Garmin «down». Si vous utilisez un GPS ou une montre de la marque, l’attaque informatique de ce géant des équipements de localisation la semaine dernière ne vous aura pas échappé. Aujourd’hui, tout semble rentré dans l’ordre, même si on n’est sûr de rien, la transparence et la communication n’étant semble-t-il pas le fort de Garmin. Le service après-vente non plus d’ailleurs et il n’a pas toujours été à la hauteur, dans mon cas du moins. Je me souviens ainsi de la proposition d’un « échange » payant pour un nouveau modèle plutôt que de remplacer un bout de plastique brisé.

Rien à voir avec le matériel cette fois, mais bien avec la partie logicielle. Toutes les données enregistrées sur votre montre ou GPS doivent transiter par le web et Garmin Connect avant que vous puissiez vraiment en faire quelque chose. Pas de synchronisation locale possible et c’est bien dommage lorsque les serveurs sont indisponibles plusieurs jours durant.

Cela dit, comme la plateforme Garmin Connect n’a jamais été un modèle de clarté ou de convivialité, la plupart des utilisateurs l’utilisent juste pour transférer automatiquement leurs données vers d’autres plateformes, comme Strava, Ride with GPS, Komoot et j’en passe. Dans ce cas, il est toujours possible de télécharger ses fichiers « à la main » vers ces sites, à condition d’avoir un ordinateur sous la main. Et encore. Certains appareils Garmin restent en effet « invisibles » pour les Macs. Il suffit certes d’installer le programme Android file transfer pour contourner le problème, mais ce n’est pas Garmin qui vous le dira. Nul, mais pas surprenant.

La « panne » de Garmin m’a toutefois mené à quelques réflexions et essais. Est-ce vraiment utile de télécharger toutes ses activités, même en les maintenant « privées » dans le « cloud », chez Garmin ou les autres? Cela simplifie la vie, peut-être. On obtient des statistiques détaillées de ses efforts quotidiens, hebdomadaires, mensuels, annuels. Certes. Et si vous vous y plongez régulièrement, par exemple pour parfaire votre entraînement, très bien. Ce n’est pas mon cas. Mais j’aime parfois bien partager mes belles sorties, comme j’aime bien m’inspirer de celles des autres pour découvrir de nouveaux endroits où poser mes roues. Mais pour cela un téléchargement « manuel » suffit.

Télécharger des fichiers vers Strava, Ride with GPS et Komoot

J’ai donc essayé. Avec Strava, Ride with GPS et Komoot. En me focalisant surtout sur l’importation manuelle de fichiers, la modification des informations (nom de la sortie, ajout de photos) et le partage de la sortie en question.

Les trois plateformes permettent facilement d’importer un fichier de données au format FIT (Garmin), GPX ou TCX. Ride with GPS se démarque en permettant de les importer par lots. Les trois permettent ensuite d’ajouter des images, avec un petit bémol pour Komoot, donc l’application mobile ne permet que d’ajouter une image à la fois. Rien de rédhibitoire, mais frustrant à la longue.

Le partage

Les trois applications permettent ensuite de partager votre sortie, directement sur diverses plateformes. Depuis l’ordinateur, Komoot offre le plus grand choix « immédiat » de possibilités, suivi par Ride with GPS. Avec Facebook, Twitter et un code d’intégration, Strava est le plus indigent. Pareil sur les applications mobiles iOS. Komoot et Ride with GPS se servent du partage intégré à iOS tandis que Strava utilise sa solution. Les cartes ou images avec les informations de la sortie en surimpression sont assez chouettes, mais cela reste assez limité tout de même. À relever aussi que Strava, au contraire des deux autres, n’offre pas d’application adaptée à l’iPad, tout se passe sur le téléphone ou l’ordinateur.

Voir les informations partagées par un lien

Et du côté de celui qui veut afficher le lien partagé? Chez Strava, point de salut si vous n’avez pas de compte chez eux, ce qui limite terriblement l’intérêt de ce partage. Komoot affiche un écran d’accueil presque vide et il faut le faire défiler pour accéder aux informations et photos. L’écran d’emblée le plus complet est proposé par Ride with GPS. Ensuite si vous voulez utiliser ces informations (télécharger le fichier GPX, imprimer la carte, …) il faut dans tous les cas disposer d’un compte et se connecter.

Le partage par code d’intégration

Avec Strava

Avec Ride with GPS

Avec Komoot

Avec Garmin Connect

Strava est bien celui qui donne le moins d’infos, et vous n’en saurez pas davantage si vous n’avez pas de compte Strava. Les autres sont bien plus complets, chacun à sa façon, Komoot cachant biens les infos sous le premier écran qui vous incite à vous connecter…

Les communautés

Partager c’est bien, mais avec qui? Les solutions de partage permettent de diffuser vos infos où vous le souhaitez. Mais si vos « amis » utilisent la même plateforme que vous, ce sera encore plus simple. Là, il n’y a évidemment pas photo. Tout le monde ou presque est sur Strava. En Suisse, Komoot semble séduire un public plus germanophone et l’absence jusqu’il y a peu d’une version francophone (elle existe aujourd’hui) de Ride with GPS explique en partie sa faible utilisation dans nos contrées.

En conclusion

Je me suis focalisé sur le téléchargement de fichier et la partage, sans chercher à détailler le fonctionnement et la « cible » de chaque plateforme. À la base, Strava est davantage orienté « performance », Ride with GPS vers la découverte et Komoot vers la création d’itinéraires, mais les trois ce rejoignent en certains points, avec leurs forces et leur faiblesses.

Si le plus important pour vous est de partager vos exploits avec vos « amis » sur une même plateforme, Strava reste le premier choix. Mais si vous préférez les faire découvrir à d’autres par un simple lien, via Twitter, Faceboook, votre blog, par courriel ou que sais-je encore, Ride with GPS me paraît plus complet et devance Komoot d’un cheveu.

Le plus dur étant juste de se décider, nous voilà bien avancés.