VTT dans les Follatères : le respect d’abord!

Les temps sont durs sur les sentiers valaisans pour les pratiquants du VTT. Après des interdictions actées (Le Brésilien et alpage de Ponchet pour les plus connus, des barrières sont apparues sur la descente du Christ-Roi à Lens, tandis que d’autres municipalités, comme Bovernier, ont annoncé leur volonté d’interdire les VTT sur leurs chemins. Dans ce dernier cas, la levée de boucliers initiée par la jeune association Pro VTT a incité la commune à revoir sa copie, mais le cas reste en suspens.

Dans la région, un autre secteur semble avoir fait réagir les randonneurs, celui des Follatères, entre Fully et Dorénaz. Un endroit prisé, surtout en hiver, pour son climat doux et sec qui permet de rouler aussi à la mauvaise saison. Las, il semblerait que des solutions doivent être trouvées pour assurer une saine cohabitation avec les marcheurs.

« Pas d’impact biologique significatif »

Selon les informations de Bikinvalais.ch et de Pro VTT, la commune de Fully et la Commission des Follatères, gestionnaire de cette réserve fédérale, auraient été alertées par des randonneurs surpris de découvrir des cyclistes à cet endroit.

Selon un document établi par un spécialiste, il semblerait toutefois que les passages des cyclistes n’aient pas d’impact biologique significatif sur les chemins de ce « spot » au coude du Rhône. Ce document relève toutefois que des déprédations ont été commises sur les barrières à bétail dressées sur les chemins, ce qui n’est évidemment pas tolérable, mais qui n’est forcément le fait de cyclistes non plus.

L’auteur relève que « les piétons doivent parfois s’écarter du sentier à de multiples reprises au cours d’une balade, avec une impression de dérangement continuel ». Le reste du temps, ce n’est guère mieux : « même quand il n’y a pas de vélos, le promeneur reste confronté aux traces de leur passage », le sol composé de loess très sensible à l’érosion se marquant facilement.

La réserve des Follatères, hachurée en rouge et le chemin le plus « sensible » s’agissant de la cohabitation avec les marcheurs (entouré).

Avant que des mesures drastiques ne soient prises, avec des discussions toujours difficiles, les cyclistes peuvent éviter les rencontres trop nombreuses et les traces évidentes de leur passage. Nous invitons ainsi chacun à renoncer à traverser les Follatères les week-ends pendant les périodes les plus fréquentées, à savoir entre février et avril, notamment lors de la floraison des bulbocodes et autres fleurs, qui attirent de nombreux amoureux de la flore locale.

Respect du sentier

Dans le même esprit, on renoncera à traverser le secteur des Bans de Branson lorsque le sol est humide, avec une érosion accrue. C’est notamment le cas à la fonte des rares neiges à cet endroit, mais aussi pendant et après de fortes pluies. Le terrain séchant très vite, la contrainte devrait être supportable. Soyez attentif au sentier et aux abords du sentier : roulez délicatement, évitez les dérapages.

Il s’agit évidemment de respecter absolument les clôtures et les portails, même si nous verrions d’un bon œil des « obstacles » franchissables pour les VTT, à l’image de ce que l’on trouve dans des régions avec davantage de vélos, comme les Portes du Soleil.

Autant de règles élémentaires de bon sens que l’on retrouve aussi dans la charte du vététiste que nous vous invitons évidemment à respecter assurer la pérennité de notre activité préférée.

Le cadeau de Noël de Bovernier aux cyclistes

Il y a eu Charrat, Sion, le vallon de Réchy et le «Brésilien», Chandolin avec ses murailles sur le chemin de Ponchet, aujourd’hui c’est Bovernier (mise à l’enquête du vendredi 23 décembre) qui alimente la liste des communes souhaitant interdire les VTT sur tout ou partie de leurs chemins. À Bovernier il s’agit des sentiers entre Champex et Les Valettes, ainsi que celui entres Les Ecoteaux et Bovernier.
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Auprès des autorités communales, on explique que «des propriétaires de chalet dans le vallon ont risqué de se faire toucher par des vététistes un peu fous» et que les promeneurs «qui sont très nombreux dans le vallon de Champex», se plaignent. La Commune dit avoir déjà «tout tenté au niveau de la prévention: on a même eu des panneaux de signalisation arrachés et des barrières brisées à coups de hache», même si l’action d’amateurs de trial plutôt que de vététistes n’est pas exclue.

«Sorties guidées sur des chemins non officiels»

Autre grief des autorités: «Des sociétés bagnardes de vacances proposaient à leurs clients amateurs de VTT d’emprunter des chemins non officiels! Imaginez à quelle vitesse les jeunes étrangers, persuadés d’être sur des parcours destinés à la pratique du VTT, descendaient et passaient à quelques mètres de chalets…»

 

Autre son de cloche évidemment du côté des cyclistes, qui déplorent une certaine mauvaise foi. «Je connais l’agence en question et son guide», explique un vététiste de la région. «Il roule devant le groupe et ce n’est pas le respect qui lui manque. Quant à l’histoire des chalets,si on regarde le chemin, il n’y a aucun VTT qui passe devant et je n’ai pas vraiment vu de prévention à ce sujet. Et je suis aussi souvent sur ces chemins à pied, il n’y a vraiment pas beaucoup de vélos.»

Des gens qui paient pour rouler chez nous

À l’heure où, dans le foulée du passage du Tour de France à Finhaut-Emosson, Valais tourisme entreprend d’importants efforts pour promouvoir le paradis cyclable que constitue le canton, on ne peut évidemment que déplorer ce nouveau signal négatif pour la pratique du VTT en Valais. Il faudra pourtant bien admettre un jour que ces pratiquants sont importants pour le tourisme et l’économie locale. Oui, ce sont des étrangers, peut-être jeunes mais pas forcément, qui aiment peut-être rouler vite sur certains chemins. Mais s’ils sont sur ces chemins, avec un guide, c’est justement qu’ils ont payé pour venir en Valais, payé pour se loger, payé pour un guide, payé pour le véhicule (Car postal, télécabine, train…) qui les transporte et qu’ils vont payer pour manger et boire un verre ensuite. Et s’ils prennent un guide, c’est peut-être qu’ils ont fait le tour des pistes officielles à Verbier et qu’ils veulent découvrir autre chose, comme certains skieurs en hiver. À mon avis, les sociétés concernées n’ont aucun intérêt à voir fleurir les interdictions et sauront raisonner les plus téméraires, comme le guide de montage sait tenir son groupe.

Respect et tolérance

Pour ma part, ça fait depuis 1990 que je roule, sans jamais aucun problème, si ce n’est avec quelques «irréductibles» anti-vélos par principe et sans raison objective. Et pour la cohabitation sur les chemins c’est en général assez simple: la priorité aux piétons, du respect, un bonjour et, souvent, une petite discussion sympa et tout se passe bien. Alors oui, il y a des gens qui exagèrent et je le souligne aussi. Mais interdit-on les routes de cols aux motos sous prétexte que certains ne respectent pas les limitations de vitesse?

Beaucoup de cyclistes? Interdisons les marcheurs?

Après, si on veut aller au bout de l’argumentation, cela peut aussi tourner à une simple balance de coût/bénéfice. Si les cyclistes sont peu nombreux, il n’y a pas de problème. Et dans le cas du vallon de Champex, cela n’a pas l’air d’être l’invasion, si j’en crois Strava, le site où de très nombreux cyclistes enregistrent leurs entraînements et sorties. La seule descente répertoriée dans le coin est sur la route. Sur le sentier entre Sorniot et l’Erié (Fully), plus de 250 cyclistes ont indiqué leur passage, et sur le “Brésilien”, plus de 300. Entre Champex et Bovernier? Aucun.

Si les cyclistes sont plus nombreux, voire aussi nombreux que les marcheurs, on peut aussi songer à des aménagements qui leur sont destinés, ou qui évitent tout au moins les rencontres périlleuses (déviations, nouveaux sentiers). Et puis s’il y a nettement plus de cyclistes que de marcheurs, on fait quoi? On interdit les piétons?

Mauvaise idée, hein?

Interdisons Sierre-Zinal!

Sur le site du Nouvelliste, au sujet de Sierre-Zinal:

« Enfin, les organisateurs ont fait de la détérioration du parcours par les vélos leur cheval de bataille. Munis de pneus très larges, les vélos de descente creusent des ornières, ce qui endommage fortement le chemin. « Il est important de défendre nos intérêts et la seule possibilité réside dans des interdictions, » explique le nouveau directeur de la course Vincent Theytaz.

C’est vrai, interdisons Sierre-Zinal et ce sera réglé.