Après les bisses, les sentiers de montagne?

Après les bisses, les sentiers de montagne?

Berne voulait interdire les vélos sur ses sentiers, mais a renoncé. Charrat voulait bannir les cyclistes de ses chemins “pédestres”, mais a fait machine arrière. Cette fois, c’est la capitale du canton du Valais qui interdit l’accès aux bisses aux cyclomoteurs et aux vélos. On peut déjà s’étonner du classement de ces deux engins dans un même sac, un truc qui pue, qui pollue et qui fait du bruit et un autre inodore et inaudible. C’est peut-être cela, justement, qui dérange les marcheurs tout surpris de voir arriver un vélo qu’ils n’avaient pas entendu. Ils sont toujours surpris, d’ailleurs, même quand on approche à la vitesse du pas, ces marcheurs qui ont garé leur Jeep diesel au début du bisse pour une marche dans la nature. Sur “leur” sentier.

Pour dire vrai, je n’ai jamais posé mes roues sur les bisses de Lentine, Clavau et Montorge que la Municipalité de Sion vient d’interdire aux vélos. Et je peux bien imaginer qu’il y a foule certains jours, et même que certains cyclistes peuvent rouler un peu fort et effrayer les familles en balade tranquille. Faut-il pour autant punir tout le monde? Interdit-on les autoroutes aux voitures sous prétexte que certains ne respectent pas les limitations? Interdit-on les routes de col aux motards parce que certains y circulent de manière déraisonnable et effrayent les automobilistes?

Je ne connais pas non plus les arguments de la Municipalité sédunoise, puisqu’elle ne les avance pas. Elle a décidé, c’est tout. Alors que l’on prône la mobilité douce et le tourisme doux, le message qui sera perçu loin à la ronde ne peut qu’être négatif: la capitale du Valais (et le canton avec) ne veut pas de vélos. Et à l’heure où de nombreuses destinations touristiques se profilent sur le créneau cycliste-vététiste, ce sera un autogoal de plus pour le Valais. Cyclistes, on ne veut pas de vous en plaine (sinon il y aurait déjà les aménagements cyclables exigés par la LAT de… 1979), sauf s’il y a des pics de pollution, et on ne veut pas de vous non plus sur le coteau où les randonneurs venus en bagnole doivent pouvoir marcher sans être dérangés par le cliquetis d’une roue libre.

Et puisque je commence à avoiner un peu, on peut poursuivre sur les aménagements ineptes sur les routes cantonales, comme l’entrée toute neuve d’Ardon, l’entrée de Saxon ou la traversée de l’autoroute à Champsec (route nationale?). Partout, de la peinture jaune et des bandes cyclables qui disparaissent sans crier gare (ou quand le bidon de peinture est vide). Cyclistes, on nous drague à coup de promesses avant les élections, mais on se fout de nous à longueur d’année. Un exemple? Le programme de Jacques Melly avant les élections: « Développer le réseau cyclable pour les déplacements quotidiens dans et entre les agglomérations (accès aux gares, réseaux cyclables en général, places de stationnement, etc.) » Faites-moi signe quand vous verrez quelque chose.

Naïvement, je pensais que la récente loi cantonale sur les itinéraires de loisirs, qui prévoit que sur les chemins pédestres les cyclistes doivent céder la priorité aux marcheurs, allait apaiser un peu la situation. Car, comme je l’ai déjà écrit, si je dois céder la priorité, c’est que j’ai le droit d’être là.

La loi à son article 12:

Sur les itinéraires de chemins pédestres, les randonneurs à pied ont la priorité sur les autres usagers, lesquels ont le cas échéant l’obligation de s’arrêter.

Sauf à Sion, où ils ont l’obligation de disparaître.