En 2014 tout le monde pouvait rouler à 80 km/h sur les berges du Rhône. En 2022, c’est toujours possible, il faut juste avoir une autorisation pour passer par là. Mais en principe, il n’y a plus trop d’automobilistes, même si l’on en croise encore quelques-uns (qui sont juste venus « promener le chien ») cinq ans après l’interdiction d’y circuler avec un véhicule motorisé (vélos électriques rapides compris, mais ça, c’est une autre histoire).

Entre Chamoson et Riddes, l’interdiction ne date que de quelques mois et je pense que cela rend les panneaux moins visibles. Ou alors on donne le permis à des aveugles. Je ne vois pas d’autre explication à la réponse que l’on me fournit souvent: « Quel panneau? Ah bon, je n’ai rien vu. » Pire encore ce matin, le passager me demande: « Mais alors pourquoi il y a un panneau qui indique la déchèterie? ». Comme je ne recule devant aucun sacrifice, j’ai pris le temps d’aller vérifier et d’arriver en retard au boulot: il n’y a pas de panneau « déchèterie » en arrivant depuis Riddes. Les aveugles sont assistés par des victimes d’hallucinations, tout va bien.

Un panneau, tout seul sur la droite de la route, c’est si difficile à voir? Ou arrêter de raconter des salades, c’est possible aussi?

Le conducteur en question, par ailleurs très sympathique, me dit encore: « Ah mais je ne suis pas le seul à passer par ici vous savez! » Oui, je sais, et j’aimerais bien que cela change, et rapidement. Parce qu’une collision dans le passage sous-voie pourrait avoir des conséquences assez dramatiques et que le risque est bien plus grand avec un engin motorisé qui obstrue tout le passage qu’avec un deux-roues de 80 cm de large.

Il ne croyait d’ailleurs pas si bien dire en affirmant ne pas être seul à passer par là. Pendant que nous échangions nos points de vue, un véhicule est arrivé en sens inverse, depuis Leytron ou Chamoson. Comme j’étais déjà un peu énervé, le conducteur en a pris pour son grade. C’était un local qui semblait ne pas ignorer l’interdiction de circuler à cet endroit. Mais qui s’en fichait pas mal de mettre autrui en danger. Il s’est toutefois fait tout petit et si je lui ai fait peur, franchement, je m’en fiche aussi.