Un peu plus de 320 kilomètres selon mon itinéraire et deux étapes de prévues, l’idée étant de prendre ensuite le ferry pour l’île danoise de Bornholm. Seul souci, il part à je ne suis pas certain d’y être à temps et il faudra peut-être passer une nuit à Sassnitz. Dans mes souvenirs d’enfants, c’était un peu le port qui faisait peur…

Lorsque nous nous rendions en Suède avec mes parents nous passions parfois par Travemünde, où des ferries assuraient des liaisons directe avec le pays de ma mère. Et parmi les autres destinations, il y avait Sassnitz, ville portuaire alors située en Allemagne de l’Est. C’était un peu mystérieux et l’on ne pouvait (je dois admettre que l’on avait pas trop l’envie non plus) pas y aller. Va pour Sassnitz en 2022, mais je n’avais pas trop envie d’y dormir non plus, peut-être un peu pressé de revoir la Suède.

Jour 1 – Hambourg – Markgrafenheide

La nuit passée dans le train entre Bâle et Hambourg fut très bonne et conforme à mes attentes (je n’ai jamais eu de difficulté à dormir dans les trains, ni ailleurs d’ailleurs).

La vue depuis ma couchette, c’est une compagnie autrichienne qui exploite la ligne de nuit vers Hambourg…

C’est bien reposé que je me suis élancé pour la première étape du périple, qui devait m’emmener à Kühlungsbron, au bord de la mer Baltique. Une destination choisie un peu « au pif » et parce qu’il y a un camping selon cycle.travel.

De belles traversées cyclables pour sortir de Hambourg, mais toujours des bandes sur le trottoir.

A la campagne, toujours de belles pistes bien séparées du trafic motorisé.

Même les dégâts à la piste cyclable sont signalés…

Pour quitter Hambourg à vélo, vous n’échapperez pas aux « pistes » cyclables sur le trottoir, cela semble être une vraie spécialité allemande, car même dans les petites villages, les pistes cyclables magnifiques qui y mènent à travers la campagne finissent invariablement sur le trottoir. Cela implique:

  1. De ne pas être pressé, car il faut fait attention aux piétons et que le revêtement n’est pas toujours au top (souvent des pavés, plats certes, mais des pavés tout de même) et les bordures nombreuses.
  2. De prévoir des pneus assez volumineux sur votre vélo (mes 42mm gonflés à 3 bars environ étaient parfait), sinon les bordures précitées vous rendront fou.
    Ceci dit, cela permet surtout de rouler en sécurité, loin des voitures, et c’est bien appréciable aussi.

En quittant Hambourg, il faut bien rouler une vingtaine de kilomètres avant de se sentir un peu « à la campagne ». Ensuite on chemine en terrain plus vallonné que ce que l’on pourrait croire (plus de 1000 mètre de dénivelé sur les 200 km du premier jour), au milieu des cultures et dans un paysage tout ce qu’il y a de plus estival en cette journée ensoleillée. Toujours sur de remarquables pistes cyclables loin du trafic motorisé où le touriste apprécie les virages et mouvements de terrain que le pendulaire quotidien, plus pressé, maudira peut-être. La route des motorisés est toujours bien droite et plane, la piste cyclable suit davantage le terrain naturel, zigzague, monte plus haut que la route et descend plus bas…

Un peu de gravel, limite VTT (ce que j’avais demandé à Komoot)…

Et du vrai gravel.

Franchissement de l’ancienne frontière avec l’Allemagne de l’Est, une histoire pas si ancienne.

Komoot a bien fait son travail et comme j’avais sélectionné « VTT » comme type d’activité, j’ai droit à quelques « variantes » qui m’emmènent dans le terrain. Rien de méchant et tout à fait praticable en gravel (je m’y attendais, ne voyant pas ce que l’on pouvait faire d’un mountain bike dans la région, mais je le découvrirai le deuxième jour…) Je suis bien aidé par un vent favorable et les kilomètres défilent rapidement après un petit ravitaillement « boulangerie » qui me fera la journée.

L’église de Wismar.

Un peu de gravel avant Kühlungsborn.

La plage de Kühlungsborn.

Kühlungsborn, une station bien fréquentée.

Après un passage par Wismar, voici donc Kühlungsborn, que je pensais être un petit village côtier doté du petit camping qui va bien, et qui s’avère être une station balnéaire très à la mode à en croire l’affluence et les nombres d’hôtels et de bars le long du rivage. Le camping est une usine gigantesque et je songe toujours davantage à prolonger la journée à vélo.

Il n’est que 16h et il va encore faire jour un moment. Je décide de pousser jusqu’au camping suivant, à Markgrafenheide, environ 35 km plus loin. Ce sera parfait, avec le bon petit bistrot sur la plage pour recharger les batteries (les miennes, pas celles du téléphone).

Petit et grand bateau à Warnemünde.

Comme j’ai bien avancé en cette première journée, il ne reste plus que 120 km jusqu’à Sassnitz et l’idée de tenter de prendre le ferry de 11h50 se met à germer. Il faudra partir tôt, je vise 6h30, et ne pas trop traîner en route.

Jour 2 – Markgrafenheide – Bornholm

À l’heure du réveil, c’est le bruit de gouttes de pluie sur la toile de tente qui me tire de mon sommeil. Petits, puis plus présents, accompagnés d’un vent violent (toujours dans le bon sens, c’est la bonne nouvelle). Je retarde le pliage du camp et le départ se fait peu après 7 heures, ce qui me laisse 4h50 avant le départ du bateau, disons 4h30 le temps de trouver le bon quai et de dégotter un billet. Pour 120 km, ce n’est pas serré serré, mais pas si large non plus. Mais sur de belles pistes cyclables comme hier, ça devrait le faire.

Et là, durant les premiers kilomètres, sous une petite bruine matinale, j’ai maudit Komoot. Mais le problème était chez moi, vous expliquerai-je plus bas. L’application m’a envoyé dans une exploration de la forêt au nord de Rostock que ne renierait pas Mike Horn, en exagérant un peu. Et vas-y que je te fais découvrir de la piste forestière boueuse, sablonneuse, marécageuse, avant le marécage tout court.

Là c’était encore très bien, je n’ai pas fait de photo aux pires endroits, déjà pressé pour attraper mon bateau 100km plus loin…

Certes, c’était débroussaillé et il devait bien y avoir un chemin à cet endroit, mais au vu des miradors installés un peu partout, il devait surtout être utilisé par les chasseurs en saison. Moi, ça m’a surtout sali de partout et plombé la moyenne de la première heure avec 20 petits kilomètres parcourus, parfois sur le petit plateau et à plat. Le VTT, un fat bike même, n’aurait pas dépareillé sur ce premier secteur.

Un contre-la-montre matinal

Encore une fois, Komoot avait bien fait son travail, car j’avais, par inadvertance cette fois, laissé « VTT » dans les options. Je m’en suis un peu douté plus tard, évitant ensuite soigneusement les propositions un peu « ambitieuses » en cours de route. Le « timing » était devenu trop serré pour cela et le balisage des pistes cyclables « longue distance » bien suffisant pour se passer de GPS. Ce dernier (Komoot) me servira surtout pour vérifier ma moyenne, avec un calcul mental pour estimer mon heure d’arrivée. Ceci dit, Komoot le fait (l’estimation de l’heure d’arrivée), mais selon ses variantes de parcours et avec un calcul un peu pessimiste. J’allais plus vite que ce qu’il ne pensait, et heureusement.

C’est donc avec un sérieux retard que je devais finir l’étape et celle-ci se déroulera en mode « contre-la-montre ». Parti sans petit déjeuner, sans un regard pour les boulangeries, je me nourrirai de barres de céréales et d’eau. Tout juste un arrêt pour demander de l’eau à un sympathique voisin de la piste cyclable qui était dans son jardin. Il restait alors moins de 50 km, cela semblait à nouveau jouable, même si mon « sauveur » avait l’air de me trouver un peu « follo » d’aller jusqu’à Sassnitz à vélo…

Ouf, arrivé à temps pour l’embarquement à Sassnitz.

Les petits vélos dans le gros bateau…

Séchage des affaires un peu humides sur le pont du ferry.

Au revoir l’Allemagne…

Ce bidon d’eau fraîche, avec un petit gel, m’aura permis d’arriver à bon port et dans les temps. Le ferry avait même un peu de retard, mais ça c’était un peu difficile de le deviner. Je relève au passage l’importance d’avoir un peu d’électronique (et de batterie) avec soi, car sans smartphone, je n’aurais pas pu acheter de billet sur place (peut-être y avait-il un guichet ailleurs, mais la préposée au scan des billets n’en vendait pas, c’est certain). Petit coup de stress donc, pour acheter le billet sur le quai avec une bonne quarantaine de cyclistes déjà prêts à embarquer…

Quelques instants plus tard, le vélo posé à côté des autos, camions et camping-cars, c’est au bistrot que j’ai pu commander la première « Tuborg », l’autre bière danoise. L’Allemagne est déjà derrière, cap sur Bornholm, une île danoise perdue entre la Suède et la Pologne. Belle découverte en vue…

Débarquement sur l’île danoise de Bornholm tout soudain.