Je mentirais si je disais que le cours de philosophie était mon préféré au collège. Mais il fait partie de ceux qui m’ont marqué. Parfois pour de mauvaises, mais souvent pour de bonnes raisons. Parmi ces dernières, l’une des phrases fétiches du professeur me revient souvent en mémoire: «Vous n’êtes ni meilleurs, ni pires, que d’autres élèves, bien au contraire…»

Et c’est exactement ce que je pense souvent lorsque l’on aborde la problématique de la place dévolue aux personnes à vélo dans la circulation. Comme à l’occasion de la publication des résultats du Prix Vélo Villes de PRO VELO.

Les villes valaisannes sont sévèrement notées par les usagers et Sion termine dernière, alors même qu’elle dispose d’aménagement visibles et récents, certes largement perfectibles. C’est dire l’état du désert cyclable dans le reste du canton. Pour PRO VELO Valais, «le constat est accablant: les villes valaisannes ne sont pas cyclophiles! Alors que la demande en voies cyclables sûres et continues augmente, la volonté politique fait défaut.»

À lire certaines réactions, les personnes à vélo devraient commencer par être exemplaires pour avoir droit à des aménagements propres alors même qu’elles financent déjà largement les voiries communales et cantonales. J’ai déjà largement évoqué ce financement des infrastructures dans l’article en lien, je n’y reviendrai pas.

Je suis par contre toujours étonné par cette exigence d’exemplarité pour avoir «droit» à un peu de place sur la route.

«Faudrait peut-être déjà qu’il commence à respecter le code de la route et les autres véhicules!»

«les cyclistes… déjà faudrais qu’il apprennent à rouler correctement et respecter les règles de circulation»

Et ceux qui n’ont rien pensent que tout leur est dû. C’est magique.

Car c’est bien connu, les motorisés (dont je fais aussi partie) respectent toutes les règles de la circulation. Jamais ils ne roulent trop vite, toujours ils indiquent leurs changements de direction, toujours ils s’arrêtent aux passages piétons (c’est pour cela qu’il n’y a pas besoin de patrouilleurs scolaires sur le chemin de l’école), jamais ils ne roulent bourrés, jamais ils ne «campent» sur la bande cyclable, toujours ils laissent suffisamment de place en doublant un·e cycliste et, surtout, jamais ils ne consultent leur téléphone portable au volant.

C’est pour toutes ces raisons qu’ils ont droit à de belles routes qu’ils ne partageront que lorsque les cyclistes seront aussi respectueux qu’eux. N’étant toutefois ni meilleurs, ni pires, bien au contraire, les personnes à vélo aimeraient bien que ce soit là, maintenant. Tout de suite.

Mais bon, pour certains, «c est clairement le cycliste le danger».

Clairement.

Attention, danger public!

Vous aussi vous voulez que cela change en Valais? N’hésitez pas à soutenir et à signer l’initiative Vélo cantonale