Guillaume Prébois, cycliste-journaliste

Guillaume Prébois entre mer et montagne, au centre de l'Italie, sur la route de Pescocostanzo (7e étape, 15 mai 2008). ldd
Guillaume Prébois entre mer et montagne, au centre de l'Italie, sur la route de Pescocostanzo (7e étape du Giro, 15 mai 2008). ldd

Petit coup d’autopub pour parler du Nouvelliste, mon employeur, et une page entière consacrée à Guillaume Prébois. Cycliste devenu journaliste, puis cycliste (vous suivez), Guillaume Prébois a fait le Tour de France en 2007. Mais pas n’importe comment. Un jour avant les coureurs, avec une assistance minimale, et, surtout « à l’eau claire ». Histoire de prouver que c’est possible sans dopage.

 

En 2008, il a décidé de tripler la mise, en enchaînant Giro, Tour et Vuelta. Seul, dans le trafic, avec son père au volant de la voiture d’assistance, et toujours un jour avant les coureurs. Il a ainsi parcouru plus de 10’500 kilomètres, gravi les cols les plus durs, roulé dans le vent, la pluie, le brouillard, ou sous la canicule. Il en a tiré un livre: Brouillard sur l’Angliru. Un bouquin qui se dévore à a vitesse d’une descente de col et que l’on peut commander directement sur son site: www.guillaumeprebois.com

Pour lire l’article, voir quelques photos et écouter l’interview, c’est sur le site du Nouvelliste que cela se passe.

Pro Vélo s'étend à tout le Valais

Pro Vélo Valais est né mercredi dernier 4 mars 2009. «Pro Vélo Valais est déterminé à passer la vitesse supérieure dans la défense des droits et des intérêts des cyclistes en milieu urbain principalement», explique Charles Méroz dans Le Nouvelliste. «C’est en tout cas le point de vue exprimé par Yves Degoumois, le président de la toute nouvelle association portée mercredi soir sur les fonts baptismaux dans le sillage de la dissolution de Pro Vélo Sion et de Pro Vélo Sierre.» La suite sur le site du Nouvelliste.

Le Japon montre l'exemple

«Le Japon va mettre à disposition de ses cyclistes des parcs de stationnement spécialement pourvus de panneaux solaires», lit-on sur l’édition électronique du quotidien Le Nouvelliste. «Ces places permettront de recharger les batteries des vélos à assistance électrique ou bicyclettes hybrides.»

La suite ici

Difficile de ne pas être un peu jaloux dans un pays, un canton plutôt, où les seules mesures en faveur du vélo se limitent à un peu de peinture jaune sur la route cantonale. Pistes cyclables inexistantes et/ou inadaptées, mal entretenues (surtout en hiver), parc à vélos indignes aux abords des gares, pas d’incitations à l’achat de vélos électriques (l’exemple de Saxon et Sierre mis à part). Alors le Japon, pays des gens entassés dans le métro? Peut-être, mais ils sont venus en vélo…

Odyssée hivernale

Pas vraiment le temps de rouler ces derniers jours. La faute au boulot, qui prend trop de temps. Heureusement, certains sujets sont passionnants et j’ai eu la chance de suivre une partie de la course de chiens de traîneau la Grande Odyssée ces quatre derniers jours. Beaux paysages et sportifs d’élite – les chiens – étaient au rendez-vous.

L'homme invisible

C’est dingue, il y a des fois où je suis l’homme invisible. En général, c’est sur un vélo. Je vous jure, certains automobilistes ne me voient pas. Ou alors, et c’est pire, ils font comme si je n’étais pas là.
Au début, c’était pas facile. Je savais pas que j’étais invisible. Donc je faisais pas gaffe. J’étais tout surpris quand les voitures me coupaient la route dans les giratoires, me doublaient à dix centimètres des pédales avant de tourner à droite devant ma roue, ou sortaient de leur place de parc devant mon guidon. Comme l’autre jour dans mon village: un type déboîte tranquillement de sa place alors que je me pointe à quelques mètres. Coup de guidon, coup de frein. Déjà que la rue est en pente, ça énerve. Puis engueulade – ça tombait bien, sa fenêtre était ouverte – du genre «tu peux pas regarder avant de sortir de ta place? Rogntudju!» Réponse du type, énervé: «T’as qu’à freiner aussi».
Sur le coup ça m’a encore fâché davantage, évidemment. Je pensais avoir droit aux même priorités que les autres usager de la route. Mais passons. Parce que la bonne nouvelle, c’est qu’il m’avait vu. Je ne suis pas invisible! Alors s’il vous plaît, la prochaine fois, quand vous me voyez, faites comme si j’étais là.

Un vélo de 40 tonnes?

Il y a des signes qui ne trompent pas. La température s’adoucit, malgré quelques sautes d’humeur de la météo, les journées s’allongent, l’ouverture de la pêche… le printemps approche. Les cyclistes en profitent pour alléger leurs tenues hivernales et se faire plus nombreux sur routes et chemins. Seuls quelques automobilistes, parfois étourdis, souvent irrespectueux des deux roues motorisés ou non, semblent l’ignorer.
Enfermés dans leur caisse tôlée, certains automobilistes semblent en effet atteints d’une forme d’autisme lorsque débouche un véhicule à deux roues. Ils le voient sans le voir. En fait, le cyclise n’existe pas pour l’automobiliste. Comment expliquer sinon qu’il grille une fois sur deux la priorité au deux-roues? Heureusement, les années aidant, le cyclise acquiert une fine connaissance de la psychologie des automobilistes aux carrefours. Son sens de l’anticipation lui permet en général d’éviter l’accident. N’empêche que de temps en temps, je rêve de me transformer, telle la citrouille en carrosse, en chauffeur de 40 tonnes à l’approche des croisements.
Plus simplement, il suffirait que les automobilistes imaginent un 40 tonnes à la place du cycliste. A condition que leur cerveau supporte un tel effort.
Joakim Faiss

Chiennes d'allergies

Il paraît qu’il y a des chiens allergiques aux deux-roues. J’en ai rencontré. « Désolé, mais il est allergique aux cyclistes », sonna la voix de son maître, m’enjoignant de ne point bouger pour ne pas énerver la pauvre bête. Heureusement, il s’agissait d’un tout petit chien qu’une pichenette eût tôt fait de précipiter dans la vigne en contrebas. Tel n’est pas toujours le cas, comme lorsque des piétonnes effrayées par un doberman finissent leurs jours dans la Limmat.
Tel ne fut pas non plus le cas lors d’une autre escapade cycliste lorsqu’un berger allemand me barra la passage sur une route de campagne. Entre lui et moi, le vélo. La scène dura bien deux minutes, le clébard me mordillant le mollet au passage, avant que je ne remonte sur ma bicyclette et m’éloigne à une vitesse qui m’eût permis de pulvériser le record du monde de l’heure en d’autres circonstances. Le maître du berger allemand était pour sa part bien trop occupé à tailler ses arbres pour intervenir.
De toute manière, les propriétaire de chiens ont des réponses toutes prêtes. Du genre « il n’est pas méchant, il veut juste s’amuser » ou « ne vous inquiétez pas, il est gentil. » Désolé mais je ne partage pas les mêmes jeux que ces animaux et ils n’ont pas « gentil » imprimé sur le front. Dans le même genre: « Je ne comprends pas, il n’a jamais mordu personne avant. » Ça c’est certain. Avant la première fois, il n’avait jamais mordu personne.
Joakim Faiss

Petite pas reine

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Deux-roues méprisés

« Les routiers sont sympas », clament-ils. Au gré des quelques milliers de kilomètres parcourus à bicyclette en Suisse et ailleurs chaque année, le constat est plus nuancé. D’accord les cyclistes sont lents, relativement du moins puisque souvent plus rapides que ces pauvres vélomoteurs d’aujourd’hui qui ne sont plus que l’ombre de leurs aînés. La lenteur a toutefois son charme et il n’est point besoin de mépriser ces deux-roues ou, pire, de les ignorer.
Avec le temps et l’expérience, on finit par se méfier de tout ce qui circule sur plus de trois roues. Automobiles, poids lourds, tracteurs, même combat. Au début on s’énerve, peste et maudit tous ces inconscients qui, bien protégés dans leur char d’acier, mettent en danger de frêles cyclistes, mal équipé pour s’élancer dans la jungle routière.
Mais, comme on a appris à se méfier, on devine souvent les intentions ou les hésitations du quidam installé derrière son volant. Untel va me brûler la priorité, celui-ci va me dépasser en plein dans le rétrécissement de la chaussée, machin ne va pas se gêner de dépasser alors que j’arrive en face…
Aujourd’hui, afin d’agrémenter mes sorties, j’établis un palmarès des attitudes les plus dangereuses et les moins respectueuses des cyclistes.
En tète, un chauffeur de camion de la Poste suédoise qui, une demi seconde après m’avoir dépassé a écrasé sa pédale de frein pour obliquer. Deuxième, un poids lourd sédunois qui avait tout fait juste: arrêt à la sortie du parking, regard à gauche, il me voit arriver… et s’engage quand même sur la route. Non mais ! Le troisième prix a été attribué depuis belle lurette à l’Etat du Valais. La bande cyclable sur la route cantonale entre Ardon et Vétroz compte presque une bouche d’égout tous les 50 mètres. Etonnez-vous ensuite que les cyclistes roulent au milieu de la route. En usant les nerfs des automobilistes et autres chauffeurs de camions. A énervé, énervé et demi.
Joakim Faiss

Train-train quotidien

  • Ligne Guayaquil-Riobamba, Equateur, 1995. Les gens se pressent sur le quai, mais le train ne vient pas. L’attente se prolonge, toujours pas de convoi à l’horizon. Les Européens s’inquiètent. Pas les indigènes, qui s’installent pour la journée ou rentrent chez eux avec ce commentaire: «Le train ne viendra plus aujourd’hui. Peut-être demain…»
  • Ligne Los Mochis-Creel, Mexique, 1997. Après quelques heures de trajet, le train de seconde classe rattrape celui de première classe des touristes fortunés, plus rapide et parti plus tôt, mais arrêté dans la nuit. Que se passe-t-il? «Un train de marchandise a déraillé et s’est couché sur la voie devant nous». Mince alors qu’est-ce qu’on va faire? «Ce n’est rien, juste cinq ou six heures d’attente, le temps de construire une voie pour contourner l’obstacle…»
  • Gare d’Antsirabe, Madagascar, 1999. Sur le mur trône un magnifique tableau noir avec un texte préimprimé: «Le train en provenance d’Antananarivo arrivera avec … heures et … minutes de retard». Ne reste qu’à compléter à la craie…
  • Ligne Antsirabe-Antananarivo, Madagascar, 1999. «Vous voulez prendre un train pour Tana à la fin de cette semaine? C’est impossible Monsieur, le train ne circule pas cette semaine. Pourquoi? La locomotive est occupée sur une autre ligne…»
  • Suisse, juin 2005. Panne de quelques heures sur ce qui est peut-être le meilleur réseau ferroviaire du monde. Drame national.