Share this emailCopy the public link or share it on your favorite channel.
bikinvalais-bannerlogo-new
1500x500
La newsletter d'un type à vélo. Parfois cycliste aussi.
Merci cher·ère abonné·e de faire encore une fois bon accueil à cette lettre d'information.

Pour être libre, il faut avoir le choix


«Le vélo est déjà trop subventionné. Nous ne voulons pas imposer aux gens la manière dont ils doivent se déplacer, c’est une question de liberté.»

Je dois reconnaître à Henrique Schneider, secrétaire général de l’UDC Suisse, le courage de son affirmation totalement à contrecourant de l’assistance du Veloforum Suisse qui s’est tenu le 14 septembre dernier à Berne.

Je ne connaissais pas ce monsieur et, lors du débat avec des représentants de tous les principaux partis politiques du pays, j’ai d’abord cru que les organisateurs n’avaient trouvé aucun UDC et qu’ils avaient engagé un acteur pour jouer ce rôle tant il était caricatural. Mais monsieur Schneider a eu ce courage et cela avait le mérite d’être clair: l’UDC est contre davantage de sécurité et de confort pour les personnes à vélo et il n’y a rien à en attendre de ce point de vue.
Vue d'une salle de conférence avec plusieurs rangées de chaises occupés, de dos. Sur scène, un affichage géant "Veloforum". Sur la droite, en premier plan, une affiche qui rappelle l'objectif de doubler la part modale du vélo d'ici 2035.
Cela est évidemment dommage, tant il y a à faire pour attendre les objectifs que même l’Office fédéral des routes (OFROU) s’est fixé avec la «Roadmap Vélo»: doubler le nombre de trajets et les kilomètres parcourus à vélo d’ici 2035. Dans ce domaine, la Suisse part toutefois de tellement loin que, même si le canton de Berne, qui enregistre aujourd’hui la plus importante part modale «vélo» avec 11,4 % (chiffre 2021) atteignait cet objectif, il serait encore bien loin des Pays-Bas, avec 36 % ou de villes comme Copenhague avec plus de 50 % des déplacements réalisés à bicyclette.

On ne parle donc pas du Valais, avec ses maigres 2,4 % de déplacements à vélo.

Aujourd’hui, cette situation n'est guère étonnante, étant donné qu’il est deux fois plus dangereux de circuler à vélo en Suisse qu’aux Pays-Bas. Et cela n’a évidemment rien à voir avec les raisons souvent évoquées sur les réseaux sociaux, surtout par les personnes ne circulant jamais à vélo, comme quoi — je résume — les cyclistes n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes, car ils roulent n’importe comment.

Non. L’usage du vélo pour les déplacements quotidiens n’augmentera vraiment que lorsque les trajets seront sûrs, confortables et directs, pour des personnes de 8 à 80 ans. Trois moyens sont connus comme solution à chacune de ces exigences: des infrastructures, des infrastructures et des infrastructures. De qualité s’entend, car lorsque l’infrastructure contribue elle-même aux accidents, c’est le pompon.

Et si je peux vivre avec les théories de café «facebook» du commerce qui remettent toute la faute de ce qui leur arrive sur le dos des personnes à vélo, j’ai davantage de mal lorsque cela vient des autorités, de la police ou d’organismes de prévention, comme le Fonds de sécurité routière et sa campagne ignoble, qui rappelle juste aux usagers vulnérables qu’ils ne sont jamais en sécurité et qu'ils doivent tenter de limiter les dégâts aux-mêmes, ou arrêter de circuler à vélo.

Au chapitre des mesures individuelles, on a ainsi appris lors du Veloforum que la Confédération étudiait l’introduction d’une obligation du port du casque pour les usagers de vélos électriques «lents» limités à 25 km/h, dont ceux en libre-service. Comme si le port du casque avait déjà permis d’éviter un accident, ce par quoi on devrait commencer. Mais sur ce point, on a au moins pu mesurer la cohérence de l’UDC Henrique Schneider, opposé à une telle mesure pour des raisons de liberté individuelle. J'ai trouvé un point de convergence avec lui, mais pas pour les mêmes raisons ;-)

En attendant…


En attendant… on attend.

En septembre 2018 (huit ans déjà), la population suisse a plébiscité à 74 % la création de voies cyclables. Avec un tel score, le mandat est clair. La loi exige aujourd'hui des cantons et des communes qu'ils établissent leur planification d’ici fin 2027 et qu'ils réalisent ces voies d’ici 2042.

Ce n’est évidemment pas gagné, surtout que même l’OFROU qui dit vouloir jouer un rôle de modèle en la matière – sur les routes nationales – le fait très moyennement. Exemple à l’entrée de Sembrancher, où la réfection de la route nationale s’accompagnera de banales bandes cyclables là où la vitesse et le nombre de véhicules (20 000 par jour dans le seul sens montant à Martigny) exigeraient des pistes séparées.
Une conférencière, debout sur scène à droite avec plusieurs personnes assises à gauche. Elle projette une diapositive où l'on voit, côte  à côte,  une même route avec des autos et une cycliste. A gauche avec une bande cyclable, à droite avec une piste cyclable. La légende explique qu'une piste cyclable permet d'enregistrer 50 à 60% d'accidents e vélo en moins.
Aujourd’hui, même en attendant, le gouvernement n’ose même pas inscrire une distance minimale de dépassement dans la loi, alors que ces manœuvres par les motorisés comptent parmi les principaux problèmes auxquels sont confrontées les personnes à vélo. Selon une étude de l’ATE, même les cyclistes circulant avec une remorque pour enfants sont, dans la majorité des cas, dépassé·es de trop près. Résultat: l’insécurité sur la route empêche une grande partie de la population de choisir le vélo. Vous avez dit liberté?

Il en va exactement de même pour les enfants sur le chemin de l’école. Une étude de l’ATE réalisée à Genève révèle que 14 % des enfants aimeraient aller à l’école à vélo, alors que seuls 4 % le font. Pour la trottinette, l’écart est de 13 % contre 3 %. Trop souvent, les conditions de circulation empêchent les enfants de se déplacer comme ils le souhaiteraient et 41 % des parents jugent le chemin de l’école de leur enfant dangereux.

Alors non, le vélo n’est pas trop subventionné, vu que ce sont ses usagers et les piétons qui «sponsorisent» les motorisés dans notre pays. Et, si l’on parle de liberté, ce sont bien les personnes qui souhaitent se déplacer à vélo qui en sont privées, faute de la sécurité que leur procureraient des infrastructures aujourd’hui inexistantes ou déficientes.

Ne nous trompons pas de priorités.

À bientôt, peut-être à vélo, tout de même!

Joakim

Les derniers articles sur le blog

«Dangereux», le mot juste pour des aménagements «non cycloconformes»

Gros-plan serré sur une bordure en pierre, deux fois plus haute qu'une pièce de deux francs suisses qui donne l'échelle.
Les ingénieurs sont un peu comme les médecins. Ils utilisent des termes savants pour désigner des choses simples : les médecins disent «réséquer» pour «couper» ou «céphalée» pour «mal de tête». Les premiers, s’agissant du vélo, aiment bien dire que les aménagements sont «cycloconformes», ou pas. «Cycloconforme». Un joli mot pour désigner un aménagement adapté au vélo. Dans le cas inverse, …

-> Lire sur le site

Sembrancher: 600 mètres de nouvelles bandes cyclables

La largeur actuelle des voies permet cette adaptation tout en respectant les dimensions minimales nécessaires à la circulation. L’objectif est notamment d’améliorer la sécurité des cyclistes. Pourquoi se contenter de bandes cyclables alors que la place ne manque pas pour une ou deux pistes protégées. Bien plus sûres que de la peinture pour protéger les personnes à vélo de véhicules, …

-> Lire sur le site

Qui occupe vraiment la route?

Travail intéressant de la SRF qui analyse la répartition de l'espace routier par mode de transport. Il n'y a pas de surprise, c'est bien l'automobile, le vélo étant vraiment le parent pauvre de la mobilité quotidienne en Suisse. La place accordée au vélo est inférieure à celle du stationnement automobile sur la voie publique....

-> Lire sur le site
Infographie basée sur une vue satellite d'une rue résidentielle. Elle montre une intersection avec des voies séparées et des zones dédiées : trottoirs, pistes cyclables et parkings. Le texte accompagnant la carte explique l'organisation des différents types de voies.

Autoroute fermée, cyclistes en danger

Une route avec une colonne de voitures sur la droite. Elle est entourée de verdure, avec des arbres à droite et un pylône sur la gauche. Au fond, on distingue des montagne sous un ciel légèrement voilé de nuages.
Deux jours de suite des automobiliste ont provoqué une collision sur l’autoroute dans la région de Sion, fermeture de cet axe de circulation à la clef. On souhaite bien sûr un prompt rétablissement aux personnes blessées. En tant que personne à vélo on déplore aussi que le problème des motorisés devienne celui des cyclistes. L’autoroute étant fermée, la circulation se …

-> Lire sur le site

Quand tu dépasses un cycliste...

... assure-toi de pouvoir rester devant. Au printemps et en automne, je fais partie d’un groupe d’entraineurs de VTT au sein du Vélo-Club Excelsior Martigny et environs. Parmi les conseils généraux que je donne volontiers aux jeunes, à demi-sérieux: « Quand tu dépasses un autre cycliste, peut-être pour faire un peu le malin, il y a deux règles à respecter: dire …

-> Lire sur le site
Une chaîne de montagnes derrière une vallée avec une rivière recouverte d'une brume blanche et basse. Au premier plan à gauche, des arbres en silhouette sombre cachent partiellement la vue, avec la lumière du soleil filtrant à travers les feuilles. Une route goudronnée part du coin inférieur gauche et mène vers la zone brumeuse. Le second plan montre des arbres et des buissons verts émergeant d'une épaisse couche de brouillard sur un champ. Des poteaux électriques avec des câbles sont visibles contre le pied des montagnes, qui s'estompent dans un bleu brumeux sous un ciel clair.

Route - Le col du Lein

Une cycliste sur une route de montagne, vue de l'arrière et à distance, en légère contre-plongée. Un rocher ombragé se dresse sur la gauche de la route, qui est au soleil avec un virage à gauche. La cycliste longe une glissière de sécurité, sur fond de montagnes sous un ciel bleu.
Celui-ci, je l’aime beaucoup, mais je n’y vais pas assez souvent. Il se dresse pourtant bien en face de chez moi et je ne peux pas le manquer dès que je quitte la maison. Comme dans le numéro 26 de cycle! magazine, sous la plume de Sébastien Terrettaz, que j’ai accompagné pour les images (aperçu ici). Situé du côté ombragé …

-> Lire sur le site

VTT - Le tour du Grand-Chavalard

Avec ce compte rendu de sortie, j’inaugure une nouvelle rubrique sur le site: Traces et balades. Ce sera parfois court, parfois plus long, l’idée étant de revenir sur des sorties que j’ai bien aimées pour différentes raisons. Je trouvais aussi dommage d’alimenter uniquement Strava, Komoot ou Ride with GPS avec les détails et images de nos sorties alors que ces …

-> Lire sur le site
Paysage de montagne comprenant des sommets rocheux, un lac et une personne à vélo sur un sentier. Sur la droite, un chemin de terre serpente le long d'une pente verdoyante parsemée de rochers et de petites fleurs jaunes. Une personne circule à vélo sur ce sentier en direction du haut de la colline. À gauche, un lac bleu se trouve au pied de montagnes escarpées pré présentant des zones de neige ou de glacier. Le ciel est d'un bleu profond avec un petit nuage blanc isolé au centre.

Quand c'est Ride with GPS qui te "Komoote"

Cycliste en bleu sur une sentier de montagne, avec un lac bleu en contrebas et des montages enneigées à l'arrière-plan.
Ou quand Komoot sauve ta sortie, après que Ride with GPS t’a envoyé n’importe où. Les utilisateurs de l’application de planification (entre autres) d’itinéraires Komoot connaissent certainement l’expression «se faire komooter», qui décrit le moment où l’algorithme décide de vous faire passer par un chemin impossible. Trop raide, interdit, disparu, inondé, trop difficile, la liste peut être longue. À sa …

-> Lire sur le site

Valais cyclable: un constat sévère, mais teinté d'espoir

Hasard du calendrier: c'est le lendemain de la publication du Prix Vélo Villes de PRO VELO Suisse que le spécialiste et auteur Stein van Oosteren était l'invité de PRO VELO Valais à l'occasion de sa conférence annuelle, à Sion. Une conférence précédée durant l'après-midi par une "visite diagnostique" de la ville de Sion, avec un constat aussi sévère …

-> Lire sur le site
Une rue urbaine entourée d'immeubles, avec une voie de bus vide, avec de nombreuses autos sur la voie adjacente à un carrefour réglé par des feux de circulation, au vert. En face, des bus arrivent en sens inverse.

A l'agenda

Petit point non exhaustif des événements "vélo" qui nous attendent ces prochains temps. Cochés en vert, ceux où je serai présent, pour rouler ou pour aider et pour ne pas oublier...
  • Vélifestation à Sierre - Jeudi 24 septembre - 18h - Place de l'Hôtel de Ville. Manifestation autorisée par la police.
  • Ride the Alps Val de Bagnes - 26 septembre 2026
Partagez cette newsletter avec vos amis!
Uniquement les derniers articles du site bikinvalais.ch. Pas de spam, promis!
nevache
Retrouvez moi sur ces sites et réseaux sociaux!
website custom custom custom custom custom 
bikinvalais.ch | joakim.faiss.com | Mastodon | Pixelfed |
Komoot | flux RSS
Email Marketing Powered by MailPoet