Quand c’est Ride with GPS qui te « Komoote »

Ou quand Komoot sauve ta sortie, après que Ride with GPS t’a envoyé n’importe où.

Les utilisateurs de l’application de planification (entre autres) d’itinéraires Komoot connaissent certainement l’expression «se faire komooter», qui décrit le moment où l’algorithme décide de vous faire passer par un chemin impossible. Trop raide, interdit, disparu, inondé, trop difficile, la liste peut être longue.

Exemple de « Komootage » sur un « sentier » de Toscane… C’est sûr que tu avances parfois moins vite que prévu…

À sa décharge, ce n’est pas toujours de la faute de l’application, qui se base sur des cartes publiques et des catégories définies par les éditeurs officiels des cartes, sans vérification possible sur le terrain. Une route forestière sur la carte peut faire quatre mètres de large avec un revêtement lisse, mais aussi être proche de la disparition faute d’entretien. Cela Komoot, et les autres applications ne peuvent pas le savoir. Et, parfois, elles nous envoient n’importe où.

Pour pallier ces lacunes, il faut vérifier soigneusement les traces proposées. Les vues «Google Street View», disponibles sur les différentes plateformes, sont fort utiles, mais seulement là où Google est passé. Les cartes de chaleur, les « heatmaps », aussi, mais on n’est jamais à l’abri des traces de quelques cinglés (qui ont peut être été « conseillés » par une application perfectible). Autre moyen de vérifier: Komoot propose depuis assez longtemps les photos des utilisateurs pour se faire une idée de l’état du chemin et RWGPS aussi, depuis peu.

Mais il faut vérifier, sinon…

Sinon, vous vous retrouvez en plein cagnard sur un sentier du Val d’Aoste à 30% de pente, à peine dix minutes après avoir quitté votre logement, le tout au départ d’une sortie à VTT qui prévoit 2000m de D+. Premier coupable: Ride with GPS (RWGPS), qui pense qu’un portage de quarante‑cinq minutes, avec pourtant une petite route pas loin, est une bonne idée.

L’autre coupable, c’est moi, bien sûr, plus attiré par l’apéro que la vérification d’une trace la veille au soir. Avec ma chère et tendre suant déjà, comme moi, à grosses gouttes peu après le départ, j’avais intérêt à trouver une échappatoire vite fait, même si elle a l’habitude de quelques « variantes » en ma compagnie. Sur le moment, c’est bien Komoot qui nous a tirés de ce mauvais pas et la sortie fut de toute beauté.

La découverte du lac Fallère, en Vallée d’Aoste. Grâce à Komoot, qui nous a permis de tracer un itinéraire sur le mobile depuis le refuge Fallère, facile à touver, lui.

De retour au calme, je me suis demandé si j’avais donné de mauvaises indications à RWGPS (comme choisir « randonnée » plutôt que « VTT », mais cette option n’existe pas dans RWGPS). Mais non. Les choix étaient « vélo » et « surface non revêtue », ce qui me semble logique pour du VTT. Sauf que RWGPS a donc décidé de nous faire monter par des sentiers parfois compliqués à descendre. J’ai d’ailleurs tenté de reproduire le problème sur des itinéraires connus, comme entre Fully et Sorniot. RWGPS me fournit une trace qui emprunte le kilomètre vertical de Fully, puis le sentier des Garettes. Ceux qui connaissent apprécieront…

Entre Fully et Sorniot (à la montée donc), RWGPS me propose à peu près tout ce qu’il y a de plus raide (même en choisissant « Toute surface » plutôt que « Non revêtu »): kilomètre vertical, puis sentier des Garettes. Complètement fou.

Un algorithme à régler

J’ai soumis le problème au support de RWGPS qui m’a d’abord répondu que «ces chemins étant ouverts aux vélos, l’application les propose». Version originale: «I took a look at the trails in that area and they are showing as open to cyclists so that’s why it’s plotting you there.»

Alors, si l’algorithme d’une app spécialisée dans le vélo n’exclut pas les sentiers raisonnablement beaucoup trop raides, surtout sur une longue distance, c’est qu’il y a un problème. Un problème qui semble avoir été compris tout de même. Un développeur devait s’en occuper, m’a-t-on promis voilà plus d’une semaine. Je vous tiens au courant…

Komoot: cartes nationales Swisstopo, IGN et autres

C’est que, pendant ce temps, le concurrent Komoot fait mieux que de se défendre. La plateforme progresse par petites touches, avec des améliorations documentées sur cette page, et fait bientôt presque tout très bien. Il est devenu simple de créer ses itinéraires sur un appareil mobile et de choisir des variantes selon le sport envisagé (vélo de route, gravel, VTT, randonnée…). La plateforme a même des pages dédiées à la meilleure compréhension de ses traces et de l’application.

Dernier gros atout en date: les cartes nationales Swisstopo au 25’000 pour la Suisse (les meilleures sans discussion), IGN pour la France et l’Espagne. Mais aussi pour d’autres pays (Norvège, Danemark, Finlande, USA, Grande-Bretagne) avec une liste qui pourrait s’élargir (j’espère à la Suède, en vue de notre randonnée pédestre prévue sur le Kungsleden en août, la suite de 2017 et 2023).

Carte Swisstopo, au choix parmi de nombreuses autres, et heatmap: une combinaison vraiment confortable pour tracer ses itinéraires.

Il y a bien quelques avantages qui me retiennent encore sur RWGPS, comme la gestion d’une liste de traces, l’édition fine de ces même traces (découpage, raccourcissement, fusion, etc.), la gestion de l’équipement et l’envoi simple vers mon Karoo. Mais pour la création des itinéraires, je risque bien d’aller voir ailleurs un peu plus souvent. Et peut-être y rester.

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