J’avoue que je faisais partie des sceptiques lorsque les fondateurs de Komoot ont décidé de prendre le pactole en vendant la société à Bending Spoons, société connue pour prestement tailler dans les forces vives et les emplois. La merdification semblait assurée, alors que j’étais déjà critique envers le modèle d’affaires de la société qui consiste à utiliser les données des utilisateurs et faire payer ces mêmes utilisateurs pour utiliser les données qu’ils ont fournies…
Mais il y a quand même un côté très pratique et séduisant à cette plate-forme qui fait que j’y retourne toujours pour préparer certaines sorties, courtes ou nettement plus longues. Comme tout récemment, lorsque je me suis retrouvé entre deux trains à Alvesta (Suède), avec environ trois heures de libre, ou à Copenhague, avec un peu moins de deux heures. C’est vers Komoot que je me suis tourné, car les propositions d’itinéraires sont bien documentées en images, vite prêtes et faciles à suivre directement sur le téléphone.
À Copenhague, il m’a suffi de chercher « petite sirène » pour obtenir un itinéraire aller-retour depuis la gare principale. J’ai simplement déplié et enfourché mon Brompton pour aller me mêler à la foule qui avait le même but de visite que moi.
Avec un peu plus de temps, c’est aussi une application avec laquelle j’ai du plaisir à préparer mes sorties. Il est ensuite très simple de les partager, par exemple en les intégrant dans un blog, comme ici.
Avec l’arrivée de Bending Spoons comme propriétaire, plutôt connue donc pour tailler dans les effectifs et augmenter les prix sans trop améliorer le service, on pouvait émettre quelques craintes.
« Heatmaps » et filtrage amélioré
Force est toutefois de constater que la plateforme et l’application ont progressé par petites touches, parfois plus importantes. L’utilisateur reçoit des messages réguliers pour signaler les améliorations, ce qui évite de passer à côté de nouveautés parfois subtiles ou cachées.[Ajout du 21 mars 2026: les nouveautés sont aussi répertoriées sur cette page]. Parmi les plus notables, je signalerais l’arrivée des « cartes de chaleur », ou heatmaps, qui permettent de visualiser les itinéraires déjà empruntés, les vôtres, ou ceux de la communauté. Cela existait déjà sur Strava ou Ride with GPS, mais l’ajout est bienvenu. Associé à la vue Google Maps ou Trail View de Komoot, cela peut aider à ne pas se faire « komooter », c’est-à-dire envoyer dans des endroits pas forcément adaptés au vélo, ce qui arrive encore parfois.

Depuis peu vous pouvez aussi filtrer les itinéraires enregistrés et les activités terminées — les vôtres ou ceux d’autres utilisateurs — par sport, localisation, date, distance, dénivelé, et plus encore. Il est aussi possible de trier la liste ou de faire une recherche par nom pour aller droit au but. Et grâce à la vue carte, vous pouvez visualiser vos itinéraires enregistrés ou trouver votre prochaine aventure selon l’emplacement.
Lors de mon récent voyage en train, j’ai eu un peu de temps pour tester, en situation de voyage avec seul un téléphone pour tracer un itinéraire, ce que me proposaient différentes applications sur un parcours connu, avec très peu de variantes possibles. C’était en Suède, entre Borås et Dannike, où j’allais loger deux jours. J’ai utilisé les applications présentes sur mon téléphone et parfois un peu oubliées: VisuGPX, Géovélo, Cycle.travel, Ride with GPS et Komoot.
Le parcours témoin
VisuGPX
VisuGPX est difficilement utilisable « à la volée » sur un smartphone, car il faut savoir où l’on veut aller pour poser un point « à la main », là où les autres permettent de faire une recherche pour déposer une épingle, quitte à affiner un peu ensuite. Ce qu’il fait bien, à mon sens et en version « web », c’est le classement des itinéraires et traces dans des dossiers et sous-dossiers. Et l’affichage sur une carte de toutes les traces d’un dossier, avec un code d’intégration immédiatement disponible. Simple et efficace.

Geovélo
Geovelo permet de choisir l’itinéraire selon que l’on préfère le plus rapide, le plus sûr, ou une variante « touristique ». Pas mal. Mais, sur le téléphone, on peut uniquement générer un itinéraire à emprunter de suite, sans l’enregistrer pour un usage ultérieur (ou alors je n’ai pas trouvé, mais c’est possible dans la version « web » ). Sur mobile, c’est donc peu pratique, ne serait-ce que pour préparer son itinéraire au chaud, à la gare, et comparer quelques variantes. Mais je garde l’application, qui a d’autres atouts.

Cycle.travel
Cycle.travel est très efficace pour les longues distances. C’est aussi la plateforme que je préfère pour simplement indiquer une destination depuis l’endroit où je me trouve. Entrez le nom de la destination dans le champ de recherche au sommet de la page d’accueil de l’application pour smartphone, validez le bouton « End there » et c’est tout. Il n’y a pas d’interface lourde à charger (Komoot, je te regarde), ce qui est appréciable en voyage et vraiment rapide.

Ride with GPS
J’aime beaucoup Ride with GPS pour la gestion des traces et leur «manipulation», les collections d’itinéraires et le suivi du matériel. Mais pour l’inspiration et la création simple d’itinéraires, il est en retrait de Komoot. RWGPS a certes ajouté les images d’utilisateurs pour créer un équivalent du Trail View de Komoot, mais ce n’est pas encore ça.
Komoot
Le chargement de Komoot, peut être un peu lent, mais l’interface est soignée et les propositions avec les photos d’utilisateurs donnent envie de partir rouler tout en sachant un peu à quoi s’attendre en chemin.


En résumé, le plus souvent, j’utilise Komoot ou Cycle.travel pour planifier les sorties et RWGPS pour conserver les enregistrements. Mais il y a bien sûr des exceptions et le temps n’est pas encore venu de garder une seule application qui ferait tout à la perfection.