Emeric Turcat: un «inconnu» qui roule vite…

Français quand il court en Suisse, Suisse quand il court en France, Emeric Turcat fait partie de l’équipe de VTT marathon valaisanne SWTY Mountain Tschopp, mais n’est pas pour autant reconnu et encouragé à sa juste valeur par le public valaisan ou romand lorsqu’il est à la lutte avec les cadors de chaque région. «C’est vrai que c’est parfois un peu frustrant», admet-il modestement. «Mais ce n’est pas non plus comme si je me faisais siffler par 60’000 spectateurs d’un match de foot», modère-t-il avec philosophie. «Cela me donne peut-être même un peu de hargne supplémentaire…»

Cette petite «hargne» qui lui permet peut-être, au-delà de son entraînement, d’enchaîner les belles performances en cette saison 2018 qu’il a entamée en Afrique du Sud sur la Cape Epic. Une course par étapes qui lui a permis de « faire du volume » à un rythme soutenu. Et de briller par la suite avec son coéquipier Arnaud Rapillard sur les Chemins du Soleil, épreuve qu’ils ont remportée pour la troisième année consécutive en mai dernier.

Deuxième derrière « Mini-Mig »

Lors du marathon du Vélo Vert Festival, le week-end dernier, Emeric s’est encore classé deuxième derrière l’ancien champion olympique français Miguel Martinez, excusez du peu. Sans oublier son actuelle place de leader sur la Raiffeisen Trans, à Neuchâtel. Presque surprenant pour un spécialiste du marathon lorsque l’on sait que ces manches du mercredi soir se bouclent en général en une quarantaine de minutes. «Je me suis rendu compte qu’en marathon j’avais parfois du mal à « embrayer » quand il le fallait et me faire mal pendant 5, 10 minutes ou un quart d’heure. Cet hiver j’ai essayé de travailler cet aspect et aujourd’hui le meilleur moyen de poursuivre ce travail est de faire des courses courtes avec un rythme très intense.»

Avec ce «petit plus», Emeric Turcat espère bien accrocher un jour le titre de champion de France de VTT marathon. Éliminé sur un fait de course alors qu’il était en tête en 2016, sur le podium l’an dernier, le titre 2018 paraît dans ses cordes. «Un objectif vraiment réalisable», confirme Arnaud Rapillard. « Emeric fait partie des meilleurs Français sur le marathon, dans un bon jour il peut jouer la gagne. »

Dimanche, le Raid Evolénard (épreuve déjà remportée par deux membres de l’équipe avec Arnaud Rapillard et Johann Tschopp) constituera d’ailleurs une belle occasion de se mesurer à la concurrence avec un plateau de participants très relevé. «Les organisateurs ont accueilli deux fois le championnat de Suisse et ont réussi à fidéliser les meilleurs coureurs», constate Arnaud Rapillard qui espère un bon résultat, en équipe, sur ce parcours qu’il connaît bien. «C’est un avantage de rouler avec Emeric, car nous sommes très proches. Si nous ne sommes pas ensemble, il est soit juste devant, soit juste derrière», sourit-il.

ttps://bikinvalais.ch/f/wp-content/uploads/2018/06/SWTY-Mountain-Tschopp.jpg »> L’équipe SWTY Mountain Tschopp 2018 avec Arnaud Rapillard, Jeremy Gadomsky et Emeric Turcat (de gauche à droite).

[/caption]Dans le doute, si vous voyez un maillot noir « SWTY Mountain Tschopp », n’hésitez pas à l’encourager, même s’il n’est peut-être pas valaisan 😉 Le plus fair-play étant évidemment d’encourager tout le monde…

  • Écoutez l’entretien complet avec Emeric Turcat, réalisé lors de la présentation de l’équipe, le 7 juin 2018 à Sion.

Une place au soleil pour l’équipe SWTY Mountain Tschopp

Née en 2015 dans la foulée de la reconversion du professionnel sur route valaisan Johann Tschopp au VTT marathon, l’équipe qui répond aujourd’hui au nom de SWTY Mountain Tschopp s’est gentiment fait une place dans le milieu. « Avec les années, nous avons trouvé notre train-train quotidien. On nous reconnaît lorsque nous arrivons sur les courses, les gens savent que nous sommes sérieux, avec du bon matériel et des sponsors fidèles », relève Emeric Turcat avec le sourire. Une fine équipe qui montre que l’on peut-être sérieux, accessible et sympathique tout en obtenant de bons résultats.

Vous avez dit SWTY?

Le nouveau sponsor principal de l’équipe répond à l’acronyme SWTY, pour Swiss Typefaces, une entreprise de design spécialisée dans les police de caractères et basée à Veyey. Aucun rapport avec le vélo, si ce n’est la passion de son patron Ian Party. Une raison des plus valables pour soutenir l’équipe.

Joakim Faiss

Auteur : Joakim Faiss

Père de famille - Cycliste - Journaliste - Rédacteur en chef du Magazine Vélo Romand. Vélos actuels: Thömus Sliker (route), Rocky Mountain Element 970 (VTT), Specialized Diverge Expert (gravel), Specialized Crux (cyclocross), BMC Alpenchallenge (urbain). Bière préférée: Velosophe,Triple Karmeliet Pratiques: Vélo de route, cyclocross, VTT cross country, VTT marathon, VTT all-mountain. Où est le problème?

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