…et sur Clavau aussi. Et je peux le prouver:

Voilà, j’espère avoir levé le principal reproche que m’avait fait un conseiller municipal de Sion après que j’ai très honnêtement avoué que je n’avais jamais ROULÉ (je n’ai pas écrit marché) sur les bisses de Lentine et de Clavau. Et pourquoi donc ne l’avais-je jamais fait? Car j’habite un peu loin de Sion pour partir depuis chez moi (compétitions mises à part, j’évite de prendre la voiture pour aller faire du vélo) et pour que ces bisses soient un but en soi après une journée de travail. J’ai mes incohérences (comme un porte-vélo sur un véhicule diesel, puisqu’on me le reproche aussi) mais j’essaie tout de même de rester conséquent avec moi-même et de l’employer un minimum. Le véhicule donc.

Alors voilà, non, je n’avais jamais roulé sur les bisses de Clavau et de Lentine avant la semaine dernière. Ni Montorge d’ailleurs. Pour certains, cela m’interdisait de m’exprimer sur une décision que je crains de voir se propager aussi dans ma région, déjà que cela a failli être le cas à Charrat.

Je vais donc m’abstenir de voter sur les Gripen, car je n’ai jamais piloté de jet. Et avec un passeport suédois, on va encore m’accuser de parti-pris. J’aurais aussi dû m’abstenir pour la LAT car je n’y connais rien en aménagement du territoire. Pour la lex Weber aussi, je suis un béotien complet en construction de résidences secondaires. Et puis on pourrait aussi interdire aux Suisses de s’exprimer sur la politique migratoire puisqu’ils ne sont pas migrants. Drôle de conception de la démocratie.

Le bisse de Clavau lors de ma sortie du 10 avril 2014.

Le bisse de Clavau lors de ma sortie du 10 avril 2014. J’y ai croisé une douzaine de promeneurs, tous très sympathiques.

Enfin bref, c’est fait. J’ai roulé sur les bisses de Clavau et de Lentine, et je trouve l’interdiction encore plus ridicule qu’avant. Ils se prêtent autant à la balade pédestre que cycliste et les douze marcheurs rencontrés sur Clavau, ainsi que les trois sur Lentine, n’ont jamais montré de signes de désapprobation. À moins que « bonjour monsieur », « bonne balade » et « bonne journée » ne soient devenues des insultes. Ceci dit, et tous les habitués avec qui je discute me confortent dans ce sens, ce n’est pas forcément une bonne idée de vouloir y aller à vélo un dimanche ensoleillé. On est d’accord. Il y a de toute manière des choses plus drôles à faire sur un vélo que d’en descendre et d’y remonter tous les dix mètres.

Le bisse de Lentine.

Le bisse de Lentine où j’ai croisé trois marcheurs.

Alors voilà, des citoyens ont lancé une pétition, la presse généraliste cantonale (ici aussi, mais l’article et ses nombreux commentaires pétris de bon sens est réservé aux abonnés) et romande, ainsi que la presse spécialisée ont relayé la problématique. Des vététistes qui venaient par groupes entiers en Valais chaque année ont déjà annoncé qu’ils iraient ailleurs s’ils rencontraient ce genre d’interdictions, de même que de nombreux Suisses alémaniques, friands de la descente depuis la Plaine-Morte jusqu’à Sion. À l’heure où l’on prône la diversification du tourisme estival, le Valais est en train de se marquer un bel autogoal grâce aux conseillers municipaux de la capitale qui sont évidemment d’éminents spécialistes du « mountain bike », et qui tous ont déjà circulé à VTT sur les bisses puisqu’il faut l’avoir fait pour avoir droit au chapitre.

Pendant ce temps, la pétition fait son bout de chemin, le conseiller général Lucien Combaz est intervenu au sujet de l’interdiction lors du Conseil général du 15 avril, n’obtenant que des explications qui semblent alambiquées et peu documentées.

Pendant ce temps toujours, Valrando et la Municipalité de Sion ont réussi à créer un problème là où il n’y en avait pas (en 24 ans de VTT sur les sentiers du canton, j’ai certes croisé des cyclistes irrespectueux, mais tout autant de marcheurs que ma seule présence dérangeait et qui ne me retournaient même pas le bonjour après que je suis descendu de vélo pour les laisser passer) et à bien échauffer les esprits. Des esprits échauffés qui ne manqueront pas de rouler à tombeau ouvert partout où il ne sera pas expressément interdit de circuler à vélo. Là oui, cela deviendra dangereux, avec des positions cristallisées et des interdictions qui s’étendront encore. Et Valrando aura bien réussi son coup.

Télécharger la pétition au format PDF –   Pétition pour une cohabitation respectueuse entre marcheurs et cyclistes sur les bisses (433 téléchargements)