Encore un retour en Suisse

Depuis quelques années, ma semaine de Carnaval rime avec camp de la Fédération cycliste valaisanne (oui, je sais, ça ne rime pas). Depuis trois ans, nous nous rendons à Empuriabrava pour profiter des routes assez exceptionnelles de la région de Rosas, avec des automobilistes tout ce qu’il y a de plus respectueux des cyclistes. Le climat est aussi plus propice au vélo, même lorsque ces vacances de Carnaval tombent très tôt, comme cette année. On passera sur l’hôtel, qui peut faire l’affaire pour un camp d’entraînement, mais que l’on peut éviter pour ses voyages privés, sauf si on aime se faire engueuler par les responsables de la salle à manger…

Le retour en Suisse est toujours assez rude, où l’on se rend compte que les cyclistes comptent toujours pour beurre.

Cette semaine, j’ai ainsi reçu une réponse de la commune de Vétroz, à qui j’avais soumis la question du non-déneigement des berges du Rhône sur son territoire.

C’était même un peu plus compliqué que cela.

À la notable exception de Leytron, aucune commune ne déneige correctement la route des berges du Rhône, cet axe cyclable national qui traverse tout le canton du Valais. Avec le redoux de foehn et de pluie du début d’année, le problème s’est réglé tout seul, sauf à Vétroz, où la commune semble tolérer la circulation automobile, pourtant interdite depuis plusieurs mois. Résultat: de la neige tassée qui se transforme en glace et ne fond pas, empêchant toute circulation des vélos à cet endroit.

La nouvelle patinoire de Vétroz début janvier (enfin, le 10, soit un mois environ après les dernières chutes de neige en plaine).

Assez étrangement, jusque là, c’était mieux…

C’est qu’il faut laisser passer les autos sur cette route qui leur est interdite?

Cette semaine, j’ai donc reçu la réponse de la commune de Vétroz. Qui me rassure un peu. Les autos ici, c’est bientôt fini.

La commune confirme aussi ne pas déneiger les berges du Rhône, mais pour le bien des cyclistes.

C’est vrai que quand tout est propre ailleurs, tomber sur ça témoigne d’une grande sollicitude…

Et on nous invite à emprunter la route cantonale, déneigée. Donc ça.

En hiver, ce tronçon est l’une des pires cochonneries du canton et c’est ce que l’on propose de mieux aux cyclistes? Il reste encore pas mal de chemin à parcourir pour pouvoir dire que le Valais est une destination accueillante pour ces usagers de la route.

Pour me détendre quelque peu après la réception de cette missive, même si j’apprécie que les autorités vétrozaines aient pris la peine de me répondre, j’ai enfourché mon Rocky Mountain (dont je vous reparlerai bientôt, mais qui est déjà à vendre, avis aux intéressés) pour une petite balade dans les Follatères.

Par endroits, le terrain était encore un peu humide, preuve s’il en est d’une météo plutôt maussade en ce début d’année. Les Follatères sont la plupart du temps une garantie de terrain sec. Mais en ce samedi de février, les traces de pneus étaient un peu plus nombreuses que d’habitude, aux côtés de traces de chaussures, également bien visibles.

Je me suis dit que certains marcheurs n’allaient pas apprécier certaines traces, celles des pneus, donc, même si elles ne sont pas plus moches que celles laissées par leurs chaussures. Et cela n’a pas manqué, je me suis fait interpeller sur Twitter le soir même, au sujet des “sillons creusés par les vélos et qui accélèrent l’érosion”. C’est bien connu, si tous les sentiers du Valais sont si bien marqués, c’est grâce (à cause?) aux vélos.

Et puis je suis passé ici.

Vu les ornières, il doit passer plein de cyclistes. Sinon, comment expliquer cette érosion?

Mais j’ai tout de même bien fait de sortir mon bike, il faisait beau, même si une légère brume troublait l’atmosphère… On ne parle pas de stratus et je ne vais pas oser me plaindre.

Avant de rentrer chez moi, il y a toutefois un autre truc qui m’a un peu chauffé, c’est la compagnie d’assurance qui privatise un bout de forêt publique sous prétexte qu’elle y a installé un parcours de sport.

L’autre panneau, qui limite l’accès d’avril à septembre, je le comprends tout à fait, mais je découvre que la Zurich n’aime pas les cyclistes.

Parce que, en dehors de cette période, ce n’est pas la place qui manque, non?

Donc, tu passes quand même, sans croiser personne et tu t’es fait plaisir. Et puis après, quand ton chemin passe par ici, franchement… On vit dans un beau pays.

Pas de chrono à battre, juste se changer les idées. Mission accomplie, bonne semaine à tous!

Joakim Faiss

Auteur : Joakim Faiss

Père de famille - Cycliste - Journaliste - Rédacteur en chef du Magazine Vélo Romand. Vélos actuels: Thömus Sliker (route), Rocky Mountain Element 970 (VTT), Specialized Diverge Expert (gravel), Specialized Crux (cyclocross), BMC Alpenchallenge (urbain). Bière préférée: Velosophe,Triple Karmeliet Pratiques: Vélo de route, cyclocross, VTT cross country, VTT marathon, VTT all-mountain. Où est le problème?

2 réflexions sur « Encore un retour en Suisse »

  1. Bonjour Joakim!
    Je suis nouvelle ici et ne connaissait pas Journal Rmand…et ça fait 60 ans que je roule…Habitant Martigny, il y a des jours où je n’ose pas sortir à vélo, les bandes cyclables sont trop souvent des dépôts de neige mélangèe à du gravier…et rester sur la voie des 4 roues est stressant. Alors je prends le train avec ma petite reine et vai rouler vers le Léman …. Merc de ce que vous faites!

    1. Bonjour Fabienne! Merci pour vos encouragement et bravo votre ténacité à rouler. Il reste tout de même quelques endroits tranquilles en Valais, et je ne perds pas espoir que cela s’améliore tout de même.

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