Les conducteurs de véhicules à moteur et le clignotant.

Il y a ceux qui ne le mettent pas. C’est pénible. Il faut deviner qu’ils vont tourner, te couper la route ou sortir du giratoire alors que tu t’es bien arrêté pour les laisser passer. Une plaie.

Et il y a ceux qui le mettent.

Parfois c’est bien. D’autre fois, ils se croient dans Koh-Lanta et prennent leur clignotant pour un collier d’immunité ou je ne sais quoi. Et vas-y que je te traverse la bande cyclable peinte en jaune ET rouge sans regarder, ou en regardant mais sans faire de cas du cycliste à ma droite. Et quand on le leur fait remarquer, même gentiment, la réplique fuse: «C’est quoi le problème, j’ai mis le clignotant!»

Ben le problème, justement, c’est que le clignotant n’a jamais dispensé personne de céder la priorité. Même si on pèse entre 1 et 20 ou 40 tonnes face au petit cycliste. Parfois tout petit, hein, il y a des enfants à vélo aussi.

Bref, ce n’est pas parce que tu as surmonté l’effort surhumain de mettre le clignotant que tu peux faire n’importe quoi. C’est comme les clignotants des deux côtés, les « warnings » ou feux de détresse en français. Détresse signifiant « situation périlleuse » selon mon dictionnaire, l’usage des feux n’est pas destiné à créer une situation périlleuse pour les cyclistes en stationnant sur les bandes cyclables.

Le professionnel qui « ne savait pas »

Pour revenir au simple clignotant pour couper la route au cycliste juste à côté, cela m’est donc arrivé à plusieurs reprises ces derniers temps. Dont une avec un chauffeur de camion qui avait « mis le clignotant » et avec qui la discussion est restée cordiale. Il a reconnu qu’il ne savait pas qu’il devait céder le passage à un cycliste sur une bande cyclable à côté de lui. Le gars était sympa, mais ça fait souci tout de même venant d’un professionnel de la route.

Celui qui croit savoir

Un autre, dans une grosse bagnole, avait aussi « mis le clignotant », mais m’a klaxonné et invité à « apprendre les règles de la circulation » après que je lui ai signifié, sans vulgarité, ma désapprobation.

Alors, pour ce qui est des règles de circulation, à force de côtoyer des motorisés conditionnés par bientôt 100 ans de «tout à la voiture» et un sentiment d’impunité mâtiné de loi du plus fort, je commence à les connaître pour m’y être bien penché dessus. Et pour la faire courte, au sujet des bandes et pistes cyclables qui longent la chaussée, les explications du TCS concernant les règles de priorité sont toujours ici.

Le TCS y rappelle ceci: «En obliquant à une intersection, j’accorde la priorité aux cyclistes et cyclomotoristes circulant sur une piste ou une bande cyclable qui longe la chaussée. La règle est la même lorsqu’il n’y a pas de bande ou de piste cyclable : le cycliste est prioritaire sur le véhicule qui tourne à droite.» Cela m’a l’air assez limpide, même pour le conducteur de gros SUV qui m’a dit d’aller revoir ces même règles…

Ce monsieur ayant ensuite klaxonné pour répondre à mon petit signe (sans vulgarité, je me répète) de la main, il s’est rendu coupable d’une seconde infraction, me semble-t-il.

Pas mal pour un type qui se croit au point sur les règles. Mais il avait mis son clignotant, voyez-vous.

40 ans d’inaction politique

Sinon, comme tout le monde se fiche de la peinture jaune comme de sa première paire de chaussettes, il serait agréable (en restant poli) que nos autorités fassent enfin ce que la LAT (oui, oui, la fameuse loi sur l’aménagement du territoire) leur impose de faire depuis 1979. Quarante ans de perdus pour le vélo et une mobilité active, non polluante et bonne pour la santé par la faute d’autorités qui ne font qu’à peine davantage que rien, cela commence à faire long.

C’est ici si vous voulez tout savoir.