Il est un peu plus de 10h en ce dimanche matin du 19 juin 2022 lorsqu’une bouteille d’humagne rouge atterrit sur la table du ravitaillement à l’Arche des Crétillons. L’heure n’est pas très avancée, mais c’est déjà le deuxième « ravito » de la Via Gusto Lungo de la Nova Eroica Switzerland. Le peloton a parcouru plus de 15 kilomètres au guidon, le plus souvent, de vélos « d’époque » et avec la tenue qui va avec. Alors on fait comme à l’Eroica Gaiole, en Toscane, là où tout a commencé et où le Chianti coule à flots dès le matin.

Dans les vignes de Salquenen.

Point de Chianti en Valais, mais des paysages somptueux, des petites routes en gravier, le long du Rhône ou dans le vignoble, connues des seuls initiés. Et des produits locaux bien sûr, qui n’ont rien à envier à leurs homologues transalpins. Tartelettes à Grône, assiette valaisanne l’Arche des Crétillons, Cholera à Salquenen, raclette à Chippis, soupe à Granges, le tout arrosé de crus locaux si souhaité… Il est parfois difficile de se ravitailler en course. À la Nova Eroica Switzerland, c’est tout l’inverse. Nous sommes au lendemain des compétitions Via Rodano et Via Alpina et tout le monde est un peu moins pressé, même si les compétiteurs ont aussi eu tout loisir de profiter du paysage, somptueux, entre les tronçons chronométrés.

L’Arche des Crétillons et le second ravitaillement ne sont plus très loin…

Mais le dimanche, c’est plus « chill », c’est certain. Notre petit groupe n’a pas d’horaire à tenir et n’hésite pas à faire trempette dans un petit affluent du Rhône à la hauteur de Salquenen avant de mettre le cap sur le ravitaillement de la cave Mathier & Bodenmann. La chaleur commence à produire ses effets. Fort heureusement, les derniers ravitaillements à Chippis et à L’ho’ho’ho de Granges permettent à chacun·e de reprendre les forces nécessaires pour longer le Rhône jusqu’à Sion, toujours sur des chemins inédits pour la plupart d’entre nous.

Un peu de fraîcheur le long du Rhône entre Sierre et Salquenen.

La moyenne, pas « ouf » s’établit à 21,2 km/h en déplacement, mais nous sommes restés arrêtés plus de quatre heures sur un total de sept… Et comme rien ne permet de mesurer le plaisir du partage d’une belle journée de vélo « vintage », il faudra revenir l’année prochaine pour se souvenir à quel point c’était bien. Tout comme il faut de temps à autre retourner à Gaiole, pour tout de même retrouver le goût du Chianti…


Un organisateur satisfait

Avec quelque 440 participants sur les deux jours (compétition « gravel » le samedi et balades gustatives « vintage » le dimanche), la participation était assez identique à l’année passée», relève l’organisateur Grégory Saudan, dans Le Nouvelliste. « J’ai surtout constaté que le gravel se développe très bien. Ils étaient quelque 250 inscrits sur ce terrain. Il y avait beaucoup d’étrangers, des Américains et des Brésiliens, notamment, qui raffolent de cette pratique. La plupart d’entre eux étaient en Valais pour la première fois. Ils ont adoré. Globalement, les cyclistes étaient très satisfaits des parcours. » -> Lire gratuitement l’article.