J’aime beaucoup les berges du Rhône qui, même si elles ne bénéficient pas du statut de piste cyclable (ce qui en exclut les vélos électriques rapides), constituent un havre de tranquillité – encore perfectible – pour qui souhaite se déplacer à vélo à l’écart de la furie automobile. Un chemin toujours pareil, mais toujours différent, au fil des saisons, des conditions météorologiques et des personnes rencontrées.

Le Canton s’apprête à célébrer les 30 ans de cet axe, inauguré en 1996. « Ce tracé qui relie Oberwald à St-Gingolph, en suivant pour la plus grande partie le cours du Rhône, constitue la colonne vertébrale de la mobilité douce de notre canton », rappellent les autorités dans un communiqué.
Mais il a bien fallu trente ans pour développer cet axe et parvenir à ce qu’il est aujourd’hui. Jusqu’en 2017, les automobiles pouvaient encore y circuler par endroits et à une vitesse de 60, puis de 80 km/h (c’est d’ailleurs toujours le cas pour les porteurs d’autorisations). Mais ne faisons pas la fine bouche, aujourd’hui c’est globalement très bien, même si l’effort doit se poursuivre (lire le commentaire plus bas).

Journée anniversaire et festive
Pour marquer cet anniversaire, le Service de la mobilité invite ainsi la population à une journée festive et conviviale le dimanche 6 septembre 2026. De Naters au Bouveret, balades à vélo et à pied, animations et parcours cyclosportif rythmeront cette journée placée sous le signe de la découverte et du partage.
Quatre balades à vélo encadrées et ouvertes à toutes et tous seront proposées dans différentes régions du canton. Les participants pourront parcourir les itinéraires Naters – Viège sur 10 kilomètres, Sierre – Sion sur 20 kilomètres, Saillon – Fully sur 12 kilomètres et Monthey – Le Bouveret sur 20 kilomètres. Des ravitaillements seront offerts à l’arrivée de chacun de ces itinéraires.
Les cyclistes en quête d’un défi plus sportif pourront quant à eux prendre part à un parcours cyclosportif de 128 kilomètres reliant Naters au Bouveret. Il sera possible de rejoindre librement le peloton tout au long du parcours. Plusieurs ravitaillements seront proposés le long du parcours et à l’arrivée.
La fête se vivra aussi à pied. Des balades guidées seront organisées à Naters, Fully et Saint-Maurice. Animées par des guides professionnels, elles offriront l’occasion de découvrir sous un autre angle, notamment à travers leur patrimoine, les régions traversées par l’axe cyclable.
Différentes animations agrémenteront cette journée. Le clown Gabidou accompagnera les festivités sur le tronçon entre Naters et Fully, tandis qu’un DJ à vélo animera le parcours entre Fully et Le Bouveret.
La participation est gratuite et ne nécessite pas d’inscription. Les personnes qui le souhaitent sont toutefois invitées à annoncer leur participation sur la page Internet dédiée, afin de faciliter l’organisation de la journée.
Commentaire – Un effort à poursuivre
Cet axe cantonal fête ses 30 ans (c’est jeune, 30 ans) et ne peut que s’en réjouir, car là où il est en site propre, il offre une sécurité et un calme que l’on ne rencontre nulle part ailleurs sur les routes du canton et c’est très appréciable pour les loisirs et les déplacements quotidiens.
Il serait toutefois dommage de s’en contenter, surtout que cet axe n’est pas vraiment achevé. Entre Oberwald et Bitsch, mieux vaut être équipé d’un vélo tout-terrain ou prendre le train depuis Ernen, ce qui est officiellement conseillé. Ailleurs dans le canton, les discontinuités sont également bien présentes (traversés du bois de Finges, de Sierre, de Sion, à Riddes ou Saint-Maurice pour n’en citer que quelques-unes) exposant les personnes à vélo aux dangers du trafic motorisé.
Et si cet axe fête ses trente ans, il est souvent impraticable à la «mauvaise saison», faute d’entretien et de déneigement surtout. Un entretien perfectible qui se fait également remarquer par un revêtement qui mériterait d’être refait par endroits, pour des raisons de confort et de sécurité en raison de nombreux trous ou racines protubérantes.

Enfin, et surtout peut-être, cette colonne vertébrale est bien seule. Souvent éloignée des centres habités, elle manque de pistes cyclables pour la desservir et desservir les villes et villages qu’elle traverse. Pour qui a emprunté un itinéraire similaire dans la vallée de l’Adige, on peut aussi déplorer l’absence d’aménagements destinés aux personnes à vélo, notamment les cyclotouristes, comme des fontaines, des bancs pour se reposer, voire des aires de repos à l’image des aires d’autoroute pour les motorisés, ainsi qu’un meilleur balisage vers les villages et commerces voisins.

On se revoit dans trente ans pour tout ça, en osant espérer que ce soit bien avant?






