Ces derniers temps, la ville de Sion a rendu visibles certains de ses efforts pour promouvoir l’usage de la bicyclette. Les bandes cyclables se sont vêtues de rouge aux endroits délicats, mais cela reste de la peinture, qui ne protège pas de grand-chose, même si elle rend tout de même les cheminements cyclables plus visibles de tous et des automobilistes en particulier.

À certains endroits c’est plutôt bien, ailleurs cela ne fonctionne tout simplement pas. Comme en descendant depuis le pont du Rhône en direction des casernes. Tout le monde (BPA, TCS, Police…) incite les cyclistes à rouler au centre de la chaussée dans les ronds-points, pour prendre la place que personne ne leur donne, se rendre visibles et empêcher toute tentative de dépassement à cet endroit, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le pense, à l’intérieur du virage si vous êtes trop à droite, à l’extérieur (si, si, je vous jure) si vous être trop à gauche du centre.

Et là, on nous peint une bande cyclable qui force les usagers à rester à droite. Je suis passé à cet endroit des dizaines de fois avant de comprendre l’idée des planificateurs, en regardant dans le détail les images prises cette semaine: la bande est là pour inciter les cyclistes à monter sur le trottoir à droite. Ce dernier a d’ailleurs été rabaissé, même s’il reste un bout de bordure.

C’est la seule explication que j’ai pu trouver. Forcément une idée qui devait faire un joli dessin sur le papier.

Le problème, à l’usage, est que vous êtes en légère descente et atteignez facilement les 20-25 km/h à cet endroit. Même pour aller à droite je n’aurais jamais l’idée de faire ce virage brutal pour poursuivre sur le trottoir, surtout que c’est en principe interdit. Ici le panneau sur le trottoir l’autorise. Ce qui est d’ailleurs assez étonnant, vu l’étroitesse de ce trottoir un peu plus loin, avec un arrêt de bus à franchir. On veut « favoriser » les cyclistes, mais on pénalise les piétons. Ne touchons surtout pas à la place de la voiture! Et si la seule solution officielle est de mettre les vélos sur le trottoir, comment voulez-vous les empêcher d’utiliser spontanément cette solution là où ils se sentent en danger?

Eviter le marquage pour limiter le danger, un comble

Pour revenir à ce fameux marquage, pour tous ceux qui veulent continuer tout droit, ce qui est mon cas, il constitue un vrai danger. Pas plus tard que lundi matin, une auto était à ma hauteur une vingtaine de mètres plus tôt. Nous roulons côte à côte, je vérifie qu’elle ne mette pas son clignotant, on ne sait jamais. Ce n’est pas le cas, mais je reste méfiant. Et je fais bien, car l’automobiliste tourne soudain à droite, faisant bien peu de cas de ma présence. La peinture disparaît, le cycliste aussi, c’est bien connu.

Et là une question, ou plusieurs: pourquoi le marquage s’interrompt-il toujours là où l’on en a le plus besoin? Pourquoi n’est-il pas possible d’élargir le marquage plutôt que de le rétrécir? Pourquoi la seule possibilité d’être en sécurité sur un marquage « cyclable » est-elle de ne pas l’utiliser?

Pendant ce temps, Le Nouvelliste nous apprend que, non loin de là, le goudron de la route d’Aproz doit être refait sur 2,5 km pour un peu moins d’un million de francs. C’est bien connu, les voitures n’ont pas d’amortisseurs et les aménagements cyclables, on veut bien, mais c’est cher…