La loi fédérale sur l’aménagement du territoire date de 1979 et prévoit qu’il « convient notamment: de maintenir ou de créer des voies cyclables et des chemins pour piétons.»

Entre 1979 et aujourd’hui, rien de notable dans ce domaine en Valais. Les berges du Rhône me direz-vous? Même pas, il ne s’agit que d’une route cantonale interdite à la circulation motorisée, et encore pas partout et avec des exceptions. Et si les berges peuvent convenir aux loisirs, elles ne sont connectées à pas grand chose de valable si l’on souhaite simplement se déplacer à vélo.

Plus de 40 ans donc que l’Etat et les communes ne remplissent pas leurs obligations. Rien entre les villages de plaine, rien entre les gares et le centre des villes, un peu de peinture jaune sur la route cantonale, mais rien qui permette à qui voudrait le faire de circuler en sécurité à vélo, qu’il s’agisse d’aller à l’école, faire ses courses ou aller prendre son train.

Ce jour qui voit le lancement de l’Initiative vélo par un comité composé de représentants d’associations et personnalités politiques de diverses sensibilités est donc forcément un grand jour. Cette initiative populaire demande la rédaction d’une loi cantonale sur la mobilité cyclable quotidienne. Parmi les signataires: la conseillère aux Etats Marianne Maret et les conseillers nationaux Emmanuel Amoos, Christophe Clivaz et Philippe Nantermod. Tous s’accordent sur un fait: le Valais doit rapidement se doter d’un texte permettant au vélo de prendre sa place dans la mobilité combinée de demain.

La moitié des déplacements en Valais inférieurs à 5 km

Certes, le Valais a inscrit le cyclotourisme dans la liste de ses principaux axes de développement touristique. Mais la démarche de cette «Initiative cantonale ‘vélo’» est tout autre. Car comme l’explique la conseillère d’Etat Marianne Maret, évoquant la nécessité de mise en place de nouveaux modèles de mobilité, mais aussi l’urgence et le formidable potentiel du vélo en Valais: «La prise de conscience n’est toujours pas présente». En effet, les chiffres surprennent toujours. Pourtant ce sont aujourd’hui 71% des Valaisans qui vivent à moins de 2 km d’une gare, près de 50% des déplacements effectués à voiture en Valais qui sont inférieurs à 5 km, et près d’un jeune Valaisan sur deux (- 25 ans) qui ne dispose pas d’un permis de conduire.

«Prendre son vélo reste trop dangereux»

Des signes que le conseiller national Emmanuel Amoos juge révélateurs: «Je suis convaincu que les Valaisans·es sont prêts·es à faire le saut, à condition qu’on les y aide. Comment? En adaptant les infrastructures. Prendre son vélo reste trop dangereux. Les piétons et les automobilistes profiteront aussi des investissements consentis.» Car l’élu le précise, rejoint sur cette question par Philippe Nantermod: pas question d’opposer automobilistes et cyclistes. Tous ont leur place dans la mobilité combinée qu’il s’agit de mettre en place. «Il faut mettre fin à cette image du cycliste contre le reste du monde», lance le conseiller national chablaisien, qui va d’ici peu relier chaque jour son domicile de Vouvry à son lieu de travail, Monthey, à vélo électrique. En effet, nombreuses sont les communes à encourager l’achat d’un vélo électrique, mais sur le terrain, la qualité du réseau est peu incitative…

Un réseau de plaine et une stratégie

Quant à savoir si cette initiative constitue le bon moyen de faire avancer la cause du vélo, la députée Brigitte Wolf y croit: «Nous avons besoin d’instruments financiers pour le vélo. Il faut relier les villages de plaine avec des voies cyclables».

Et les initiants de citer nos voisins vaudois, où la conseillère d’Etat Nuria Gorrite annonçait il y a quelques semaines un crédit de 42 millions et une stratégie pour se donner les moyens, d’ici 2035, de rejoindre la ville de Berne, où 10% des déplacements se font en vélo.

Vous voulez soutenir l’Initiative vélo? Informations détaillées, dons et feuilles de signature sur le site de l’initiative: https://ini-velo-vs.ch