Le cadeau de Noël de Bovernier aux cyclistes

Il y a eu Charrat, Sion, le vallon de Réchy et le «Brésilien», Chandolin avec ses murailles sur le chemin de Ponchet, aujourd’hui c’est Bovernier (mise à l’enquête du vendredi 23 décembre) qui alimente la liste des communes souhaitant interdire les VTT sur tout ou partie de leurs chemins. À Bovernier il s’agit des sentiers entre Champex et Les Valettes, ainsi que celui entres Les Ecoteaux et Bovernier.
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Auprès des autorités communales, on explique que «des propriétaires de chalet dans le vallon ont risqué de se faire toucher par des vététistes un peu fous» et que les promeneurs «qui sont très nombreux dans le vallon de Champex», se plaignent. La Commune dit avoir déjà «tout tenté au niveau de la prévention: on a même eu des panneaux de signalisation arrachés et des barrières brisées à coups de hache», même si l’action d’amateurs de trial plutôt que de vététistes n’est pas exclue.

«Sorties guidées sur des chemins non officiels»

Autre grief des autorités: «Des sociétés bagnardes de vacances proposaient à leurs clients amateurs de VTT d’emprunter des chemins non officiels! Imaginez à quelle vitesse les jeunes étrangers, persuadés d’être sur des parcours destinés à la pratique du VTT, descendaient et passaient à quelques mètres de chalets…»

 

Autre son de cloche évidemment du côté des cyclistes, qui déplorent une certaine mauvaise foi. «Je connais l’agence en question et son guide», explique un vététiste de la région. «Il roule devant le groupe et ce n’est pas le respect qui lui manque. Quant à l’histoire des chalets,si on regarde le chemin, il n’y a aucun VTT qui passe devant et je n’ai pas vraiment vu de prévention à ce sujet. Et je suis aussi souvent sur ces chemins à pied, il n’y a vraiment pas beaucoup de vélos.»

Des gens qui paient pour rouler chez nous

À l’heure où, dans le foulée du passage du Tour de France à Finhaut-Emosson, Valais tourisme entreprend d’importants efforts pour promouvoir le paradis cyclable que constitue le canton, on ne peut évidemment que déplorer ce nouveau signal négatif pour la pratique du VTT en Valais. Il faudra pourtant bien admettre un jour que ces pratiquants sont importants pour le tourisme et l’économie locale. Oui, ce sont des étrangers, peut-être jeunes mais pas forcément, qui aiment peut-être rouler vite sur certains chemins. Mais s’ils sont sur ces chemins, avec un guide, c’est justement qu’ils ont payé pour venir en Valais, payé pour se loger, payé pour un guide, payé pour le véhicule (Car postal, télécabine, train…) qui les transporte et qu’ils vont payer pour manger et boire un verre ensuite. Et s’ils prennent un guide, c’est peut-être qu’ils ont fait le tour des pistes officielles à Verbier et qu’ils veulent découvrir autre chose, comme certains skieurs en hiver. À mon avis, les sociétés concernées n’ont aucun intérêt à voir fleurir les interdictions et sauront raisonner les plus téméraires, comme le guide de montage sait tenir son groupe.

Respect et tolérance

Pour ma part, ça fait depuis 1990 que je roule, sans jamais aucun problème, si ce n’est avec quelques «irréductibles» anti-vélos par principe et sans raison objective. Et pour la cohabitation sur les chemins c’est en général assez simple: la priorité aux piétons, du respect, un bonjour et, souvent, une petite discussion sympa et tout se passe bien. Alors oui, il y a des gens qui exagèrent et je le souligne aussi. Mais interdit-on les routes de cols aux motos sous prétexte que certains ne respectent pas les limitations de vitesse?

Beaucoup de cyclistes? Interdisons les marcheurs?

Après, si on veut aller au bout de l’argumentation, cela peut aussi tourner à une simple balance de coût/bénéfice. Si les cyclistes sont peu nombreux, il n’y a pas de problème. Et dans le cas du vallon de Champex, cela n’a pas l’air d’être l’invasion, si j’en crois Strava, le site où de très nombreux cyclistes enregistrent leurs entraînements et sorties. La seule descente répertoriée dans le coin est sur la route. Sur le sentier entre Sorniot et l’Erié (Fully), plus de 250 cyclistes ont indiqué leur passage, et sur le “Brésilien”, plus de 300. Entre Champex et Bovernier? Aucun.

Si les cyclistes sont plus nombreux, voire aussi nombreux que les marcheurs, on peut aussi songer à des aménagements qui leur sont destinés, ou qui évitent tout au moins les rencontres périlleuses (déviations, nouveaux sentiers). Et puis s’il y a nettement plus de cyclistes que de marcheurs, on fait quoi? On interdit les piétons?

Mauvaise idée, hein?

Joakim Faiss

Auteur : Joakim Faiss

Père de famille - Cycliste - Journaliste - Rédacteur en chef du Magazine Vélo Romand. Vélos actuels: Thömus Sliker (route), Rocky Mountain Element 970 (VTT), Specialized Diverge Expert (gravel), Specialized Crux (cyclocross), BMC Alpenchallenge (urbain). Bière préférée: Velosophe,Triple Karmeliet Pratiques: Vélo de route, cyclocross, VTT cross country, VTT marathon, VTT all-mountain. Où est le problème?

6 réflexions sur « Le cadeau de Noël de Bovernier aux cyclistes »

  1. Super ces interdictions !!
    Ailleurs les stations anticipent le manque de neige et lorgnent du côté VTT
    Petit hôtel du côté de Mossalp, la taulière nous demande 5.- pour entreposer le VTT dans un réduit !!
    Petit hôtel après Hérémence, aucune idée d’un petit déjeuner pour sportifs !
    Cette automne nous sommes allés voir ailleurs sur les Chemins du Soleil entre Valence et Sisteron
    Sites web super, topo-guides, balisages, gîtes avec panier pique-nique, …
    Nous y retournerons l’année prochaine pour la suite Sisteron-Nice

    Et dommage pour le Valais qui perd ses atouts
    Le fric, le fric, le fric et une vue pas plus loin que le bout de son nez

    Merci pour vos excellents articles et prises de position pour tenter de sauver la mis !!

    Et toute bonne année 2017

    1. Encore une fois, les intérêts de quelques particuliers espérant illusoirement se réserver les espaces de liberté iraient pénaliser les quelques locaux qui font preuve de respect envers les règlements et les autres usagers de ces sentiers.

      Et comme partout où ces interdictions ont été mises en vigueur, les quelques rarissimes contrevenants n’ont rien à battre des interdictions et les moyens pour les pénaliser sont inexistants et totalement sans effet.

      En fin de compte, la situation ne changera rien pour les riverains et ce sera un interdit de plus pour les cyclistes locaux et les visiteurs respectueux.

      Très mauvaise idée !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

      1. De plus c’est souvent là où il y a peu de cyclistes et près d’un accès facile en voiture qu’il y a le pus de problèmes. Le gars a parqué sa caisse devant le chalet mais ne veut pas être « dérangé ». Sur les sentiers à 2000m et plus, les gens sont plus ouverts 😉 Bonne année 2017!

  2. Bonne année à tous,

    Pas besoin d’aller dans des zones touristiques pour voir ce genre d’interdictions fleurir. Sur les hauteurs de Monthey il y a également des passages qui sont devenus interdits. A certains endroits les propriétaires des terrains réfléchissent et ont prévu une déviation afin de garantir la liaison entre un bout et l’autre du chemin traversant leur propriété.

    A d’autres endroits on se retrouve en face de panneaux interdits aux VTT, certains écrits à la main, alors qu’on est sur une route 4×4 faisant la liaison vers une route goudronnée. D’autres où les chevaux sont tolérés (et leurs crottins avec mais c’est un autre débat) mais pas les vélos … va comprendre

    J’utilise parfois des chemins étroits pour redescendre dans la plaine et j’y croise régulièrement des randonneurs. En ralentissant à leur vue et en disant bonjour, merci, souvent les gens se poussent et retournent le bonjour avec le sourire..

    Il est cependant regrettable de voir fleurir ces interdictions car de plus en plus de gens se mettent au VTT, aujourd’hui plus qu’hier avec l’arrivée des vélos à assistance électrique. Les stations et communes qu’y n’ont pas encore ouvert les yeux devrait arrêter de se regarder le nombril, lever la tête et regarder ce qui se passe autour d’elles.

    Avec un peu de savoir vivre et de tolérances tout le monde peut arriver à s’entendre … tout en assurant la pérennité de notre tourisme qui risque de devoir compter un peu mois sur l’or blanc.

    Bonne route à tous

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