Hier matin, j’ai eu de la chance, car j’aurais pu finir comme cette malheureuse cycliste, mère de famille, écrasée par un chauffard qui a eu “un petit moment d’absence” et qui s’en tire avec du sursis.

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Hier matin donc, à l’approche d’un rond-point, j’indique clairement que je vais tourner à gauche, car je sens bien que l’automobiliste qui me suit n’est pas trop décidé à rester derrière moi. Et j’avais raison: il me fait l’intérieur, pour continuer tout droit, coupant clairement ma trajectoire. Heureusement que je ne suis pas trop maladroit sur un vélo, sinon je pense que je ne serai plus là pour vous écrire.

Un témoin s’est spontanément annoncé et m’a encouragé à ne pas en rester là. Recherche du détenteur de plaques, coup de fil à l’entreprise qui me promet de sermoner son employé et de lui demander de me rappeler comme je l’ai souhaité. Ce qu’il fait en fin d’après-midi. Merci pour cela. Le conducteur du véhicule s’excuse platement: il ne m’a simplement « pas vu » (à 8h25 il fait jour et je suis encore éclairé), car il était “stressé”. Il se souvient par contre du bruit sur le côté (j’ai tapé sur sa vitre lorsqu’il m’a serré) mais n’a “pas osé s’arrêter”, toujours à cause du stress…

Bref, il s’en est fallu de peu pour que l’on ne doive déplorer un autre «accident» de la circulation aux suites potentiellement graves.

Les accidents sont des crashes, point

Et c’est là que je me dis qu’il faut juste arrêter de parler « d’accident ». Mon dictionnaire définit l’accident comme un «événement imprévisible malheureux». Alors quand on roule en réglant ses rétroviseurs, son siège, au téléphone, sans regarder, ni observer ou faire attention, que l’on est trop stressé pour conduire, les événements malheureux deviennent prévisibles. Et ce ne sont plus des accidents, terme qui qui laisse croire que les choses surviennent sans raison. Une sorte de fatalité liée à l’utilisation de la chaussée.

La voiture c’est dangereux et les «accidents» sont en fait des «crashes», comme pour les avions. Mais ça fait un peu trop peur aux vendeurs de bagnoles.

Et pendant ce temps, les sauvages, ce sont les cyclistes et investir dans le vélo est trop cher et superflu.

Mais, surtout, si vous voulez tuer quelqu’un, faites le avec une bagnole. Vous ne risquez pas grand-chose.