Lorsque nous partons en vacances en famille, c’est rarement sans nos vélos, de route, gravel ou VTT. Histoire de découvrir la région un peu en dehors des sentiers battus et, surtout, sans voiture. C’est tellement plus agréable et simple d’établir le contact avec la population en descendant de bicyclette que d’une voiture, de s’arrêter n’importe où et de découvrir des coins sauvages et des bistrots cachés où l’on reviendra en soirée.

La difficulté est bien sûr de préparer quelques itinéraires pour éviter les routes trop fréquentées, sans trop se perdre non plus.

Pour cela il y a les cartes papier, très utiles pour avoir une vue d’ensemble, mais moins pratiques à emmener avec soi et à sortir à chaque bifurcation. Nos petits ordinateurs GPS sont mieux adaptés à la navigation une fois la trace créée. Et pour ce faire, ce ne sont pas les applications qui manquent, le plus difficile étant de faire son choix…

Strava et Ride with GPS: tout bon pour la route

Pour le vélo de route ou le « gravel », ce n’est pas trop difficile et une plateforme comme Strava, forte de ses millions d’abonnés et de kilomètres parcourus fait le job sans trop de problèmes. Même sur un appareil mobile, il est très simple de trouver un parcours existant à proximité et de le modifier, mais aussi d’en créer selon différents critères. La condition est tout de même de savoir à peu près où l’on va. Idem pour l’autre plateforme que j’utilise régulièrement, Ride with GPS, qui est surtout meilleure pour la navigation une fois en route. Cela n’a toutefois que peu d’importance si vous chargez le tracé dans votre GPS habituel. D’autres sites, comme Komoot feront l’affaire, mais je n’ai pas essayé pour les parcours sur route.

Komoot pour le VTT?

Cette dernière plateforme se distingue par ses propositions de parcours plutôt « alléchantes » par leur mise en forme. Il est aussi très simple de modifier les parcours existants (notamment le point de départ) et d’inclure les « incontournables », ces attractions ou tronçons à parcourir (point de vue, attraction touristique, sentier remarquable…) et suggérés pas d’autres utilisateurs de la plateforme. J’ai toutefois galéré quelques fois à vouloir ajuster une trace sur l’appareil mobile et me suis souvent retrouvé à tout devoir recommencer. Dans tous les cas et avec toutes les applications, la préparation d’un itinéraire reste plus confortable sur un ordinateur.

Komoot semble aussi plutôt adapté à la découverte de tours typés « rando » que pour se lancer sur les « singles » les plus radicaux d’une région. Je trace ce qui précède, car lorsque vous préparez vos parcours « à la main », en incluant divers critères comme l’activité (VTT, VTT Enduro, forme physique…) Komoot n’hésite pas à vous envoyer dans des coins plutôt engagés, à la montée comme à la descente.

Sans oublier Trailforks, Alltrails, MTB Projetc ou Wikiloc

Cet automne, nous nous sommes retrouvés à Imperia, sur la côte ligure. Un peu plus à l’est, il y a Finale Ligure, la Mecque du VTT dans la région, où il n’y a pas besoin de trop se casser la tête pour trouver des parcours intéressants. Mais à Imperia, c’est une autre histoire. J’ai donc essayé avec Strava, Ride with GPS, Komoot, mais aucune ne semblait ne proposer de « vrais » tracés VTT, prêts à l’emploi (expérience faite, c’est un peu inexact, notamment pour Komoot, j’y reviens plus bas). J’ai donc poursuivi mes recherches avec Trailforks, Alltrails et MTB Project. On peut encore citer Wikiloc, mais je ne l’ai pas utilisé lors de ce séjour.

J’évacue MTB Project, qui ne propose rien à proximité immédiate, tout en paraissant nettement plus riche dans d’autres régions. Le premier, Trailforks, est vraiment bien pour dénicher les sentiers intéressants, avec des descriptions en général bien faites et actualisées, mais ne propose pas vraiment de boucles. On peut lui faire confiance pour des tronçons bien définis que l’on inclura en utilisant une autre application pour dessiner ses parcours. Comme Alltrails, à qui j’ai fait confiance pour tracer la sortie du premier jour (ci-dessus). Là aussi, des critères à définir permettent d’influencer les propositions. J’ai entré un point de départ, le point culminant et l’arrivée et j’ai obtenu un tracé assez épique, bien conforme à ce que j’attendais, même si les enfants ont moyennement apprécié les portages dans la broussaille et les ronces…

Je reviens à Komoot, qui m’a fait à peu près le même boulot pour un autre tracé, en privilégiant les sentiers, parfois assez rocailleux et cassants dans ce coin d’Italie, avec des portions montantes souvent très raides. Mais bon, j’avais mis « sportif » dans la définition de mon niveau physique.

Bien connaître sa plateforme

Ce que je retiens surtout de ces quelques expérimentations, c’est que le choix de l’application n’est finalement pas très important pour peu que l’on la connaisse bien, avec ses forces, faiblesses et possibles biais. De mon côté, j’ai un peu redécouvert Komoot avec ses présentations soignées des tours préparés ou effectués et je vais certainement participer davantage à l’enrichissement de la plateforme.

J’ai par contre rencontré quelques problèmes de guidage avec mon GPS, un Garmin Edge 1000, qui supporte mal les erreurs de parcours, m’enjoignant souvent (trop) à faire demi-tour plutôt que de recalculer l’itinéraire, par ailleurs peu lisible pour mes yeux faiblissants si je le compare à ce que je peux voir sur un téléphone avec n’importe quelle application.

Sur le terrain: mon Garmin me joue des tours…

J’en arrive ainsi au guidage sur le terrain. L’été dernier, entre la Suisse et la Catalogne, j’avais apprécié les instructions détaillées de Ride with GPS. Cet automne, celles de Komooot m’ont paru tout aussi remarquables dans le terrain tandis que mon Garmin pataugeait dans la semoule et que son affichage surchargé participait de la confusion. Mais ce n’est peut-être que moi qui ne sais pas lire, ou mon appareil qui « buggue », mon épouse trouvant que le sien fonctionne très bien. Comme pour les applications de traçage (Garmin a d’ailleurs la sienne aussi), le mieux est peut-être de bien connaître son matériel et de s’y tenir. Strava, par exemple, n’indique que la trace, sans instructions de guidage et c’est parfois presque plus simple, au moins sur la route.

Là encore, pour le VTT et mes parcours « découverte », j’ai envie d’explorer davantage la proposition de Komoot. Deux problèmes: il me faut un téléphone avec une meilleure batterie que mon vieillissant iPhone 7 et je ne sais pas si j’ai vraiment l’envie de soumettre un nouvel appareil aux vibrations d’un guidon de VTT. Peut-être que mon vieux téléphone avec une « coque batterie » pourrait faire l’affaire? Affaire à suivre.