Avec mon coéquipier et capitaine Amaël Donnet nous avons eu la chance d’enfourcher le tout nouveau BMC Speedfox SF01, en vente en 2015 et mis à notre disposition par la marque suisse, pour cette première Swiss Epic.

Le Speedfox SF01 avant le départ de la Swiss Epic.

Le Speedfox SF01 avant le départ de la Swiss Epic.

Lors des premiers essais avant la course, il s’était avéré d’une prise en main aisée et très rapide sur mes parcours d’entraînement habituels. Cela s’est rapidement confirmé en course, dès le prologue de Verbier. Monté avec un seul plateau Sram XX1 de 28 dents et des pneus renforcés, il affichait 11,7 kg sur la balance. Pas mal du tout pour un 29 pouces en taille L, avec mes pédales XTR. Retour dans le détail sur mon vélo de cette Swiss Epic 2014.

Un tout suspendu

Passé un certain âge, une évidence sur une course comme la Swiss Epic si on en a assez du tassement de vertèbres et que l’on souhaite apprécier à leur juste mesure les descentes, magnifiques. Certes, un semi-rigide sera à son avantage dans certaines longues montées, mais le prix à payer par ailleurs n’est plus le mien.

Le Speedfox permet de "lâcher les chevaux" en toute sérénité. Photo Sportograf.com

Le Speedfox permet de « lâcher les chevaux » en toute sérénité. Photo Sportograf.com

Pour jouer la gagne, ou un bon classement, sur une telle épreuve un tout suspendu de XC sera l’engin idéal, monté avec des pneus volumineux, pour la sécurité, et roulants. Comme des Conti X-King en 2,4″, qui permettront de rouler vite au plat et en bosse tout en lâchant les chevaux en descente sans crainte de taper la jante. Pour faire le parcours en mode « plaisir avant tout », un vélo « all mountain » comme ce BMC Speedfox est le meilleur choix. Avec un bon pneu volumineux et cramponné l’avant, vous passerez partout sans souci. Les sentiers valaisans peuvent être cassants, mais les organisateurs ne nous ont jamais envoyés dans les plus extrêmes, ou alors avec un portage obligatoire.

Fonctionnement général

Dans l’ensemble, rien à dire. Ou que du bien. Le vélo est vraiment à l’aise sur les terrains défoncés, en descente, mais aussi en montée ou à plat, comme sur un bisse truffé de racines. En montée raide, avec l’amortisseur (FOX CTD) en position «trail» il a juste un peu tendance à «s’asseoir» un peu. Sur la Swiss Epic, je me suis souvent retrouvé à monter en position «climb», soit avec l’amortisseur quasi bloqué alors que j’aurais préféré un peu plus de souplesse. Mais en position «trail», c’était un poil trop mou alors que la position «descend» me convenait très bien dans les dégringolades. Au pédalage dans les relances intermédiaires (sur une route 4×4 entre deux sentiers descendants, par exemple), cette dernière position rend toutefois le vélo très flou et mou de l’arrière.

Un vélo vraiment à l'aise sur les sentiers.

Un vélo vraiment à l’aise sur les sentiers. Photo Sportograf.com

Train roulant

Sur la Swiss Epic, je n’ai rencontré aucun problème, ni avec mes roues ni avec les pneus. Les jantes DT XM 1501 Spline One n’ont pas bronché après ces 400 kilomètres et 15’000 mètres de dénivelé positif et négatif (un poil de moins). Lors de la dernière étape, mon coéquipier a même roulé les quelque 5 derniers kilomètres en descente avec un pneu avant à plat. Résultat: pas une once de voile ni la moindre marque.

Au chapitre des critiques: la solidité de la roue libre DT dont un roulement a éclaté lors de la 3e étape, nous poussant dans une grosse galère. Peut-être un événement isolé, mais fâcheux tout de même.

Le roulement  du body, à l'origine d'une journée de grosse galère lors de la 3e étape, entre Leukerad et Grächen.

Le roulement du body, à l’origine d’une journée de grosse galère lors de la 3e étape, entre Leukerad et Grächen.

Le vélo de test est arrivé monté avec des pneus Continental Mountain King 2,2“ à l’avant et X-King 2,2” à l’arrière. Pour assurer le coup, j’ai gardé une monte similaire, mais avec un Mountain King 2,4 neuf à l’avant et un X-King 2,2, également neuf, à l’arrière. Le tout en « tubeless » et avec des modèles renforcés « Protection », pas fou le type.

J’ai finalement trouvé le X-King arrière un peu étroit et pas assez volumineux en 2,2″ pour rouler l’esprit totalement détendu et l’ai remplacé au soir de la 3e étape par un autre Mountain King 2,4. Un X-King 2,4 aurait été plus indiqué (la 4e étape et ses longues montées asphaltées l’ont confirmé à mes dépens), mais j’ai préféré monter un pneu que j’avais emmené plutôt que d’en acheter encore un.

Sur les bisses parsemés de racines, le tout suspendu permet de passerait sans trop se fatiguer et sans prendre de risques inutiles. Photo Sportograf.com

Sur les bisses parsemés de racines, le tout suspendu permet de passerait sans trop se fatiguer et sans prendre de risques inutiles. Photo Sportograf.com

Ce montage en Mountain King 2,4 à l’avant comme à l’arrière s’est par contre montré idéal sur les magnifiques sentiers, parfois très cassants, de la dernière étape. Un montage «all mountain» sans souci.

Il va falloir que je roule encore ces Conti sur mon vélo habituel, mais pas dit qu’ils parviennent à déloger mes Schwalbe Hans Dampfadorés…

Transmission

Le Sram XX1 a été une vraie découverte, agréable qui plus est. Aucun déraillement ni autre souci. Cette transmission m’a réconcilié avec Sram, dont je j’aime pas trop les manettes du X0, par exemple, même si j’adore le Grip Shift (si seulement les poignées d’origines n’avaient pas cette longueur ridicule).

La transmission XX1 permet de grimper partout,  ou presque, sans que cela ne soit pénalisant ailleurs. Et en tous cas pas sur les singletrails ou la piste de descente de Verbier...

La transmission XX1 permet de grimper partout, ou presque, sans que cela ne soit pénalisant ailleurs. Et en tous cas pas sur les singletrails ou la piste de descente de Verbier… Photo Sportograf.com

Le développement offert avec un plateau de 28 dents et le fameux pignon arrière de 42 permettait de passer partout ou presque, même si parfois, la fatigue aidant, j’ai regretté mon double plateau avec un plus petit développement de 22×36. Contrairement à mon coéquipier, je n’aime pas trop rouler en force et j’ai tendance à me fusiller si je dois pousser trop gros trop souvent et trop longtemps. Et sur la Swiss Epic, les raidards ne manquaient pas.

Suspensions

Rien à dire là non plus, je n’ai pas eu à me plaindre, ni de la fourche, ni de l’amortisseur. Comme évoqué plus haut, seule la position intermédiaire «trail» de l’amortisseur m’a paru un poil souple alors que les deux autres me convenaient parfaitement. Un réglage fin à trouver.

Freinage

Là, c’est un peu plus fâcheux. Le modèle de série est prévu avec des Sram Guide, dont était équipé le vélo d’Amaël. Le mien arborait encore des Sram XO, au toucher inégal et parfois spongieux, sans oublier les hurlements du disque. Pratique pour prévenir les concurrents en course, moins agréable lors de sorties individuelles dans la forêt. Honnêtement, j’ai regretté les XTR de mon all mountain habituel.

Selle et tige de selle

J’ai juste changé la selle pour un modèle évidé au centre, ma fidèle Pro Griffon que j’utilise depuis le début de l’année. Cette dernière a toutefois commencé à me paraître trop molle en fin de course, surtout lors des longues montées sans changer de position. À vérifier lors des prochaines sorties avec un arrière-train reposé…

La tige de selle suspendue (pas totalement indispensable, mais c’est tellement mieux avec) était la RockShox Reverb Stealth d’origine. Rien à dire sur le fonctionnement de la tige elle-même. Par contre, j’ai parfois trouvé le levier un peu dur à actionner (il faut vraiment le pousser à fond et, selon la position des mains sur le cintre, ce n’est pas toujours évident) comparé à celui de ma KS habituelle.

Alors, ce Speedfox, un vélo pour quoi faire?

Une machine à faire beaucoup de choses… Mais surtout du « vrai » mountain-bike, à la montagne. À l’aise en montée, sans être un pur crosseur tout de même, il excelle partout ailleurs, se fait oublier, met en confiance. Spécialement vif pour un 29“, il bénéficie de ses bases arrières très courtes et d’une potence également courte. Et à voir mon coéquipier de la Swiss Epic, Amaël Donnet, enchaîner les « nose turns » dans les épingles, bunny hops, wheelings et autres manuals, ce bike permet de bien s’amuser à son guidon.

Une semaine de plaisir au guidon d'un vélo rapide et passe-partout. Evitez juste de monter un pneu "lourd à tirer" à l'arrière si vous envisagez de longues montées sur du goudron. Photo Sportograf.com

Une semaine de plaisir au guidon d’un vélo rapide et passe-partout. Evitez juste de monter un pneu « lourd à tirer » à l’arrière si vous envisagez de longues montées sur du goudron. Photo Sportograf.com

Pour ma part, je n’ai jamais ressenti le besoin de davantage de débattement sur ce bike très équilibré et sain. Il va vite, tout en laissant une bonne marge de sécurité au pilote. Peut-être un peu «gros» tout de même (malgré ses tout petits 11,7 kilos) pour jouer le classement sur une course comme la Swiss Epic, il devrait faire merveille sur du terrain cassant à la journée, comme celui de la Transvésubienne, pour ne prendre que cet exemple. Pas au hasard.