«Nous mesurons la durée de batterie en mois, pas en heures.» À l’occasion de la sortie de la dernière montre d’Apple, Garmin a fait le malin sur Twitter. À sa place, n’ayant pas toujours été favorablement impressionné (je reste poli) par la durée de vie de ses appareils, je me tiendrais pourtant tranquille.

Je ne parlerai pas des logiciels équipant les appareils Garmin dont la facilité d’utilisation (quand elle n’est pas ruinée par une mise à jour au point que ma maxime est «ne mets pas à jour un engin Garmin qui fonctionne») fait peine à voir à la lumière des standards de la marque à la pomme. Non, le matériel et la politique après-vente de Garmin suffisent à mon malheur.

Au départ, comme je l’écrivais à l’époque, j’étais très heureux (et le suis toujours) de pouvoir enregistrer mes sorties avec un petit appareil GPS. Plus de câble, plus de diamètre de roue à rentrer, une carte de la sortie prête à la descente du vélo, c’est top.

Top, jusqu’à ce que le boîtier se brise. Impossible à changer pour Garmin (on parle d’un petit boîtier en plastique donc): il faut acheter un nouveau GPS. À l’époque, il s’agissait d’un petit Edge 500, pas trop cher, mais ennuyeux tout de même.

Top aussi jusqu’à ce que l’altimètre barométrique de ma Garmin Marq Adventurer se mette à délirer, au point d’afficher 1000 mètres de dénivelé lorsque je rentre du boulot entre Sion et Fully par les berges du Rhône (pour ceux qui ne connaissent pas, il doit bien avoir 50 mètres à tout casser). Et là on parle d’une montre reçue pour mes 50 ans et qui coûte 2500 francs. Deux mille cinq cents. Pas deux cents. Impossible à réparer (et surtout hors garantie vu que j’ai eu 50 ans en avril 2020). Il faut acheter une nouvelle montre, certes à prix réduit, mais il faut acheter une nouvelle montre.

Je n’ai jamais été «accro» aux données de mes sorties et roule par exemple sans capteur de puissance depuis toujours. Mais trois données m’intéressent: le temps, la distance et le dénivelé. Ce dernier étant systématiquement faux, c’est un peu (trop) embêtant pour que je passe dessus.

Je pourrais bien sûr corriger l’altitude après-coup, sur la plateforme Garmin Connect. Mais je devrais le faire au coup par coup (et couper le partage automatique vers d’autres plateformes), car Garmin n’autorise pas la correction automatique par son propre site des données fournies par un appareil à capteur barométrique, jugeant ces données plus fiables que celle des cartes. C’est certainement le cas lorsque le capteur fonctionne. Mais lorsque le matériel ne fonctionne pas chez Garmin, on ne peut pas compter sur le logiciel pour récupérer le coup.

Pour la petite histoire, l’écriture de cet article a commencé sur un iPad de 2018 et s’est poursuivie sur un MacBook Air acheté en janvier 2013. Et, voyez-vous, Garmin, des appareils que vous avez fabriqués depuis 2013 et qui ne sont plus trop utilisables (en restant poli), j’en ai malheureusement quelques-uns. Alors j’éviterais tout de même de trop faire le malin.

Parce que moi, je mesure la durée de vie de mes produits en années, pas en mois.