Voyage en train… et en Brompton

En cette mi-mars 2026, je me suis rendu en Suède pour un dernier hommage à mon ami Mats Ahlberg. J’ai un bref instant envisagé de m’y rendre en avion. Rapide, pratique, mais j’essaie d’éviter (j’y arrive plutôt bien, mais c’est juste pour ne pas dire que je ne prendrai plus jamais l’avion).

Le train, pas plus cher, mais bien plus compliqué

Quelques brèves comparaisons ont montré que le train ne reviendrait pas vraiment plus cher (en comptant le prix d’une voiture de location à l’aéroport et si je prends l’avion, ce n’est pas pour me traîner dans des bus à l’arrivée, non?), même si l’organisation et la réservation des trains allaient s’avérer bien plus compliquées. À mon avis, au-delà du prix, c’est bien cette complexité qui pénalise le plus le train dès que l’on quitte le pays.

Il m’a ainsi fallu utiliser pas moins de six plateformes différentes (CFF, Statens Järnväg – SJ, Railfinder.eu, Deutsche Bahn, ÖBB, Trainline) pour un aller entre Saxon et Borås (Suède) et un retour vers Valence TGV (pour la suite des vacances avec Caroline). Avec tous les soucis de remboursement en cas de retard ou d’annulation (jamais à exclure avec la Deutsche Bahn dans le paquet).

Voyager plutôt que se déplacer

Pourquoi le train alors? Parce qu’en train, on voyage alors qu’en avion, on se déplace. Pour un dernier adieu à mon ami disparu, je devais voyager. Comme quand nous étions gamins, dans les années 70 et 80. La Suède, c’était loin, le voyage long et fatiguant pour les petits que nous étions. Les retrouvailles toujours intenses, les départs douloureux et remplis d’émotions, comme si l’on ne se reverrait jamais tant la distance et le temps nous éloignaient à la fin des vacances.

Dans le train de nuit, un peu brinquebalant entre Hambourg et la Suède, j’ai ressenti cette distance, ce voyage, comme à l’époque (le train, qui n’a pas vraiment changé depuis, n’est pas pour rien dans ce sentiment). Le train vers la Suède est ma madeleine de Proust à moi. Depuis, j’aime les trains, les gares et les gens que l’on y rencontre. Une fois à bord, on peut bouger, se balader, profiter du Wifi, s’installer au restaurant en regardant le paysage qui défile tel un tableau derrière le vitrage. Pourquoi le train donc? Parce que j’aime ça, ce n’est pas plus compliqué.

Le Brompton, roi du voyage…

Le train me permet aussi d’emmener facilement mon Brompton, cette merveille de vélo pliable. Au moment où j’écris ces lignes, il est dans le compartiment à bagages au-dessus de ma tête dans le dernier train vers Borås. Hier, dans un compartiment à bagages de l’Intercity Bâle-Hambourg ou sous la couchette (j’avais réservé celle du bas) dans le train de nuit.

Vélo pliable et plié vu au ras du sol sur un quai de gare. Une sacoche bleue et un sac à dos gris sont posés à ses côtés.
Un vélo tout petit qui s’emmène partout.

Arrivé en Suède, j’avais un peu plus de trois heures à tuer à Alvesta avant le dernier train vers Borås. Assez pour une brève exploration des environs avec le vélo vite déplié. Une belle balade dans le Småland, la région d’origine de ma mère, ses fermes, ses lacs et ses forêts.

Maison en bois gris-bleu devant laquelle on trouve une série de boîtes aux lettres, dont une, rouge, avec l'inscription "Post".
Les charmes de la campagne suédoise autour d’Alvesta.

Paisible et reposant. Les trois personnes que j’ai rencontrées, à pied et à cheval, m’ont toutes salué, de même que les deux automobilistes croisés en chemin (je ne sais pas pour le troisième, car il m’a dépassé, soigneusement 😉 ).

Le Brompton, c’est la liberté. Il me suit dans les transports publics, s’y fait oublier avant de se déployer à mon service une fois à destination. À Borås, il me restait vingt kilomètres jusque chez les parents de Mats. Un ultime trajet pour lequel la bécane n’a pas failli. 

Roi du voyage, avec le train. 

Vélo pliable beige, vu depuis le côté gauche. Posé contre un poteau, il est équipé d'une sacoche bleue au-dessus de la roue avant, avec un manteau posé dessus. Un sac à dos gris est fixé au porte-bagages arrière. On devine une rue avec des autos stationnées à l'arrière-plan.
Paquetage complet (et il pourrait embarquer bien davantage) pour le Brompton et les vingt derniers kilomètres du voyage à l’arrivée en Suède.

Le voyage et ses trains dans le détail

Aller

  • Mercredi 11 mars, 8h: départ à vélo pour la gare de Saxon et un train à 8h24.
  • Saxon – Visp: rien à dire sur le train, à l’heure et à l’arrivée. Mais c’est durant ce premier trajet que j’ai reçu la notification de train supprimé entre Bâle et Hambourg. Gros coup de stress. J’appelle les CFF, comme indiqué dans le message. Mon interlocutrice n’est d’aucun secours: « Il faut vous rendre au guichet pour faire une nouvelle réservation. » J’ai beau avoir pris un train d’avance, cela risque tout de même de traîner un peu et moi de rater mon train de nuit au départ de Hambourg. Ça commence bien. J’étudie quelques variantes sur l’application des CFF avant de me renseigner auprès de deux agents CFF sur le quai à Bâle. Ils me rassurent: « Votre train n’est pas supprimé, mais part de Basel Bad, la première gare en Allemagne, plutôt que Basel SBB et vous pouvez prendre un train régional pour rejoindre Basel Bad. » Voilà. Cela a bien fonctionné et c’est la réponse que j’aurais dû recevoir du call center des CFF.
  • Visp – Basel: rien à signaler.
  • Basel SBB – Basel Bad Bf: quelques minutes de retard, mais pas de quoi rater l’intercité ICE pour Hambourg, surtout qu’il est annoncé avec un départ retardé de 25 minutes. Pourvu que cela n’augmente pas trop d’ici Hambourg, où j’ai certes deux heures de marge, mais où je dois aussi prendre un S-Bahn pour revenir à la gare de Hambourg-Harburg d’où part finalement le train de nuit pour la Suède. Une modification annoncée plus tôt durant la semaine, mais qui complique tout de même un peu le changement de train.
  • Basel Bad Bf – Hamburg Hbf: le train rattrape une partie de son retard, avant de reperdre du temps, mais cela ne dépasse jamais les 25 minutes initiales. Aucun souci donc. Je me suis offert la première classe pour un supplément de 15€ sur un billet à moins de 100€. La voiture est confortable, le personnel distribue du chocolat à intervalles réguliers et le repas (payant), choisi sur une carte bien fournie est servi à la place.
  • Hamburg Hbf – Hamburg-Harburg: je me serais passé de ce trajet en S-Bahn, mais c’était facile.
  • Hamburg-Harburg – Alvesta: un train de nuit, à l’heure, de la compagnie suédoise SJ, bien comme à l’époque. Je connais et dors très bien, pour me réveiller en Suède.
  • Alvesta – Borås: départ à l’heure avec SJ et rien à signaler pour cette dernière étape ferroviaire. Arrivée à Borås, le jeudi 12 mars à 13 heures.

Retour

  • Départ de Borås le samedi 14 mars à 7h59, à l’heure, avec la compagnie Västtrafik, pour Varberg.
  • Varberg – Copenhague: train flambant neuf de la compagnie Öresundtåget, parti à l’heure et arrivé avec quelques minutes de retard. Là aussi, j’ai de la marge et même le temps d’une balade à vélo jusqu’au port.
  • Copenhague – Pinneberg: un train flambant neuf, de la compagnie danoise DSB, vide en première (le supplément était là aussi ridicule), casse-croûte de bienvenue, café et thé en libre-service, journaux et distributeur de boissons, bonbons et barres chocolatées. Le luxe, avec un wifi qui fonctionne bien. Des sièges peut-être un peu durs à la longue. Plus durs que ceux du TGV en 2e classe 😉
  • Pinneberg – Hamburg-Harburg: là aussi, il faut prendre le S-Bahn pour traverser Hambourg. Aucun retard, mais après le luxe du train de la DSB, ce trajet métropolitain de près d’une heure est moins agréable. Mais c’est la quatrième connexion à l’heure aujourd’hui après Borås, Varberg et Copenhague.
  • Hamburg-Harburg – Offenburg: un voyage dans un nouveau train de nuit « Nightjet » de la compagnie autrichienne ÖBB. J’ai réservé une « Mini cabin », sorte de sarcophage individuel, efficace, mais moins charmant que les vieux compartiments à six places. Ces cabines sont petites, très petites (claustrophobes, passez votre chemin), mais confortables et bien pensées. Prise 220v, prise USB, emplacement pour chargement du téléphone par induction, ambiance lumineuse variable. L’espace de stockage pour les chaussures et celui des bagues sont aussi restreints. Ils se verrouillent par carte magnétique, comme à l’hôtel. J’ai pu entreposer mon vélo plié un peu plus loin, dans la voiture des places assises, et le sécuriser avec un câble-cadenas fonctionnant avec la même carte magnétique. Brillant. Le petit déjeuner était pas mal (deux petits pains, beurre, confiture, café) et servi 30 minutes avant l’arrivée. Les WC sont genrés et très propres, même à l’arrivée…
  • Offenburg – Strasbourg: départ à l’heure du TGV Inoui pour ce bref trajet. Seul problème, la composition du train est inversée par rapport à ce qui est indiqué en ligne (assez pratique quand tu t’attends à monter dans la dernière voiture et qu’il te fait rejoindre la première …) et le wifi à bord ne fonctionne pas.
  • À Strasbourg, du courant électrique dans aucune des douze prises de la salle d’attente sur le quai, mais un TGV qui part lui aussi à l’heure pour Marseille. Je m’arrête à Valence TGV, le dimanche 15 mars à 13h45, où Caroline me récupère. La suite en voiture jusqu’à Empuriabrava et quelques jours de vacances dans notre petit nid catalan.

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