtant déjà bien confortables et efficaces.

«they felt more comfortable on his body and smoother rolling on the road, likely due to the wider tire, the larger tire volume of tubeless & the likely lower pressure it allows them to run.»

Et les sceptiques apprennent que les crevaisons peuvent se réparer toutes seules. Bientôt des voitures et d’assistance en moins?

On peut rêver 😉

Sinon, dans le même genre de « nouvelle » technologie appliquée au vélo de route, on ne parle plus trop des freins à disques et des jambes découpées et autres mutilations que leur arrivée allait provoquer

Source: Bikerumor

Schwalbe met la bonne pression

Je ne suis pas un obsédé de la bonne pression de mes pneumatiques, mais je sais que j’ai longtemps roulé trop gonflé. Jusqu’au début des années 2000 et l’arrivée des premiers pneus tubeless. Puis j’ai été conforté dans l’idée de moins gonfler les pneus en 2007, lorsque j’ai eu l’occasion de discuter «pression» avec Thomas Dietsch, le vainqueur du Grand Raid cette année-là.

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Tubeless un jour, tubeless toujours

Depuis que j’ai monté mon premier pneu « tubeless » sur mon VTT, au début des années 2000, c’est en général la première chose que je change sur un nouveau vélo, qui est toujours livré avec des pneus à chambres à air. Mais comme j’aime bien essayer le vélo tel que le fabricant l’a décidé, disons que je lui donne toujours une chance… Et en général je crève toujours à la première sortie. Pas question de gonfler mes pneumatiques à 4 bars pour éviter les pincements, je fais du VTT et j’ai surtout besoin d’accroche et de rendement (pour mémoire, un pneu moins gonflé roule mieux dans le terrain, tant pis pour les sceptiques).

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En cyclocross les conditions sont souvent… difficiles.

Convaincu depuis longtemps pour les pneus VTT, je le suis aussi depuis l’an dernier pour le vélo de route: enveloppe plus souple (il n’y a pas de chambre à air à déformer en plus du pneu lui-même, même si ce dernier doit être un poil plus « épais » pour assurer l’étanchéité, résistance aux crevaisons, rendement… Comme je ne souhaite pas passer aux boyaux, trop contraignants et chronophages (avec une famille de 4 enfants, chaque minute compte, ou presque), le tubeless reste un bon choix.

J bex
Cyclo-cross de Bex – Décembre 2014 – Photo Sylvie Jacquet, toujours présente sur les courses. Merci!

Voilà, jusque là, tout allait bien… Mais je me suis lancé dans quelques cyclo-cross l’automne dernier, après une tentative avortée en 2013 (deux départs, une arrivée…). Terrains difficiles, gras, gelés, vélo rigide et pneumatiques étroits, l’équation est encore plus difficile en cyclo-cross qu’en mountain-bike. Il faut tirer un maximum de confort et d’accroche de ces tout petits boudins. Donc, les dégonfler autant que possible. Avec les pneus d’origine de mon Specialized Crux Sport E5 (modèle alu), la punition est immédiate sur les chemins caillouteux de la plaine du Rhône: deux sorties, deux crevaisons.

Il fallait trouver quelque chose… mais pas des roues à boyaux, question budget en plus des raisons évoquées ci-dessus. Des pneus tubeless de cyclo-cross peut-être? Bonne pioche, le choix est maigre, mais cela existe, chez Maxxis et Hutchinson notamment. Cyclocross magazine en a dressé toute une liste.

Toro cx 1
Une fois monté, le pneu est solidement en place et bien ancré dans la jante AXIS 2.0.

Mon choix, un peu par défaut en raison de l’offre encore plus maigre en Suisse, s’est porté sur les Hutchinson Toro. Le montage s’est avéré très simple, après avoir équipé les jantes d’origine, des Axis 2.0 d’un fond de jante adapté (autocollant) et d’une valve. Sans oublier une dose de liquide anticrevaison. La solidité du montage m’a été confirmée lors du démontage des pneus, vraiment bien « clippés » dans la jante. Un déjantage me semble peu probable avec cette combinaison.

De 3 à 1,8 bars de pression

Lors des premières sorties, je suis resté « prudent » avec quelque 3 bars de pression (le minimum conseillé par Hutchinson), juste suffisants pour ne pas talonner trop souvent avec mes plus de 77 kilos lancés sur un single parsemé de pierres et de racines. En course, je n’avais ainsi jamais osé descendre plus bas, jusqu’aux Championnats suisses, le 11 janvier dernier à Aigle. En reconnaissance la veille de la course, je me faisais secouer comme un prunier lors du premier tour et les dévers semblaient juste impossibles à gravir sur le vélo. Il fallait davantage de traction: dégonflage progressif à 2,4 puis 2,2 et 2 bars. Un essai à 1,8, mais l’arrière chassait un peu trop à mon goût dans les virages rapides sur le gravier et le bitume. Retour à 2 bars à l’arrière et 1,8 à l’avant: le jour et la nuit par rapport aux premières tentatives.

Toro cx 2
Le Hutchinson Toro cx: facile à monter, souple et dotée d’une gomme semble-t-il assez tendre.

Le vélo en était transformé: confortable, rapide et surtout, la traction était soudain phénoménale et il m’aurait fallu davantage qu’un week-end pour apprivoiser totalement cette monture et lui faire entièrement confiance. Mais les dévers passaient enfin sur le vélo lors de la reconnaissance. Lors de la course du dimanche, la météo est venue ruiner mes progrès de la veille… De quoi apprécier la classe des quelques pros (dont le vainqueur Julien Taramarcaz) qui grimpaient ces fameux dévers sur le vélo. Et pas seulement grâce aux pneus…

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Julien Taramarcaz en route vers le titre de champion suisse, le 11 janvier 2015 à Aigle. Pas de tubelesss ici, mais bien des boyaux.

 

Depuis, j’ai hâte de ressortir mon Crux et de le pousser encore un peu plus loin (mes limites seront atteintes avant les siennes…) pour progresser encore dans cette discipline à laquelle je prends goût. Mais en tubeless.