Votre serviteur dans la montée dur l'A Vieille lors du Grand Raid 1992 entre Verbier et Grimentz.

Votre serviteur dans la montée dur l’A Vieille lors du Grand Raid 1992 entre Verbier et Grimentz.

« Faites comme je dis, mais pas comme je fais », pourrais-je écrire. Depuis mon premier Grand Raid, en 1991, j’ai commis à peu près toutes les erreurs que je vous suggère d’éviter ci-dessous.

1. Entraînez-vous!

Les temps héroïques des premiers Grand Raid (encore Cristalp) sont révolus et l’on ne voit plus guère des vélos militaires ou droit sortis des cartons lors du contrôle technique. Chacun sait, à peu près, où il met les pieds et c’est tant mieux. Mais le Grand Raid porte bien son nom et les kilomètres accumulés à l’entraînement ne seront jamais de trop. Autant mettre toutes les chances de votre côté avec un entraînement adapté. A quelques semaines de la course, il est un peu tard pour tout chambouler. Une course de cette ampleur se prépare dès le début de l’année. N’hésitez pas à faire un test d’effort et à investir dans un plan d’entraînement réalisé par des spécialistes, comme ceux d’un Swiss Olympic Medical Center. C’est ainsi que j’ai obtenu mes meilleurs résultats. Aujourd’hui, je suis moins discipliné…

2. Entraînez-vous au portage

Lorsque vous n’en pourrez plus, le Pas de Lona se dressera devant vous. Portage obligatoire pour 20, 25, 30, 40 minutes et pas vraiment le moment de rechercher la meilleure technique de portage. Autant l’expérimenter avant et ne pas devoir changer de position tous les dix mètres. Certains préfèrent porter, d’autre pousser là où c’est possible. C’est mon cas, je me dis que l’on a justement inventé la roue pour éviter de soulever des charges inutilement.

3. Travaillez votre technique

Le parcours du Grand Raid n’est pas le plus cassant qui soit, loin de là. Reste que certains passages peuvent être piégeux et une bonne technique vous permettra parfois de rouler là où d’autres descendent du vélo. La maîtrise du surplace peut aussi rendre service par moments, notamment dans la traversée du Mandelon à certaines heures. Une bonne technique facilite aussi le pédalage en terrain difficile et limite la dépense d’énergie.

4. Ravitaillez-vous régulièrement

Avec un Camelback, la pipette est toujours à proximité et reste propre.

Avec un Camelback, la pipette est toujours à proximité et reste propre.

Autre évidence, que l’on oublie parfois dans le feu de l’action. Un Camelback reste une solution de choix si vous ne disposez pas d’une armée de ravitailleurs sur le parcours. Le sac à boisson permet en outre de boire plus régulièrement et en prenant moins de risques qu’un bidon qu’il faut attraper et remettre en place. N’hésitez pas à vous arrêter aux ravitaillements officiels, quinze secondes qui vous semblent perdues seront un bon investissement pour la suite…

Encore quelques conseils sur l’alimentation.

5. Pas d’expérimentation avec la nourriture

Parfois il n’y a pas le choix. Mais, dans la mesure du possible, essayez de ne manger et boire que des aliments auxquels vous êtes habitués. Tester un nouveau gel le jour de la course n’est pas forcément une bonne idée.

6. Préparez votre vélo avec soin

Une évidence là aussi. Rien de plus énervant qu’une chaîne qui saute, des plaquettes qui frottent ou une crevaison en raison d’un pneu trop usé. Et je sais de quoi je parle… Le contrôle technique peut être utile, mais personne ne va régler la fourche ou les freins à votre place.

7. Connaissez votre matériel

Là encore, faites comme je dis, mais pas comme je fais… En 1996, j’ai pris le départ le dimanche avec des pneus testés durant une heure le vendredi soir. Heureusement, tout s’est (très) bien passé. Le parcours du GR est plutôt roulant, avec de longues portions goudronnées. Mais il peut parfois être piégeux et les conditions varier fortement entre le très sec et le très humide. Autant partir avec des pneus que l’on connaît bien.

Ce qui est valable pour les pneus l’est aussi pour les changements de vitesses, les freins, et le vélo en général. On doit pouvoir le piloter les yeux fermés, sans devoir s’habituer à de nouveaux leviers de vitesses ou à un freinage différent.

Encore quelques conseils par ici.

8. Trouvez votre rythme, votre tour viendra

« Votre tour viendra. » Une phrase piquée à Georges Edwards, un jour de Transvésubienne. Les montées sont bien assez longues pour mettre chacun à sa place et les descentes offrent en général assez de place pour passer. N’oubliez pas que ce sera long, parfois dur, vous connaîtrez des coups de barre, serez tentés par l’abandon… Faites votre course et pas celle des autres, c’est déjà assez long comme ça.

9. Ne vous énervez pas

Il y aura parfois des bouchons, des ralentissements. Mais les cyclistes devant vous ne font pas exprès de vous bloquer, ils sont aussi dans leur course, alors évitez de les mettre dans le talus pour gagner trois secondes. Rien n’en vaut la peine, alors respectez vos compagnons de galère.

10. Appréciez le paysage…

Le bleu du lac de Moiry marque tous les esprits...

Le bleu du lac de Moiry marque tous les esprits…

Le plus bel atout du Grand Raid, profitez-en. Certaines images, comme le bleu du lac de Moiry, vous marqueront pour longtemps. Profitez des moments plus calmes pour bien les imprimer dans votre cerveau 😉