J’ai toujours eu du mal avec les « home trainers ». Déjà à l’époque où j’essayais de m’entraîner sérieusement, il me fallait déjà trois jours consécutifs de (très) mauvais temps pour que je daigne monter sur le «rouleau». Et encore, après 45 minutes, mes limites mentales sur cet engin de torture qui vous fait pédaler sans jamais avancer étaient atteintes. Franchement, l’inventeur de la bicyclette doit se retourner dans sa tombe. Un vélo qui n’avance pas, c’est insensé.

Voilà un peu plus de dix ans, je me suis même essayé au spinning, en salle, en groupe. J’étais moins en forme à 40 ans qu’aujourd’hui à 50 et il me fallait tout de même un peu d’entraînement hivernal pour espérer finir en avril le cadeau d’anniversaire de mon frère: une participation au Tour des Flandres, mémorable souvenir, humide et venteux, s’il en est. Mais le spinning, comment dire… Encore un vélo qui n’avance pas, malgré un cardio qui s’affole en hiver. Ce qui m’a achevé, je crois que ce sont les encouragements du moniteur: «Allez, allez, encore 500m avant le replat!» Autant je peux estimer une durée sur une telle machine, mais une distance alors que tu n’avances pas, c’en est trop.

Voilà pour mon expérience du surplace, encore plus limitée depuis que je me suis mis au cyclocross, quatre ou cinq ans plus tard. Autant aller se mettre à bloc dans le froid et la boue, c’est plus drôle.

Le seul rouleau qui ait vaguement obtenu grâce à mes yeux est le rouleau « libre », qui donne au moins l’illusion de la réalité avec cet équilibre précaire à maintenir. On n’avance pas, certes, mais on a tout de même l’impression de faire du vélo et il faut bien quelques séances avant d’espérer faire autre chose en roulant que de se concentrer sur cette activité instable. Mais cela reste un rouleau et je préfère toujours une heure de vélo sous la pluie ou dans la boue avec ma bécane de cyclocross à 30 minutes au chaud dans mon salon.

Tout ça, c’est ce que je croyais, mais c’est peut-être en train de changer, depuis que ma vendeuse de vélo d’épouse a ramené un home-trainer connecté. Tacx de son nom de famille. Neobike de son prénom. Il ressemble à n’importe quel ergomètre ou presque. Mais il est connecté et bardé de capteurs. Vous saurez tout de votre fréquence cardiaque, de votre puissance, de vos kilomètres et de votre vitesse. Même en n’avançant pas.

Une sortie sur les berges du Rhône, en Suisse, suivie d’une escalade du col d’Eze, sur la côte d’Azur, c’est possible en vidéo avec Tacx 😉

Il est surtout connecté à une plateforme en ligne. Comme Zwift (que j’ai essayé aussi, mais les types que tu traverses quand tu les dépasses c’est encore un peu trop « jeu vidéo » pour moi), mais avec des vidéos réalistes assez bien faites, sur de « vrais » parcours. Des films où l’on croit assez facilement que l’on avance, avec une simulation de l’effort et même des irrégularités du terrain très bien rendues.  J’ai ainsi réalisé quelques sorties, dans les Pyrénées, l’Aube, les Flandres, sur le col d’Eze et même dans ma région de Martigny, presque qu’un gag en soi. Cinq séances de « rouleau » en un mois, c’est presque un record dans mon cas.

Le seul souci lorsque j’ai fait ma sortie virtuelle dans les monts des Flandres, c’est qu’il faisait beau à l’écran. Et ça, ce n’est tout de même pas très réaliste…