Ce n’est pas encore une tradition, mais après une première expérience, que je vous conterai un jour, en gravel entre Fully et Vals l’an dernier, nous avons décidé de remettre ça avec Caroline, mon épouse, en cette fin septembre. Quatre jour en Suisse avec un paquetage minimaliste et avec des vélos de gravel pour pouvoir prendre quelques chemins de traverse de temps à autre, lorsque nous en avons assez de la circulation automobile ou qu’un joli petit chemin non goudronné se présente à nous.

De la place pour nos vélos dans les trains suisses…

Un dernier cas de figure qui peut se produire de temps à autres, même lorsque l’on n’a rien demandé et que l’on suit les itinéraire « La Suisse à vélo ». Nous l’avions fait l’an dernier et avons répété l’exercice cette année, en préparant ce petit « gravel tour » sur le site internet de Suisse Mobile. Une offre tout à fait remarquable, pour un abonnement annuel de 35.- CHF qui vous permet de préparer tranquillement vos itinéraires en collant aux tracés balisés sur le terrain et qui vous font découvrir des coins magnifiques, le plus souvent à l’écart de la circulation. Souvent, mais pas toujours, le itinéraires « bis » étant parfois difficiles à dénicher, sur les routes de cols par exemple.

Vue sur l’Eiger et le Mönch depuis la Grosse Scheidegg.

Ce matin du 26 septembre, nous avons donc mis le cap, en train, sur Grindelwald. L’occasion de saluer la qualité du réseau ferroviaire national et les équipements pour accueillir nos bicyclettes.

A Grindelwald, c’est la cohue en sortant du train, on se croirait à Verbier à Noël, et encore, le week-end. Nous ne sommes pas venus pour nous mêler au flot d’asiatiques photographiant la face nord de l’Eiger, on le fera un peu plus haut, dans la montée vers la Grosse Scheidegg. Environ 900 mètres de dénivelé, à l’ombre de la montagne, pour se mettre en jambes. Le paysage est magnifique, mais nous avons hâte d’être au soleil et basculons vite fait sur l’autre versant, en direction de Meiringen.

Dans la descente en direction de Meiringen.

Après quelques kilomètres en prenant gare au car postal qui monte à intervalles réguliers (l’un des seuls véhicules motorisés autorisé à circuler sur cette route) nous découvrons l’hôtel hors du temps de Rosenlaui, où un café et une tarte aux abricots s’imposent. C’est que le col du Susten nous attend et il s’agit de prendre des forces…

Dans le Susten, sur le gravier.

Nous ne croyons pas si bien dire. Avec nos gravels, nous avons décidé de faire… du gravel et quittons la route principale à la faveur d’un petit chemin forestier qui nous rappelle celui des Diligences, entre Vernayaz et Salvan. Un peu plus raide dirais-je, mais c’est peut-être le poids du paquetage qui m’induit en erreur. Les lieux traversés sont superbes, mais l’effort est violent et, après quelques longs kilomètres sur le gravier et la terre, nous décidons de rejoindre la route principale, qui nous semble quasi plate et très roulante, au moins durant quelques centaines de mètres…

Franchissement de la rivière, encore avec le sourire, avant le raidard qui nous fera grimacer…

Jamais très loin de la route, parfois avec le sourire, parfois dans le dur…

Le paysage est à couper le souffle, avec le Sustenspitz qui domine son petit monde glaciaire sous un soleil éclatant. Seuls quelques imbéciles en auto et à moto (quelques, pas tous, mais c’est toujours dommage) viennent par moments gâcher le plaisir.

Tunnel avec vue…

La route goudronnée est aussi spectaculaire… ne boudons pas notre plaisir.

Après un petit ravito au col, le vrai, pas celui dont la route passe en tunnel 40m plus bas, la dernière descente de la journée vers Wassen nous tend les bras. Sur un tout petit chemin tout d’abord, qui s’avère rapidement plus adapté au vrai mountain-bike qu’à notre transhumance en gravel avec sacoches. Nous bifurquons donc sur la route principale où passages à l’ombre toujours plus nombreux et absence d’effort nous plongent rapidement dans une semi-léthargie induite par le froid. Au point que nous manquons presque d’admirer le chef d’œuvre d’ingénierie ferroviaire qui se déploie autour de Wassen, avec sa double boucle en ponts et tunnels permettant à la ligne du Gothard de prendre l’altitude nécessaire pour rejoindre le tunnel de faîte. Et si depuis le train, on voit trois fois le clocher du village à des altitudes différentes, de l’extérieur ont voit passer trois fois le même train dans des directions différentes…

Début de la descente sur Wassen.

Heureusement, le vélo, c’est beaucoup plus simple. Et après l’effort on a bien faim et bien soif, ce qui peut aussi être un avantage… La chaleur corporelle retrouvée…un rafraîchissement s’impose.

La suite: Wassen – Glarus par le Klausen