«Nouvelle vague de voitures aux Îles, à Sion», titrait récemment Le Nouvelliste. Ce domaine très agréable en été avec sa verdure et ses «gouilles», n’est pourtant éloigné que de trois petits kilomètres du centre-ville de Sion. Pourquoi ne pas s’y rendre à vélo, plutôt qu’en voiture? J’ai donc essayé, et ce n’est pas tout simple…

Je passe souvent dans le secteur des Îles, notamment lorsque je me rends au travail à vélo, entre Fully et l’hôpital de Sion. Mais je connais mal l’itinéraire «balisé» entre la ville et ce pôle de loisirs. Je me suis donc laissé guider au départ de la gare CFF.

À la sortie du parking «sud» de la gare CFF, on trouve quelques panneaux indiquant des itinéraires à vélo, dont un qui mentionne «Les Îles, 5km ». Le troisième qui indique la droite sur la photo. Très bien.

Mais cela se gâte déjà 5 mètres plus loin, où un petit panonceau indique qu’il faut aller à gauche à vélo. Pour quel itinéraire? Tous? Impossible de le savoir. Si j’en crois le picto « VTT », pour Anzère ça doit aussi être par là… Sans parler du danger de la traversée en question, dans un virage à gauche sans visibilité, à la sortie d’un passage sous-voie pour les automobilistes.

Mais bref, suivons le panneau… Je suivrai aussi les autres petits panneaux, en longeant la voie de chemin de fer, sur la rue de la Blancherie. Là, l’itinéraire est plutôt bien fait et permet de franchir en pont la très trafiquée rue Traversière. Cela se gâte un peu lorsqu’il s’agit de traverser la route de l’Aéroport où l’on nous invite ensuite à circuler sur le trottoir.

Ce dernier point est assez fâcheux et témoigne d’un manque d’ambition dans la réalisation des aménagements cyclables. La circulation des cyclistes est, à juste titre, interdite sur les trottoirs, mais quand on veut les faire passer à quelque part, on les met… sur le trottoir. Le danger des motorisés pour les cyclistes n’a pas à être reporté sur les piétons, c’est aussi simple que cela et ce n’est pas ce genre de solution finalement jugée acceptable par les autorités qui va dissuader certains cyclistes peu à l’aise dans le trafic de ne pas emprunter le trottoir ailleurs.

Plus loin, le long de l’aéroport et de la route des Ronquos, au débouché «Alpine Jet Service», la ligne de Stop est mal placée et devrait déjà se trouver avant le passage cyclable, qui mériterait au moins un « cédez le passage » dans les deux sens pour être tranquille. Quant aux potelets, peu visibles de nuit et dangereux pour peu que l’on circule à plusieurs cyclistes, c’est nul. Un marquage de la piste cyclable ne suffit-il pas à réfréner les ardeurs des motorisés? Ça devrait.

Jusqu’ici, nous sommes toujours guidés par un tout petit panonceau «vélo», sans autre indication, ni de destination ni de distance. Comme je connais un peu le secteur, je sais que je me dirige vers les Îles. Mais le touriste, comment fait-il? Et si j’avais voulu me rendre à Anzère, Châteauneuf ou Mont d’Orge comme suggéré par le premier indicateur à la gare de Sion, serais-je vraiment sur le bon chemin? J’en doute…

Mais je pense être «juste» et je poursuis avec la traversée non sécurisée de la route des Îles, la bien nommée.

Ensuite, c’est plus tranquille, sur une petite route de campagne. Après environ 2,8 km, je me retrouve devant cette barrière et ses indicateurs.

Et là, comme je connais un peu le coin, je me dis que «tout droit, ça va m’amener aux Îles». Mais comme je suis aussi un peu de mauvaise foi, mais que j’ai surtout décidé de tester le balisage en me mettant dans la peau du touriste qui débarque à Sion, je suis le petit panneau vélo, comme jusqu’ici. D’ailleurs, le panneau de départ indiquait 5 km pour les Îles, je ne peux donc pas déjà être arrivé.

Le panneau «vélo» m’envoie donc à gauche (toujours sans indication de destination), en direction des berges du Rhône, où le parcours goudronné prend fin, ce qui n’est pas idéal selon votre type de vélo ou en cas de météo défavorable, avec de la boue et des flaques énormes (vécu). Là, il y en a ensuite pour 1,5 km non goudronné en direction de l’ouest.

De retour sur le goudron, on se perd un peu. À la hauteur du restaurant des Îles, rien ne signale que nous sommes arrivés, ou pas (je n’ai d’ailleurs que 4,4 km au compteur alors que l’on m’en annonçait 5 à Sion). Je continue donc sur la berge du Rhône jusqu’au pont d’Aproz. Et là, le cycliste est livré à lui-même sur la route des Ecussons.

Je décide tout de même de «pousser» jusqu’au tout nouvel «Alaïa Bay», ce bassin de surf posé au milieu des montagnes, par la route d’Aproz qui s’avère être un véritable coupe-gorge pour les cyclistes. Circulation intense, à haute vitesse, absence d’aménagement cyclable, la priorité au trafic motorisé qui «envahit les Îles» dans toute sa splendeur valaisanne.

Au bout de mon petit périple d’un peu plus de 6 km (5 jusqu’à l’arrêt de bus des Îles, la distance indiquée au départ de Sion est donc correcte), le constat est assez mitigé:

  • Le balisage doit absolument être amélioré. Il n’est pas clair et c’est malheureusement le cas de la plupart des «itinéraires» vélo dans la plaine du Rhône. Comme pour le trafic motorisé, il faut des panneaux qui indiquent les destinations, avec les distances si possible. Sinon on peut aussi faire des économies sur les panneaux routiers…Ça vous dit ce genre d’indication?
  • Certains passages, comme les traversées de route, doivent être sécurisés. On parle ici d’un itinéraire qui devrait pouvoir facilement être emprunté par des familles avec des enfants, voire des enfants sans leurs parents, pour rejoindre un domaine de loisirs à moins de 5 km de la ville. En l’état, cela n’est pas possible.
  • Paradoxalement, la «sortie» de la ville, à l’exception de la première traversée de chaussée est plutôt bien pensée et plus rassurante que la suite du trajet où la place ne manque pas et où des aménagements de sécurité sont plus faciles à aménager.

Sion – Les Îles à vélo, c’est donc possible. Mais malheureusement pas encore pour tout le monde ni en toute sécurité.